Les « legal observers » ont sillonné les rues de Vancouver ces deux dernières semaines. Leur but : surveiller d’éventuels débordements des forces de l’ordre.
Un dispositif jamais égalé au Canada : 16 000 personnes en charge de la surveillance. Un milliard de dollars de budget. Pour les Jeux, le COVAN a mis le paquet question sécurité. Cela n’avait pas manqué d’inquiéter les associations de défense des droits de l’homme comme l’Association des libertés civiles de Colombie-Britannique (BCCLA) et Pivot Legal Society. Les deux organismes ont alors eu l’idée d’importer des États-Unis la pratique du « Cop-Watch » (surveillance de la police) pour surveiller les bavures potentielles. Plusieurs semaines avant les compétitions, ils ont mis en place des sessions destinées à former les futurs justiciers bénévoles. On y apprenait notamment l’obligation de rester impartial en rapportant la violation des droits d’un manifestant par un agent des forces de l’ordre. C’est ainsi que, deux semaines durant, 250 observateurs au tee-shirt orange ont été à l’affut de tous types de violences policières. Les bénévoles auraient pu ainsi se porter témoins devant une cour de justice si une plainte avait été déposée, leur simple présence pouvant également dissuader la police d’abuser de leur pouvoir. Cinq membres de la Gendarmerie royale du Canada avaient également été invités à prendre part à la formation. Le président de BCCLA, David Eby, entendait faire preuve d’une transparence irréprochable quant au rôle des hommes orange.
Les « legal observers » ont été particulièrement attentifs aux manifestations qui se disaient opposées à la tenue des Jeux car, selon les associations, le COVAN se méfiait énormément des anti-olympiques. Malgré ses inquiétudes, David Eby est finalement satisfait. Aucune violation grave n’a été recensée.
L’expérience ayant été positive, les organisateurs songent à la renouveler à Vancouver et notamment lors du célèbre rassemblement « 420 » en faveur de la marijuana en avril prochain. L’éventualité d’engager plus de bénévoles pour faire la médiation entre les habitants du DTES et les forces de l’ordre n’est pas non plus exclue.
Fanny Abes
Crédit : kk+


