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Vendredi 10 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Art et Science: La réconciliation

« L’environnement artistique est capital dans un service de soins palliatifs »

« L’environnement artistique est capital dans un service de soins palliatifs »

Le service palliatif de l’hôpital VGH accueille une quarantaine de patients, souvent en fin de vie. Depuis deux ans, un programme articulé autour de la musique et de la peinture a été mis en place pour soulager les malades.

Les couloirs étroits du service palliatif n’inspirent ni la pitié, ni la peine. Les patients circulent lorsqu’ils le peuvent de leur chambre à la rotonde et vice-versa. Là, une vue panoramique imprenable sur les montagnes et le port de Vancouver les attend. Nicole Wikjord, infirmière clinique, pousse un chariot transportant de nombreuses toiles, une trentaine peut-être. « D’habitude, ce sont des volontaires qui  distribuent ces œuvres dans les chambres deux fois par semaine, précise l’infirmière. Nos patients sont en fin de vie, pour la plupart. Ils choisissent chacun une toile qui sera ensuite nettoyée pour un usage futur. »

En règle générale, les séjours ne dépassent pas une douzaine de jours, car les patients rentrent près des leurs pour finir leur vie. Les infirmières et les aides-soignantes engagent plus facilement la conversation avec les malades grâce aux peintures accrochées au mur.

Un jardin exotique

« L’environnement artistique est capital dans un service de soins palliatifs, explique Nicole. Souvent, les patients commencent à parler de leur enfance. Ils choisissent de préférence de l’art abstrait ou des natures mortes, quelquefois de la photographie. »

À l’autre bout de l’aile se trouve un petit coin de paradis : un jardin exotique, une oasis apaisante dans laquelle trône une fontaine, au milieu des plantes. « La connexion de l’esprit et du corps est notre leitmotiv. Nous savons selon des études récentes que le mental peut aider le corps, si ce n’est à le guérir tout au moins à supporter la douleur. »

Souvent, les patients n’ont pas assez d’énergie pour se déplacer jusqu’au jardin, mais ceux qui le peuvent apprécient ces moments de détente. Ce programme existe depuis deux ans et les réactions des familles semblent très positives. « L’Art permet de changer les humeurs, l’atmosphère même de la chambre évolue. »

Outre la peinture et l’accès à des lieux où la nature est présente, le programme prévoit l’intervention d’une spécialiste de la musique qui vient deux fois par semaine. Cette dernière se rend dans les chambres et propose des instruments de musique (tambourins, flûtes…). Par ailleurs, le personnel prête, sur demande, des CD de tous styles, surtout de la musique classique. Sur le plan médical, les bénéfices de ce programme sont déjà perceptibles.

Effets bénéfiques

« Les patients ont moins de tension, ils sont plus calmes, plus rassurés, ils restent moins longtemps à l’hôpital, témoigne Nicole Wikjord. Tous ceux qui travaillent dans ce type de service vous diront que lorsque les patients sont en paix, car ils ne s’interrogent plus sur le sens de leur vie, ils partent plus facilement, avec moins de souffrance. » En revanche, les effets se révèlent très différents d’une personne à l’autre. Tout dépend du niveau de perception de tel ou tel art.

« Une famille nous avait demandé de mettre de la musique pour un patient qui était dans le coma, raconte l’infirmière, car ce dernier était mélomane. Une autre fois, environ six personnes avaient pris place dans la petite chambre d’un des membres de la famille qui était hospitalisé pour interpréter une chorale inoubliable… La perception de l’art est une affaire personnelle, individuelle, les effets sont donc variables. »  ■


Nora Azouz

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