Les magasins vendant de l’alcool sont contraints de fermer leurs portes plus tôt pour réduire les cas d’ivresse publique. L’équipe féminine de hockey consomme bière et champagne sur la glace et un journaliste de Time magazine décerne la médaille d’or de l’alcoolisme à la ville olympique.
Des centaines de fans de hockey ont rejoint les bars de la ville tôt ce matin pour assister à la finale à 12 h 15. « Si l’équipe canadienne perd le match ce soir, ce sera le chaos dans les rues et, si elle gagne, ce sera exactement la même chose », raconte Shaun, un employé à la circulation du COVAN.
Les établissements du centre-ville autorisés à vendre de l’alcool ont dû fermer leurs portes à 19 h depuis le week-end dernier. Une nouvelle mesure exceptionnelle a été prise aujourd’hui en prévision du chahut suite à la finale de hockey. Les services de police de la ville leur a, cette fois-ci, demandé de fermer leurs portes à 14 h.
Ces mesures font suite à plusieurs incidents. Malgré la fermeture précoce des revendeurs d’alcool, la police a déclaré dans un communiqué avoir demandé à 1 800 personnes de se débarrasser de leur breuvage et a distribué 200 contraventions pour état d’ivresse sur la voie publique.
L’équipe féminine de hockey s’est, elle aussi, fait taper sur les doigts après avoir célébré sa victoire contre les Américaines sur la glace jeudi dernier. Des photos des joueuses consommant bière, champagne et cigares ont circulé et rapidement créé la polémique. Dans une interview à American Press, le directeur exécutif des Jeux, Gilbert Felli, a déclaré qu’il ne pensait pas que ce soit « une bonne promotion des valeurs du sport. Si elles veulent célébrer leur victoire dans les vestiaires, c’est une chose, mais pas en public… ». Les images de la joueuse de 18 ans, Marie-Philip Poulin, buvant sans avoir l’âge requis ont été particulièrement mal perçues.
« Les Jeux les plus alcoolisés de l’histoire »
Sean Gregory, journaliste à Time magazine, raconte de son coté dans un article intitulé Les jeux de Vancouver : la médaille d’or de l’alcool comment un jeune-homme visiblement éméché l’a interpellé dans les transports en commun. « Hey, comment rejoins-tu le pu… de centre-ville », s’est-il exclamé en posant sa main sur l’épaule de ce dernier. « À Vancouver, l’air est propre, les transports sont terriblement efficaces (…) Whistler est splendide mais disons les choses telles qu’elles sont : si l’ivresse publique était un sport, Vancouver et Whistler seraient sur la première marche du podium ».
Sean Gregory rapporte les pics d’affluence dans les hôpitaux locaux liés à l’abus d’alcool. « La plupart des patients ivres sont des hommes âgés de 15 à 24 ans. À Whistler, les fêtards ont transformé ce qui devait être un village accueillant en rangées de maisons converties en clubs qui mériteraient d’être insonorisés ». Le reporter, qui couvre ses 4e Jeux, avoue se balader dans les rues en pensant tout haut qu’il s’agit des « Jeux les plus alcoolisés de l’histoire »
Interrogeant ses collègues de la presse américaine, il met tout le monde d’accord. Un journaliste du St. Louis Post-Dispatch en est à ses 8e Jeux et lui raconte avoir vu « 8 à 10 garçons uriner contre une barrière à un demi-bloc d’une rue principale ».
Bonnie D. Ford, couvre les jeux pour ESPN, un réseau américain de télévision par câble, et loge dans un hôtel « suffisamment proche de Granville Street pour entendre « Can-a-da, Can-a-da » jusqu’à trois heures du matin ».
« La confirmation ultime de mes soupçons, continue Sean Gregory, vient de l’excellent reporter du Boston Globe, John Powers, qui a couvert 17 Jeux olympiques, depuis Montréal en 1976. Il a seulement manqué les Jeux de Moscou de 1980, que les USA ont boycotté. Je lui ai demandé si Vancouver avait établi un record olympique en matière de réjouissances : « Et de loin », m’a-t-il répondu. Il y a juste quelques milliers de personnes chaque soir, qui n’ont rien à faire, n’ont pas de billets pour assister aux compétitions et se rassemblent au centre-ville. C’est leur chance de vivre leur rêve ».
Le journaliste, qui a interrogé plusieurs jeunes Canadiens dans les rues dont l’un « a failli lui crever l’œil avec le bâton d’un drapeau canadien », rapporte une discussion avec l’un d’entre eux. « Les policiers ont vidé ma bière alors que je n’étais même pas saoul ». « Vancouver semble compter plus de crétins au mètre carré que the Jersey Shore house (émission de téléréalité diffusée sur MTV, ndlr)», conclut le journaliste de Time magazine.
Charlotte Houang
Crédit : Remi Scalza



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