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Vendredi 10 février 2012

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Vendredi 21 décembre 2012

Le krav maga ou l’art de la défense

Le krav maga ou l’art de la défense

Depuis quelques années, le krav maga – combat rapproché en hébreux – fait des émules. Cette discipline exigeante, utilisée par les Marines, le FBI ou encore le GIGN, est une alternative aux centres de musculation et séduit de plus en plus.

Il est 9 h 15 quand les premiers cris s’échappent de la salle de sport du club Evolution, située au cœur de Yaletown à Vancouver. Tous en chœur, une douzaine de personnes s’encouragent, la goutte au front et le souffle court après les cinq premières minutes d’exercices. Ici, c’est un peu comme à l’armée. Pas de répit. Après tout, le krav maga est un sport de combat et de défense né en Israël, dans les rangs de Tsahal, l’armée israélienne.

« Cette pratique s’impose comme l’une des plus respectées au monde », assure Troy Straith, fondateur du club d’arts martiaux Evolution, instructeur et seul détenteur d’une ceinture noire au Canada dans cette discipline. Autrefois réservé aux troupes militaires, aux services de police et aux forces spéciales, le krav maga s’est démocratisé et a atteint les particuliers en quête de défoulement. « Nous entraînons également beaucoup d’acteurs qui cherchent à rendre leurs bagarres encore plus réalistes », poursuit Troy, évoquant les noms d’Angelina Jolie dans Tomb Raider 2, Jennifer Lopez dans Enough ou encore Shannon Elizabeth dans Terminator 3.

La rapidité de réaction est le maître-mot pour esquiver les coups de son agresseur ou les asséner au besoin. Si l’option « dialogue » ne fonctionne pas, la méthode forte est alors utilisée. Et là, pas de limite, contrairement aux arts martiaux comme le jiu-jitsu ou le taekwondo. Tout est permis pour observer la règle principale qui consiste à se protéger soi-même : coups de poing, de pied ou de genou. Les yeux, la gorge et même les parties génitales peuvent être visés pour envoyer son adversaire dans les cordes.

Phil, 58 ans, pratique la discipline depuis deux ans. « Je voyage énormément, et seul en général, raconte cet homme plutôt frêle mais débordant d’énergie. Je me déplace dans des endroits où j’ai souvent l’impression d’être un portefeuille sur pattes ! Je veux être capable de me défendre si je me trouve dans une situation dangereuse. »

Défense militaire

Le krav maga est né en Israël sous l’impulsion de Imi Lichtenfeld, immigré de Slovaquie vers la Palestine dans les années 1940 pour échapper aux griffes nazies de son pays d’origine. Ce sportif excelle en natation, gymnastique, boxe et lutte. Il avait d’ailleurs formé à Bratislava un groupe de jeunes athlètes chargé de défendre le quartier juif local.

Le fondateur du krav maga  entraîne ensuite les troupes de plusieurs unités de combat, notamment le Palmach, forces armées de la Haganah. Cette organisation paramilitaire juive constituera une partie des bataillons de la future armée Tsahal à la création de l’État d’Israël en 1948.

« Ce sport ne nécessite pas de prérequis. Il convient tant aux hommes qu’aux femmes, aux grands qu’aux petits », argumente Troy. Et pour cause, la technique a été fondée de manière à entraîner simplement et rapidement tous les Israéliens, hommes et femmes, astreints à un service militaire obligatoire. Basée sur les instincts naturels du corps humain, elle doit permettre en un minimum de temps de réagir à une agression, qu’elle soit à mains nues, au couteau ou encore au pistolet. La version enseignée par Troy, adaptée au civil depuis les années 1960, doit permettre de faire face aux situations de violence dans la vie quotidienne. Pour autant, « ce n’est pas une discipline qu’on pratique pour faire chic », prévient Troy. « Cette technique est testée tous les jours dans un pays constamment en guerre. »

Pratique risquée

Ses élèves ont d’ailleurs testé la difficulté : « Vous ne pouvez pas éviter les blessures, confirme Phil. C’est pour ça qu’on utilise toutes sortes de protections. Mais dîtes-vous que pour l’agresseur, c’est pire ! »
Dans la salle de sport, musique hard rock à plein volume, les apprentis de Troy sont lancés les uns contre les autres. Regard noir, muscles tendus, Stéphanie se retrouve coincée au milieu de six attaquants. Grognements et coups de poing fusent dans tous les sens. « C’est un animal », sourit Troy, impressionné par la force de ce petit bout de femme d’1m50. Ceux qui s’attaquent à elle pourraient d’ailleurs le regretter. À 19 ans, Stéphanie pratique le krav maga depuis 2005. « J’ai essayé le patinage artistique, le volley-ball, le basket. Je m’ennuyais ou j’étais trop petite ! Plaisante-t-elle. Certains trouvent leur adrénaline dans les montagnes russes, d’autres atteignent l’euphorie par la course à pied. » Pour elle, le krav maga est un exutoire. La jeune femme espère devenir un jour entraîneur. Si elle suit le parcours de Troy, il lui faudra environ huit années pour atteindre un tel niveau.  ■


Sophie de Kepper

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