Parution du journal suspendue

Vendredi 10 février 2012

Prochaine publication papier

Vendredi 21 décembre 2012

Les eurêka de 2008

Les eurêka de 2008

La nouvelle année est l’occasion de faire le bilan dans divers domaines. Celui de la recherche scientifique n’y échappe pas. Quelles ont donc été les principales avancées de 2008 ?

La réponse à cette question n’est pas simple, car chaque jour des milliers d’articles sont publiés dans diverses revues scientifiques. En général celles-ci sont spécialisées ; la revue The Physics of Fluids par exemple ne publie que des articles relatifs à la physique des fluides. Mais il y a des exceptions intéressantes : la revue anglaise Nature et la revue américaine Science, dont on remarquera les titres génériques, publient des résultats couvrant tout le spectre de la connaissance scientifique. Ces deux revues ont un très grand prestige auprès des chercheurs qui y soumettent pour publication leurs meilleurs résultats – sauf les mathématiciens dont les articles ne sont lisibles que par les mathématiciens eux-mêmes, tant cette discipline est ardue. Dès lors, la traditionnelle sélection de fin d’année de la revue Science est une excellente indication des grandes avancées en cours.

Des cellules à l’infini

La découverte numéro 1 de l’année 2008 a été la reprogrammation cellulaire. C’est une nouvelle méthode de génie génétique qui permet d’obtenir des lignées de cellules souches à partir de cellules adultes, provenant de donneurs sains ou malades. Deux équipes ont prélevé des cellules de patients souffrant de diverses maladies comme le diabète ou la maladie de Parkinson et les ont reprogrammées en cellules souches. Ces cellules ont alors la propriété de se reproduire indéfiniment.

À l’aide de techniques de cultures spécifiques, les chercheurs sont parvenus à ce qu’elles se transforment en divers types cellulaires, dont ceux qui sont le plus affectés dans les maladies des patients à l’origine de ces cellules. Ces lignées de cellules malades constituent un outil privilégié pour comprendre comment certaines maladies naissent et se développent. Elles pourraient également constituer un traitement à part entière.

C’est ainsi que des résultats ont été obtenus par une équipe américaine l’été passé. Des biologistes ont réussi à transformer, in vivo chez des souris diabétiques, des cellules de pancréas dites exocrines en cellules bêta productrices d’insuline. Le rendement de la transformation est insuffisant à l’heure actuelle. Cependant ce type de résultat ouvre des perspectives prometteuses de guérison pour les maladies dégénératives.

Des planètes habitables ?

L’observation d’exoplanètes est le second résultat important de l’année passée. À l’heure actuelle, les astronomes en ont vu, au travers d’instruments, une demi-douzaine en orbite autour d’étoiles. Ces images donnent aux astronomes des clés pour découvrir de quoi sont faites ces planètes hors du système solaire et comment elles ont été formées.

Depuis la première détection d’une exoplanète en 1995, à l’Observatoire de Haute Provence en France, les astronomes utilisaient des méthodes indirectes pour annoncer l’existence des exoplanètes. Par exemple, on les détectait en observant la perturbation périodique de la vitesse d’une étoile causée par l’une d’entre elles. Une autre technique était fondée sur l’observation des éclipses d’étoiles, qui se manifestent par l’affaiblissement du flux de lumière issu d’une étoile lors du passage d’une planète entre cet astre lumineux et l’observateur.

Le pas récemment franchi par les astronomes repose sur la solution d’un défi facile à exprimer, mais difficilement réalisable techniquement : séparer la lumière reçue d’une planète de la lumière venant de l’étoile voisine, alors que la seconde est des millions de fois plus brillante que la première et que la turbulence de l’atmosphère terrestre brouille les images de nos télescopes. Deux types d’instruments sont désormais utilisés : un coronographe qui bloque la lumière venant de l’étoile et un dispositif d’optique adaptative qui permet de séparer l’image de l’étoile de celle de l’exoplanète. L’enjeu à terme est la découverte de planètes semblables à la Terre et potentiellement habitables, sinon habitées.

Supraconducteurs : la famille s’agrandit

Les physiciens ont quant à eux découvert une seconde famille de supraconducteurs à haute température. Les supraconducteurs sont des matériaux qui conduisent l’électricité sans résistance, à des températures très élevées par rapport au zéro absolu, qui correspond à une température de -273,15 ºC. Leur existence alourdit le mystère autour de la physique de la matière condensée, car il n’est pas compris jusqu’à maintenant. Cette nouvelle famille découverte en 2008 est un composé du fer, alors que la première, découverte en 1986, est un composé du cuivre. ■


Daniel Hubert

Commentaire

*champs requis

L'Express se réserve le droit de publier ou non les commentaires

Photo une

LES PLUS LUS

    None Found

Rechercher

Tous droits réservés © L'Express du Pacifique - 227A-1555, 7th Avenue West, Vancouver BC V6J 1S1 - Tel: (604) 736-3734 - administration@lexpress.org - Réalisation: Graphem