Vancouver s’est équipée d’un outil informatique afin d’anticiper la régulation de la circulation et des piétons.
Le week-end dernier, 150 000 personnes ont été recensées, chaque soir, dans les rues de Vancouver autour des principaux sites d’animation : BC Place, GM Place, VilleVivante ou encore les rues Robson et Granville. Aujourd’hui, Jim Chu, chef de la police de Vancouver, s’attend à un nouveau record, jusqu’à 200 000 personnes, notamment à cause du match de hockey opposant le Canada aux États-Unis pour la médaille d’or et la cérémonie de clôture.
Un logiciel informatique, Customized pedestrian-management software, a évalué sur une base quotidienne, il y a plusieurs mois de cela, les zones qui seraient envahies par la foule pendant les Jeux olympiques. Un système de couleurs a ainsi permis à la Ville de prévoir la fermeture de certaines rues et de tracer un circuit précis de la circulation piétonne à l’aide de barrières, de balises et de barricades. Sur un plan aérien, les rues en vert annoncent un trafic de piétons relativement fluide, « comme un samedi ensoleillé sur Robson street ou sur le Seawall », précise une carte publiée dans le Globe and Mail. Le jaune prédit que les trottoirs grouilleront de monde, laissant toutefois la possibilité aux badauds d’avoir les bras ballants. Quant au rouge, il signifie que la foule est compacte, épaule contre épaule. Et c’est la couleur qui a été désignée par le logiciel pour aujourd’hui. D’où la question : doit-on fermer les rues à la circulation routière pour laisser la foule se déplacer sur la chaussée ?
Au cœur du programme Vancouver transportation and emergency management system, lancé spécialement pour les Jeux olympiques, cette aide informatique est un garde-fou pour la Ville qui veut éviter à tout prix les débordements, et permettre aux forces de police et aux services d’urgences de se frayer rapidement un chemin dans la foule pour intervenir au plus vite. Le souvenir des émeutes de juin 1994 après un match de la coupe Stanley entre les Canucks, battus, et les Rangers de New York, est encore vivace. Il est toutefois amusant de se rappeler que la science du contrôle de la foule est née du psychologue français Gustave Le Bon. Dans son étude datant de 1895, il avait noté la forte tendance à répondre émotionnellement plutôt qu’intellectuellement à une succession d’événements rapides… L’évolution de l’homme n’a visiblement pas encore permis d’inverser la tendance.
Sophie de Kepper
Crédit : Junn





