Il court, il court, le furet…
Le furet du bois Mesdames,
Il court, il court le furet,
Le furet du bois joli.
Il est passé par ici,
Il repassera par là…
C’est ce que dit de lui une vieille chanson française. Et c’est bien vrai : le furet est un petit fouineur ou, plus exactement, un fureteur. C’est un éternel joueur et un curieux insatiable. Si vous ne le surveillez pas, il aura vite fait le tour de vos poubelles, bottes, tiroirs et armoires, mais disparaîtra aussi très vite dans un petit trou, par une fenêtre ou une porte restée ouverte.
Sauvage ou domestique ?
Le furet tel qu’on le connaît n’est pas un animal sauvage. Il est domestiqué depuis plus de 2000 ans. D’ailleurs, remis en liberté dans la nature il est incapable de survivre et se dirigera très vite vers des habitations pour trouver une main tendue qui lui offrira refuge et nourriture. Il a été utilisé par le passé comme exterminateur de rongeurs sur les navires au long cours et aussi pour débusquer les lapins en saison de chasse. Il a aussi été utilisé comme animal de laboratoire et pour sa fourrure voilà quelques années passées. Fort heureusement, c’est de l’histoire ancienne maintenant !
Animal unique
De petite taille, le furet est un animal enjoué, farceur, de nature placide, facile d’entretien, curieux, affectueux, silencieux, toujours d’excellente humeur et pas exigeant. Cela en fait un animal populaire et un compagnon recherché par les amateurs de furets. Toutefois, certaines controverses demeurent, notamment aux États-Unis, où il est prohibé comme animal de compagnie dans certains états puisque considéré comme animal sauvage. Heureusement, il est reconnu au Canada comme animal domestique au même titre que les chats et les chiens. Dans l’Ouest américain, on trouve à l’état sauvage le Blackfoot ferret, un furet aux pattes noires, qui est désormais en voie d’extinction.
Sa vie, ses couleurs, son poids
Le furet a une espérance de vie appréciable, qui peut aller de six à neuf ans.
Il peut arborer plusieurs couleurs : pelage brun crème, avec pattes, queue et masque noirs (furet européen) ; pelage blanc, avec yeux rouges (furet albinos) ; pelage gris argenté ; pelage beige doré ; pelage blanc avec queue et yeux noirs; face blanche (furet australien)…
Son poids varie selon le sexe. La femelle pèse de 400 g à 1 kg, le mâle jusqu’à 3 kg.
Son alimentation
Le furet possède de puissantes mâchoires et de longues canines, c’est un carnivore de la famille des mustélidés. Offrez-lui de la nourriture sèche de qualité pour chatons (l’hiver) et chats (l’été) ou celle pour furet. Pour l’eau, le furet boit à la bouteille distributrice comme celle utilisée par les lapins. Le lait est à bannir, car il cause des diarrhées et des allergies. En revanche, il adore le lait de soja qui est bon pour sa santé. Les furets ont rarement tendance à devenir obèses. Ils grossissent à l’automne pour reprendre leur poids initial au printemps.
Comme friandises, offrez-lui des fruits frais ou secs tels que pommes sucrées, fraises, poires, raisins, bleuets mais toujours en très petites quantités. Pas de bananes ou de fruits acides (p. ex., oranges, clémentines ou tomates). La meilleure gâterie : un cube de viande rouge non cuite (3 cubes de bœuf par jour) – cela ne le rendra absolument pas agressif ; du blanc de poulet, du jambon ou du poisson cuit. Il aime aussi le pop-corn sucré (trois grains par jour suffisent). Mais attention : surtout pas de chocolat !
Son habitat
Pour sa sécurité, son confort et son repos, le furet a besoin d’un coin bien à lui : une cage à lapin – ou plus grande –, mais adéquatement équipée. Fixez solidement un bac à litière et un plat pour la nourriture. La bouteille d’eau est attachée à l’extérieur de la cage, l’embout métallique y est dirigé vers l’intérieur et suffisamment haut. Pour dormir, le furet adore se cacher, un vieux chandail en coton ouaté ou, mieux encore, un hamac moelleux fera l’affaire.
Durant ses sorties dans l’appartement, mettez des bacs à litière dans chaque pièce si vous voulez qu’il devienne propre. Faites en sorte que le bol d’eau soit assez lourd pour qu’il ne le renverse pas. Indispensable : veillez à colmater les trous même petits, les bas de réfrigérateurs et l’accès aux divers appareils électroménagers. J’insiste sur interdire l’accès à la laveuse et à la sécheuse, trop de furets sont morts de curiosité en ayant fait le cycle complet de la laveuse ou de la sécheuse. Enfin, ne laissez jamais une baignoire pleine d’eau quand votre furet se promène, il se noiera à coup sûr.
Ils adorent se faufiler dans les moindres recoins inaccessibles, mais cela leur est souvent fatal. Il faut donc aménager votre maison à l’épreuve des furets avant de faire entrer cette petite bête chez vous !
Si l’odeur vous incommode…
Ce qui distingue les furets, c’est leur odeur dont l’origine vient de trois endroits distincts : 1) les sacs anaux (comme pour les moufettes de la même famille) qui dégagent une odeur musquée ; 2) les glandes sébacées cutanées qui lubrifient le poil ; 3) les glandes sexuelles (ovaires et testicules). Pour cette dernière raison, il est essentiel de faire stériliser vos furets : par castration pour le mâle, par hystérectomie pour la femelle. L’ovario-hystérectomie de la femelle revient à lui sauver la vie : si elle n’est pas vouée à la reproduction, elle mourra au cours de ses deuxièmes chaleurs. La stérilisation contribue à éliminer 85 % de cette odeur forte.
Faire enlever les sacs anaux représente une chirurgie douloureuse et coûteuse et n’est nullement nécessaire. Cela diminue l’odeur de 2 %. Les furets uniquement stérilisés sont plus résistants au cancer et, surtout, ils sont plus actifs, sociables et gentils.
Dans L’Express du Pacifique du 2 février : l’entretien général du furet ; les accidents et blessures courants ; le furet et ses amis, et les bonnes adresses. ■
Jeannine Degand


