Des « pirates » activistes ont hissé un grand drapeau noir lors d’une courte manifestation sur Canada Place pour dénoncer « l’exploitation des travailleurs embauchés sur des bateaux de croisière. »
Craig « Blackbeard » Greenfield grimpe sur un cageot, vêtu d’une large bandeau brun et d’un pantalon à rayures. « Le personnel de ces bateaux de luxe sont sous-payés et dévalorisés », s’écrie-t-il dans un mégaphone. Peu avant d’entonner en compagnie des 40 pirates présents The Times They Are a-Changin, une chanson de Bob Dylan, le porte-parole a bandé les yeux de plusieurs participants, les invitant à marcher à l’aveuglette sur une courte planche de bois. Les Pirates of Justice ont voulu, à travers cette initiative, sensibiliser le public.
Canada Place a été choisi en raison de ces nombreux bateaux de croisière amarrés là. L’événement, déjà organisé l’année dernière, vise, cette fois-ci, les trois paquebots, lieux de résidence de 5000 policiers pendant les Jeux, amarrés au Ballantyne Pier et exploités par Carnival Cruise Line. La société est accusée par les militants de « poursuivre l’exploitation » des travailleurs à bord.
Jessica, récemment employée sur l’un des trois bateaux, le MS Statendam, rapporte dans un communiqué le « traitement injuste des travailleurs indonésiens et philippins à bord ». Toujours d’après la jeune-fille «le personnel de la salle à manger n’est payé que 50 $ par mois ». Celle-ci affirme que le personnel travaille « plus de 12 heures par jour, sept jours par semaine, mais qu’ils ne se plaignent pas de peur de perdre leur emploi ». Un policier d’Halifax logé sur le MS Oosterdam depuis plus de 15 jours « n’a rien remarqué de spécial », ni entendu parler de mauvais traitements à l’intérieur du bateau. Il a seulement constaté que les travailleurs étaient pour la plupart « des Philippins et des Malaysiens ».
The International Transport Worker’s Federation (ITF), syndicat des travailleurs du transport, souligne, dans un rapport, l’insécurité, les contrats à court terme, les travailleurs clandestins, les bas salaires, la mauvaise gestion et la discrimination raciale et sexuelle qui règnent sur les bateaux de croisière.
Allégations démenties par la porte-parole de Carnival Cruise Line, Jennifer de la Cruz, dans le Globe and Mail. « Nous avons plus de 100 nationalités différentes parmi nos membres d’équipage. Ils ont choisi de se tourner vers ces emplois notamment en raison des salaires supérieurs à ceux pratiqués dans leurs pays d’origine ». « Elle n’a pas démenti l’accusation sur les salaires de 50 $ par mois », répond de son coté le porte-parole de Pirates of Justice.
Charlotte Houang


