Le collectif d’artistes flamands Berlin présente, dans le cadre du festival PuSh, deux objets filmiques sur des villes méconnues et atypiques, Iqaluit et Bonanza.
Bonanza et Iqaluit sont deux villes singulières, isolées, aux antipodes du tumulte des grands centres urbains. La première se situe dans le Colorado et dénombre seulement six habitants permanents. La seconde, capitale du Nunavut, est uniquement accessible par avion et par bateau, deux mois par an.
Le flamand Yves Degryse et ses comparses Bart Baele et Caroline Rochlitz ont capté l’essence de ces deux microcosmes à travers un vagabondage cinématographique inédit mêlant vidéo, sculpture et performance scénique. « Nous avons choisi ces villes comme un metteur en scène jetterait son dévolu sur une pièce de théâtre », explique Yves Degryse.
Après avoir passé deux mois à Iqaluit, les artistes de Berlin ont créé une structure métallique, type igloo, tapissée d’écrans représentant chacun un aspect de la capitale Inuit. « C’est surprenant de se retrouver au pôle Nord et d’y trouver des supermarchés, constate Yves Degryse. Les habitants restent très attachés aux traditions même s’ils ont accepté la modernité qu’ils ne peuvent désormais plus renier. »
Pour percer le mystère de Bonanza, la plus petite ville du Colorado, les membres de Berlin ont fréquenté assidûment les cafés à l’affût du moindre témoignage. « Nous souhaitions rassembler tous les habitants d’une même ville au sein d’un même projet. Avec l’équipe de Berlin, la population de la ville a quasiment doublé lors du tournage », s’amuse Yves Degryse.
Le collectif recherchait au départ une ville miniature, sans se douter des nombreuses frictions qui existaient entre les habitants de la ville qui ne s’adressaient quasiment pas la parole. Le portrait filmique de Bonanza prend forme sur une scène où cinq écrans, surplombés par une maquette de la ville, diffusent en simultané images et témoignages.
Dans le cadre du Projet Holocene débuté en 2003, le collectif Berlin a posé sa caméra dans deux autres villes, plus peuplées cette fois : Moscou et Jérusalem. Point commun : « On y arrive avec beaucoup de stéréotypes dans la tête qui s’estompent au fur et à mesure pour finalement réapparaître de façon plus marquée encore un mois plus tard. »■


