Mais je souris grâce à l’équipe féminine canadienne de hockey.
L’ancien patron de la chambre de commerce de Vancouver s’est plu à décrire, dans un éditorial, l’ambiance de fête inouïe qui régnait dans la salle en 2003 quand ils ont appris, avec Gordon Campbell et d’autres, que Vancouver décrochait les JO. Il ose écrire qu’ils ont fêté la nouvelle au champagne… et au jus d’orange.
Comme le constatait un membre du Comité olympique à propos de l’installation de salles fumeurs à la demande des délégations européennes, c’est une culture différente. Je confirme. Nous n’avons pas les mêmes valeurs.
J’ai découvert, suite à la finale de hockey féminin, que pour obtenir des médailles, le critère sportif ne suffisait pas. Il faut aussi être dans la ligne du parti, c’est-à-dire politiquement correct. Notre équipe méritante a fêté l’or avec champagne, bière et cigares. Quel scandale. Rendez-vous compte, elles ont osé boire de l’alcool et fumer. Pire, en public. N’en déplaise aux hypocrites du Comité olympique, qui n’auraient rien eu à redire si les bacchanales avaient eu lieu dans les vestiaires. Marie-Philip Poulin, qui a marqué les deux buts, n’a pas 19 ans. Là, on touche le fond. Quant aux images les montrant en train d’essayer de conduire la machine à surfacer la glace, je pense qu’elles doivent déjà être censurées sur Internet. Il est vrai, quelle horreur, que l’une d’entre elles a versé du champagne dans la bouche d’une coéquipière. Cette véritable séance d’orgie, réprouvée par une morale à la mode, risque, mais oui, de leur faire rendre leur médaille.
Vancouver, après avoir supprimé à peu près tous les événements où l’on s’amuse comme l’IndyCar ou les courses de « bathtub », tient absolument à donner, appuyée par le Canada, une image d’une tristesse effroyable. À l’heure où les États-Unis pensent à qualifier les accros du sexe de malades mentaux, sans aucun critère bien sûr, la ville se doit bien de montrer l’exemple et de ne divulguer au monde aucune image qui laisserait à penser que nous ne sommes pas sainement corrects. À voir les mines funèbres dans les files d’attente des autobus, le soir, depuis 15 jours, c’est pas mal réussi.
Vous vous faites virer de Robson Square si vous allumez une cigarette dehors et les magasins qui vendent de l’alcool sont fermés après 19 h. Il est interdit de s’amuser. Vous n’y pensez pas, il y en a bien un ou deux qui arriveraient à se saouler et ça gâcherait les Jeux.
Heureusement, nos héroïnes nationales au comportement orgiaque ont cassé net l’image surfaite, lustrée, verte, non fumeur, sobre et triste à mourir véhiculée par Vancouver et m’ont rappelé que certains savaient quand même vivre au Canada.
Merci les filles.
Thierry Barbier


