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Vendredi 10 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Burns Bog : le poumon du Lower Mainland

Burns Bog : le poumon du Lower Mainland

Burns Bog est une véritable usine naturelle de nettoyage et de filtrage pour la région. Je m’y suis promenée et en suis revenue instruite et boueuse.

Notre visite de Burns Bog commence derrière une longue file d’automobiles débordant de chaises cassées et de tables en fin de vie. La route qui mène au marécage, à Delta, à environ vingt-cinq kilomètres au sud-est de Vancouver, rejoint l’entrée de la décharge locale qui empiète sur le marais.

Une fois la voiture garée sur le parking de la décharge et nos bottes en caoutchouc enfilées, nous commençons notre promenade sur un petit chemin de terre invisible de la route. La première chose qui attire notre attention n’est ni la végétation environnante, ni un premier aperçu de l’endroit, mais un vieux panneau. Il est écrit sur celui-ci qu’en 1887, un homme vivant aux abords du marécage fut assassiné et que le meurtre ne fut jamais résolu… Je prie intérieurement pour que cette enseigne lugubre ne plante pas le décor pour la visite entière !

Notre marche se poursuit sur ce petit chemin niché parmi les arbres. Je suis d’abord sceptique, ne voyant autour de moi qu’un terrain et des plantes particulièrement desséchées, donc incongrues dans un environnement supposé marécageux. Cependant, très vite, l’humidité s’accentue et après avoir traversé un ruisseau à l’aide d’une planche instable, nous nous retrouvons à patauger dans la boue. Malgré ma grande prudence, je finis par m’enfoncer dans une mare de boue et n’en extrais ma botte qu’avec grande difficulté…

Après avoir jeté un coup d’œil à la chaussette boueuse que j’essore, mon compagnon m’annonce que je viens de m’infliger un soaker, une spécialité dans cette région pluvieuse ! Le reste de la promenade tiendra donc de l’acrobatie, virevoltant autour des innombrables flaques opaques avec autant d’agilité que possible.

Sur une note acide…

Une fois que j’ai adopté le rythme, je commence à prêter attention à la vie du marécage, un lieu qui regorge de phénomènes intéressants. Celui-ci se caractérise par son acidité, influant sur toute l’écologie de l’endroit. C’est la sphaigne, une mousse marécageuse, qui libère ce tanin acide, colorant l’eau en brun. Malgré son aspect peu alléchant, l’eau du marais est plus propre que la plupart des rivières et étangs aux alentours, car une acidité aussi élevée tue presque toutes les bactéries présentes. Il semble ainsi qu’autrefois, les Vikings emmenaient cette eau bourbeuse durant leurs voyages, car elle se conservait très longtemps.

Les arbres sont eux aussi affectés par la teneur en acide du marais, qui les empêche de grandir plus qu’à hauteur d’homme. C’est d’ailleurs le signe le plus visible des limites du marécage. La différence d’aspect entre les arbres frêles de Burns Bog et les grands arbres s’élevant aux alentours est radicale. Pourtant, de nombreuses autres plantes apprécient l’environnement stagnant : fougères, lauriers, canneberges et bleuets des bois, choux-puants et thés du Labrador, censés être légèrement hallucinogènes. On y trouve aussi des animaux typiques de la Colombie-Britannique, tels que l’ours noir et le chevreuil.

Pèlerinage contre les dangers futurs

Le 26 avril dernier, la Unitarian Church a organisé un pèlerinage traversant le pont Alex Fraser et finissant dans la Delta Nature Reserve, la seule partie du site officiellement ouverte au public, qui ne couvre que 2 % du marais originel. Cette marche rassemblait des personnes qui s’inquiètent de l’avenir du marécage. Selon les organisateurs, certaines portions privées sont sur le point d’être vendues et courent le risque d’être asséchées et cultivées ou utilisées pour les projets de multiplication des routes et autoroutes. Les conséquences en seraient, selon toute vraisemblance, désastreuses. En plus d’offrir un environnement pour un grand nombre de plantes et d’animaux, le marécage absorbe une quantité importante de dioxyde de carbone, qui serait entièrement libérée dans l’atmosphère en cas de dessèchement, et filtre toute l’eau des alentours.

Espérons que les responsables de ces divers projets iront eux aussi faire un tour dans Burns Bog et se laisseront charmer par l’étendue vaseuse et ses soakers traîtres !

Julia Mahaffey

À SAVOIR
Y aller depuis Vancouver :
• prendre Highway 99 South
• prendre Exit 28 puis River Road North
• prendre 60th Avenue à droite
• suivre les panneaux pour la décharge
Informations : www.burnsbog.org


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