En 1986, Vancouver accueillait l’Exposition universelle. Aujourd’hui, ce sont les Jeux qui médiatisent la ville aux yeux du monde. Organiser des évènements internationaux ou comment développer le tourisme de la province et du Canada.
Sur le thème des transports et de la communication, Expo86 entrait dans la catégorie des expositions spécialisées pour fêter le centenaire de la ville et l’arrivée du premier train sur la côte Ouest. L’impact touristique fut important pour la Colombie-Britannique, surtout au niveau national. L’héritage de cette exposition, c’est d’abord les infrastructures, essentielles lorsque l’on prétend au statut de ville touristique : Science World, le Skytrain, BC Place ou encore Canada Place.
« L’Expo a permis de développer le tourisme d’affaires. Grâce au Convention Centre de Coal Harbour, on accueille maintenant des réunions internationales aussi bien que des congrès » explique Elyse Mailhot de la Commission canadienne du tourisme (CTC). Canada Place, avec ses baies vitrées, accueillait déjà le Centre des médias en 1986. Le site offre une vue sur la mer et les montagnes, des illustrations parfaites pour les télévisions et pour l’image de la province.
En effet, attirer les évènements internationaux ne suffit pas en soi et leur couverture médiatique est belle et bien l’une des clés du développement d’une ville. L’héritage de 86, c’est aussi le bouche à oreille des 22 millions de visiteurs qui se sont succédés en six mois. Si les expositions universelles ne sont pas aussi médiatisées que les Jeux olympiques, Expo86 a permis à Vancouver de sortir un peu de l’anonymat. « Il y avait une ignorance cruelle concernant la ville, c’était la première fois que la province organisait un tel événement. Après l’exposition, Vancouver a pris confiance en elle et s’est positionnée sur le plan touristique », continue Elyse.
En 2010, la province entend passer à la vitesse supérieure : les retombées promettent d’être plus importantes. Le Canada promeut depuis plusieurs années en Europe des circuits touristiques qui combinent un tour dans les Rocheuses et la visite de Vancouver. Les Jeux lèguent de nouvelles infrastructures, comme la Canada Line ou une autoroute, qui vont permettre d’attirer plus de touristes. La répartition des sites olympiques permet également de médiatiser une ville plus petite, Whistler. Vancouver 2010 va permettre de rafraîchir la mémoire des plus vieux et d’apprendre aux moins de 30 ans à placer la ville sur une carte. Mais pas seulement. En 86, l’expo faisait la part belle aux autres provinces avec neuf pavillons, c’est encore le cas aujourd’hui pour les JO. Le reste du pays en profite pour exposer ses spécificités, mettre en avant ses atouts et inviter les touristes à aller les découvrir par eux-mêmes. La Colombie-Britannique a cette fois développé de véritables partenariats avec ses consœurs. D’ailleurs tout a été prévu par la CTC pour faire connaître les autres régions du Canada lors du relais de la flamme. « On a proposé à des athlètes étrangers de devenir porteurs pour que les médias de leur pays d’origine reprennent les images du reste du Canada. » Le patineur artistique français Phillipe Candeloro a ainsi été invité une semaine au pays avec sa famille pour participer au relais. « Cela nous a aussi permis de diffuser des images du Canada en été. »
Fanny Abes


