Qu’il est agréable d’être réveillé tôt le matin par nos petits siffleurs à plumes qui sont de retour dans notre province pour y séjourner jusqu’à l’automne.
Des 462 espèces qui vivent au Canada, la plupart se retrouve en Colombie-Britannique (362) et en Ontario (318). La majorité de ces oiseaux migre dans notre province pour se reproduire sous un climat plus doux, dans des aires de reproduction convenables et là où ils trouvent de la nourriture à volonté. Bon nombre parcourt de longues distances pour se rendre d’un pays à l’autre. Les Bernaches du Canada et les oies blanches en sont un bon exemple ! Mais qui sont ces visiteurs ailés qui vont nous enchanter par leurs couleurs et leurs chants variés durant tout l’été, voire même jusqu’à l’automne, pour finalement nous quitter durant l’hiver ?
Les plus connus
• Le merle d’Amérique est l’oiseau qui nous est le plus familier en Amérique du Nord. Il porte aussi le nom de rouge-gorge américain, mais est beaucoup plus gros que son homologue européen. Il possède une grande variété de chants et de cris. C’est d’ailleurs ce joyeux « tchirili, tchirop, tchirop, tchirili, tchirop » qui nous réveille tôt le matin et nous dit bonsoir à la tombée de la nuit. Il est aussi un expert dans l’imitation des autres cris d’oiseaux. J’aime les observer quand ils sautillent sur le gazon avec ce plein d’énergie et de vivacité en émettant leur petit « ti-lût, ti-lulût ». Méfiez-vous, c’est aussi un grand farceur !
• Le merlebleu azuré, appelé comme tel dans l’ouest canadien, appartient à la famille des grives, tout comme le merle d’Amérique. Le mâle a un plumage bleu azur vif, mises à part les ailes et la queue qui sont plus foncées. Il est apprécié pour son chant mélodieux le matin à l’aurore.
• La mésange Gambel, qui vit en Colombie-Britannique et en Alberta, est différente de la mésange à tête noire, par sa rayure blanche au-dessus de l’œil. Elle nous charme de ces 15 cris différents dont le plus réputé est le « tchic-a-di di-din » ou « di-di-di tchic ». La mésange a un caractère plutôt sédentaire, mais si le climat où elle réside devient plus rude, elle peut parcourir de grandes distances vers le sud à l’automne pour revenir au printemps. On peut aussi observer la mésange à dos marron dans le sud de notre province et dans la forêt côtière.
• Le chardonneret jaune mineur, aussi appelé canari sauvage, est plus petit en Colombie-Britannique que son voisin de l’est. Son chant, pur et mélodieux, résonne à plusieurs heures de la journée. C’est un oiseau méfiant, très prudent et difficile à observer si vous n’avez pas de mangeoire pour l’attirer. Après la mue du printemps, le mâle est reconnaissable à son plumage jaune vif, à l’exception des plumes noires des ailes et de la queue, et à son dos olivâtre durant l’hiver. Son vol onduleux est entrecoupé de « tsii-tsi-tsi-tsit pèr-tchi-co-ri, pèr-tchi-co-ri ». Quand l’hiver approche, il se déplace vers le sud, sur de courtes distances.
• L’hirondelle noire est une véritable acrobate du ciel qui change de direction en un éclair pour chasser des insectes. On peut l’observer aux environs de la rivière de la Paix (à la frontière entre l’Alberta et la Colombie-Britannique), dans le sud de l’île de Vancouver et à l’extrémité du sud-ouest de la province. Elle a une solide réputation de porte-bonheur si elle installe son nid dans un coin de votre fenêtre ou sous une gouttière. Nous pourrons l’observer dès la fin avril dans notre région ainsi qu’écouter ses cris graves et réguliers « piou-chiou-tchiou ».
• Le carouge à épaulettes, comme le merle, est un des premiers oiseaux annonciateurs du printemps. Il est agressif lorsqu’il s’agit de défendre son territoire et n’hésite pas à attaquer d’autres oiseaux, voire des animaux plus grands que lui, pour protéger ses nids. Le mâle est tout noir, y compris le bec et les pattes, avec des épaulettes d’un rouge vif souligné de jaune pâle. Son chant est un « konk-la-rîîî » fluide.
• Le geai de Steller est une des deux espèces de geais bleus. Cet oiseau arrive chez nous un peu avant le printemps et il se fait entendre ! Si ce n’était pour sa superbe couleur bleu intense et sa belle huppe noire, il ne serait guère populaire par ses cris rauques et répétés « shaaak, shaaak, shaaak ». C’est une vraie sentinelle qui avertit par ses cris les oiseaux et mammifères d’un danger imminent.
• Le colibri roux et celui à gorge noire, surnommés oiseaux-mouches, mesurent de 2 à 22 cm. Ces deux espèces nous rendent visite dès le printemps. Reconnu comme le plus petit oiseau au monde, le colibri a des qualités surprenantes. Il peut effectuer des distances de 800 km au cours de sa migration. Il fait face aux intrus pour défendre sa nourriture. Il agite ses ailes au rythme de 75 battements à la seconde et c’est ce léger bourdonnement que nous entendons avant d’apercevoir ces magnifiques oiseaux colorés. Son chant est malheureusement inaudible, pour nous humains, en raison de sa fréquence trop élevée pour notre appareil auditif.
• Le pygargue à tête blanche est le plus gros oiseau de proie au Canada. C’est sur le long de la côte de l’océan Pacifique et en Colombie-Britannique qu’il se reproduit. Les femelles sont plus grosses que les mâles avec un corps de 90 cm environ et une envergure en vol de plus de 2 mètres. Ce n’est pas un prédateur, mais un charognard. Je vais observer chaque année cet aigle majestueux à Crescent Beach où l’on peut les rencontrer en grand nombre.
Il y a bien d’autres oiseaux migrateurs dans notre région en cette période qui va du printemps à l’automne. Si vous désirez les observer, vous pouvez vous rendre dans les parcs avec cet excellent livre Le guide des oiseaux de l’Amérique du Nord ou bien même visiter des réserves. ■
À faire :
— Le festival Brant Wildlife sur
l’île de Vancouver
► www.brantfestival.bc.ca
— La promenade Serpentine Fen Nature à Surrey
► www.findfamilyfun.com/
serpentine.htm
— La réserve George Reifel à
l’estuaire du fleuve Fraser
► www.reifelbirdsanctuary.com
Jeannine Degand


