Du 20 janvier au 6 février, l’édition 2010 du Festival international de prestations artistiques PuSh nous promet créativité et originalité. Du théâtre, de la danse, de la musique et des arts plastiques pour nous faire partager l’univers d’artistes venus des quatre coins du monde.
La vie rêvée d’Edgar Allan Poe
Après le succès de Frankenstein en 2008 au Festival PuSh, le théâtre Catalyst basé à Edmonton revient avec Nevermore, The Imaginary Life and Death of Edgar Allan Poe, une fable gothique musicale de deux heures célébrant l’écrivain romantique américain.
La vie d’Edgar Allan Poe a connu ce destin tragique de génie qui colle à la peau des romantiques. Une vie riche et prolifique, semée par la mort et la notoriété. Décrit comme un cérébral, un esprit fin et non-conventionnel, l’Américain s’est attaché en sa qualité de poète, théoricien, journaliste, philosophe et romancier à toucher à tous les genres, avec succès la plupart du temps.
« Ce que nous voyons ou croyons voir n’est qu’un rêve dans un rêve », écrivait Poe, il y a 200 ans. Une phrase à l’origine du spectacle Nevermore. Le rêve et le fantastique, thèmes chers à l’écrivain, sont au centre de cette pièce imaginée par Jonathan Christenson qui a laissé libre cours à son interprétation de la vie de l’auteur érudit. « Les rêves ont plusieurs sens que nous ne pouvons pas toujours saisir, même si quelque part ils ont toujours du sens », expliquait le directeur artistique.
C’est dans un décor gothique, tout droit sorti de l’imagination du metteur en scène, que le jeune Edgar Allan Poe évolue en noir et blanc. Le visage blanchi, il apparaît comme le spectateur de sa propre vie. Lorsqu’il tombe amoureux à 15 ans de la secrète Elmira, habillée d’une jupe parapluie façon chauve-souris, celle-ci lui demande de la dessiner. Mais au fil de son travail, sa bien-aimée devient si pâle qu’Edgar craint de la voir disparaître complètement en achevant sa peinture.
Le narrateur, conteur de la vie imaginaire de l’écrivain, dédie un chapitre à la naissance du petit Edgar, placé très jeune dans une famille d’accueil après la disparition de ses parents. Quant à sa mort, le spectacle vous donnera – ou pas – sa version sujette à tant de controverses. « Le mystère entourant sa mort me semble à propos et dans la continuité de ce qu’a été sa vie et son œuvre », expliquait Jonathan Christenson.
La musique de la pièce évoque des airs de contes fantasmagoriques déjà connus. Les costumes très modernes, bien qu’inspirés des modèles du 19e siècle, imaginés par la créatrice Bretta Gerecke, appuient avec force le côté imaginaire et rêvé de cette fable.
Déjà présenté à Toronto en juin, Nevermore a reçu une ovation spectaculaire et des critiques élogieuses du public, créant une attention particulière autour du duo Jonathan Christenson et Bretta Gerecke. Un voyage entre rêve et réalité dans le quotidien mouvementé d’un héros américain. ■
Charlotte Houang
Nevermore, The Imaginary Life and Mysterious Death of Edgar Allan Poe, du 21 janvier au 6 février à 20 h, les mardis à 19 h 30. Arts Club Granville Island Stage (Vancouver). Billets à partir de 25 $ via www.ticketstonight.ca
Un monde surréaliste ou se mêlent absurde, humour macabre et images insolites pour provoquer inspiration et émotion chez le spectateur. La compagnie Akhe Theatre, venue de St Petersbourg, présente sa pièce White Cabin. Une série de tableaux inspirée du cinéma muet russe où une femme subit les provocations des deux autres artistes présents sur scène menant le public dans un univers de rêves. Le son, les ombres, la lumière, les accessoires, le jeu des acteurs, tout est agencé pour faire prendre au terme métaphore une dimension rarement atteinte sur une scène. Leur conception du théâtre fait de l’espace un personnage à part entière de leurs œuvres. Expérimental, le travail de cette compagnie a été récompensé par le prestigieux Golden Mask Award de Russie. Référence de la scène indépendante russe, la compagnie influence l’émergence d’une nouvelle vision du théâtre en Europe. ■
Fanny Abes
White Cabin, du 21 au 23 janvier à 20 h (deuxième représentation le 23 janvier à 16 h) au Performance Works (1218 Cartwright Street, Granville Island, Vancouver).
Billets de 24 $ à 30 $ sur www.ticketstonight.ca ou au 604-684-2787.
« Le terme de “non danse” est stupide »
Conçu en 2001 par le français Jérôme Bel, The Show must go on est un spectacle de danse contemporaine drôle et conceptuel, gratifié en 2005 d’un Bessie Award, prix new-yorkais attribué chaque année à des chorégraphes novateurs. Vision du metteur en scène.
« La chanson pop anglo-saxonne s’est imposée comme sujet de cette pièce. L’idée était de travailler sur ce que tout le monde connaît, ce qui nous réunit tous. Ce spectacle est devenu culte et c’est pour cela qu’il est joué depuis bientôt neuf ans. Ce n’était pas gagné car il est formellement assez provocateur, et l’expérience théâtrale proposée au public ne l’est pas moins.
Le terme de «non danse» a été inventé par une très mauvaise journaliste et évidemment je le trouve totalement stupide. J’ai simplement réinterrogé certains présupposés comme la relation du spectateur au spectacle : son désir, sa présence, sa réflexion. Le spectateur est sans doute le vrai sujet de la pièce, et c’est pour cela qu’il peut lui arriver de très mal réagir face au spectacle. »■
Charlotte Houang
The Show must go on, du 20 au 23 janvier à 20 h au Fei and Milton Wong Experimental Theatre, SFU (149 West Hastings Street, Vancouver).
Billets de 24 à 30 $ à l’avance (www.ticketstonight.ca) et de 26 à 32 $ sur place.



