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Vendredi 21 décembre 2012

Les curiosités du coin selon Atlas Obscura

Les curiosités du coin selon Atlas Obscura

Livres reliés en peau humaine, villes miniatures, églises en os, musée de la moutarde ou maisons construites entièrement en papier… Le monde comporte ses mystères et lieux insolites, minutieusement répertoriés par le site Internet Atlas Obscura. Et ce qui nous est familier, ici dans la province, peut paraître étrange au reste du monde…

Entièrement dédié aux lieux « singuliers, bizarres, excentriques et fantastiques » de la planète, le site Internet Atlas Obscura répertorie, classe, photographie et nous en apprend un peu plus sur ces endroits improbables et insoupçonnés disséminés aux quatre coins du monde. Cette encyclopédie des bizarreries entend aussi, « à une époque où tout semble avoir été exploré, célébrer une façon différente de voyager et d’explorer le monde ». La Colombie-Britannique n’a pas échappé à l’œil des contributeurs de l’atlas.

Télescope géant. Caché dans l’observatoire de UBC à Maple Ridge, le Grand Télescope Zénith est le troisième plus grand modèle optique d’Amérique du Nord et le plus grand télescope à miroir liquide du monde. Achevé en 2003, il possède un miroir de six mètres de diamètre qui pèse la bagatelle de trois tonnes. Posté sur une colline à 400 mètres d’altitude, l’instrument optique nouvelle génération est suffisamment éloigné des lumières de Vancouver pour permettre l’observation en toute tranquillité des galaxies lointaines.

Tremble Island ou l’île qui tremble. Située sur la côte au nord de Vancouver, au centre des rapides Nakwakto, les plus véloces au monde, Tremble Island – aussi appelée Turret Rock – tient son surnom d’une légende populaire. La petite île coincée au milieu des rapides tremblerait sous la pression de courants atteignant la vitesse de 29 km/h (plus de 15 nœuds). Atlas Obscura rapporte l’histoire romancée d’un homme resté sur la petite parcelle de terre lors d’une forte tempête. « L’île vibrait si fort qu’il était face contre terre, accroché aux racines de petits buissons, les oreilles farcies d’herbes » en guise de bouchons d’oreille. Cette appellation ferait plus vraisemblablement référence au frissonnement des plongeurs qui s’y risquent. Quant aux arbres de l’îlot, ils sont couverts de pancartes directionnelles laissées par l’équipage des navires passés par là. D’après l’atlas en ligne, certains d’entre eux dateraient de plus de 100 ans.

Curiosités-japadogLe Japadog. Spécialité hautement vancouvéroise, relayée dans l’atlas par un professeur de littérature du Brooklyn College, le Japadog est, comme son nom l’indique, un hot dog à la sauce japonaise. Le stand situé au coin de Burrard et Pender a pignon sur rue depuis 2005 et annonce, fort de son succès, l’ouverture à la fin du mois de deux restaurants dans le centre de la ville. Un journaliste venu du Colorado raconte avoir attendu 45 minutes pour décrocher sa pitance. Un sandwich nippon qui a, selon ce dernier, « eu raison des riches et des célèbres, des pauvres et, évidemment, des affamés ».

Le musée de la police. La visite intitulée « Ville du vice », organisée dans les rues de Gastown, a déjà été relatée dans les colonnes de L’Express du Pacifique. Ouvert en 1986 par Joe Swan, policier et historien amateur, le musée de la police propose une plongée dans l’univers macabre de la ville du début du 20e siècle. Le bâtiment abritait six ans avant son ouverture une morgue, toujours visible, où l’on pratiquait les autopsies. Situé dans le quartier de Gastown, particulièrement mal famé à l’époque, le musée de la police possède une collection d’environ 20 000 objets, parmi lesquels des armes à feu confisquées et de la fausse monnaie. Il détient aussi un crâne humain peint envoyé à l’époque à la police.

L’horloge à vapeur. Bien connue des locaux, cette horloge serait une rareté à en croire l’auteur de l’article en ligne. « Il y en a moins de 6 en état de marche dans le monde ». Sonore et plantée à l’angle de Cambie et Water Street, celle-ci relâche la pression sous forme de vapeur et entonne quelques notes tous les 15 minutes. Construite en 1977 par l’horloger Raymond Saunders, ce monument urbain n’avait pas pour unique objet de donner l’heure aux passants. « Construite sur une grille d’où provenait de la vapeur, elle permettait aussi de chasser les sans-abri qui s’y seraient couchés pour être au chaud ».

L’immeuble le plus étroit d’Amérique du Nord. D’une largeur de 1,2 mètre de large (au rez-de-chaussée), le Sam Kee Building, construit en 1913 et situé au numéro 8 de la rue Pender Ouest, était autrefois l’unique endroit du quartier chinois de Vancouver où prendre un bain chaud. L’histoire raconte aussi qu’il possède un tunnel jadis utilisé par les habitants pour fuir les perquisitions de la police à la recherche de fumeries d’opium. L’immeuble à la taille de guêpe a compté jusqu’à 13 différentes entreprises dans ses locaux, une seule reste encore aujourd’hui. Considéré par le livre Guinness des Records comme le plus mince des bâtiments commerciaux, son statut est depuis plusieurs années contesté par le Skinny Building situé à Pittsburgh.

La sirène aux palmes. Posée façon loutre sur un rocher, la fille en combinaison de plongée – Girl in Wetsuit –, visible du front de mer (Seawall) à Stanley Park, est aussi connue sous le nom de Sirène de Vancouver. Cette sculpture est en réalité une copie détournée de la Petite Sirène de Copenhague. Dans l’impossibilité d’obtenir une licence pour reproduire la fameuse figurine, les autorités de Vancouver ont opté, en 1972, pour une version résolument moderne, détournant ainsi les droits de reproduction jalousement gardés par les Danois. Affublée d’un masque et d’un tuba, la fille en combinaison de plongée a naturellement troqué sa queue de poisson pour des palmes.

Curiosités_orteilLa liqueur parfumée au doigt de pied du Yukon
Dawson City possède une curiosité qui fait à elle seule oublier toutes les précédentes. Plus précisément, une boisson appelée « The Sourtoe Cocktail ». La fabrication de ce breuvage, dans lequel baigne un doigt de pied humain préalablement déshydraté et préservé dans du sel, a débuté en 1973. Le capitaine Dick Stevenson serait le premier à avoir plongé dans son verre un orteil humain qu’il aurait trouvé par hasard, conservé dans une jarre d’alcool. Ce premier doigt de pied aurait appartenu à un mineur, amputé dans les années 20, et donc servi un demi-siècle plus tard. Sept orteils en tout ont été gracieusement offerts au Sourtoe Cocktail Club qui détient la recette de ce breuvage atypique. Et chacun d’eux a une histoire contée sur le site Internet du bar. Si les règles sur la manière de boire le cocktail ont été strictes pendant longtemps – à déguster uniquement avec du champagne et servi dans un verre à bière – il est désormais toléré d’agrémenter n’importe quelle boisson du doigt de pied. Une règle reste cependant inébranlable : l’obligation de toucher l’orteil avec ses lèvres lors de la dégustation. ■

Charlotte Houang

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