Vendredi 3 septembre 2010

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Lundi 13 septembre 2010

Special JO

Ouvrez l’œil

Ouvrez l’œil

Avez-vous gardé votre verre à la main ?  Michelle Murphy, coordinatrice du programme SafeVibe, se dédie à la protection des citoyens pendant les Jeux olympiques.

L’Express du Pacifique – Quelle est la nature de ce programme ?

Michelle Murphy – L’association Women against violence against women a décidé de lancer une offensive qui vise à faire de la prévention sur le sujet des drogues et alcools facilitant les agressions sexuelles pendant la période des Jeux olympiques. L’espace de quinze jours, Vancouver se transforme en une ville de fête géante où les risques d’abus sexuels vont nécessairement croître avec la présence d’une population beaucoup plus importante. Tout le monde peut être touché par la drogue du violeur à tout instant, étant donné la circulation accrue d’alcool et de stupéfiants pendant cette période.

LEP – Comment définissez-vous vos actions ?

M. M. – Nous avons à disposition une douzaine de bénévoles qui sillonnent les rues de Vancouver pour distribuer des tracts, informer les gens dans la rue, demander aux propriétaires de bars, de boîtes de nuit et de pubs d’accroître leur vigilance. Nous placardons également des affiches de prévention dans les lieux à risque.

LEP – La Ville a tout de même prévu un système de sécurité extrêmement développé. Quelles sont alors vos craintes ?

M. M. – La mairie a en effet prévu de s’occuper de la sécurité civile. Toutefois, rien n’a été pensé dans le sens de SafeVibe. Les policiers ne sont pas dans les bars et les soirées pour s’assurer qu’une jeune femme ne consommera pas une boisson à laquelle a été ajoutée du GHB (drogue du violeur). Et l’on sait par expérience que les grands rassemblements font accroître ces risques, de l’ordre de 10 à 36 % si l’on se base sur les événements qui se sont produits lors des JO de Salt Lake City. Imaginez si le Canada remporte la médaille d’or au hockey… Les rues seront envahies par un flot de supporters et l’alcool coulera à flot. Faire la fête oui, mais en toute sécurité.

LEP – Vancouver est-elle d’une manière générale plus concernée par ce problème que les autres villes au Canada ?


M. M.
– La situation est comparable dans toutes les villes du Canada, mais nous n’avons que peu de statistiques sur ce sujet. En effet, on estime que seulement 8 % des agressions sexuelles commises ici sont déclarées à la police. De notre côté, les jeunes femmes que nous accompagnons à l’hôpital après un abus sexuel sont pour plus d’un tiers des victimes de la drogue du violeur. Cela donne une idée de l’importance de ce fléau.

Propos recueillis par Sophie de Kepper

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