Le Festival international de Danse de Vancouver célèbrera son 10e anniversaire du 11 au 22 mars avec des représentations et des ateliers. Les coups de cœur de Fanny Abes.
Force et élégance
Neil Ieremia, chorégraphe, a fondé la compagnie de danse Black Grace en 1995, en Nouvelle-Zélande. En 2009, il fut nommé lauréat du prix Paul D. Fleck Fellowship in the Arts du Banff Centre en Alberta. Mêlant histoires orales, tatouages, danses guerrières, et mouvements modernes, il est connu pour allier tradition et modernité. Les danseurs, uniquement des hommes venus des îles du Pacifique, fusionneront ces deux influences pour nous faire découvrir ce qui les définit. En 2008, leur tournée aux États-Unis et au Canada a été un succès. Ils présenteront un cocktail de leurs créations au Festival international de Danse de Vancouver.
Après 15 ans de spectacles, aspirations et inspirations d’un chorégraphe de renom : « Contrairement à ce que beaucoup disent, je ne suis pas Maori. J’ai hérité de la culture samoa, et cela guide naturellement mon travail. Dans mes représentations, j’intègre des formes traditionnelles, des motifs et des styles cadencés appelés Sa sa et Fa’ataupati, et je les mélange à des idées plus contemporaines. J’utilise aussi les éléments sociaux qui font partie de la culture traditionnelle pour nourrir l’environnement unique de notre compagnie. Cela pose les bases des créations et du développement de notre travail.
Mon art est une expression de qui je suis, et le fait d’être influencé par différentes cultures toutes aussi riches les unes que les autres m’inspire énormément. Ainsi, j’aimerais avant tout que les spectateurs découvrent et pénètrent ma culture et mes origines. Qu’ils saisissent les défis auxquels nous avons dû faire face et les succès que nous célébrons. Je suis heureux que mon travail soit bien accueilli et compris par le public. »
Au Vancouver Playhouse (600, Hamilton à Vancouver) les jeudi 18 et vendredi 19 mars à 20 h. Prix des billets : 50 $ et 35 $ pour les étudiants et les aînés. Renseignements : 604-662-4966 ou www.vidf.ca.
L’homme aux béquilles
Des pas créatifs, un style fluide, original et maîtrisé qui défie les notions d’équilibre et de gravité : l’art de Bill Shannon n’a pas son pareil. Influencé par les cultures de rue, comme le hip hop ou le skateboard, il a été invité par la compagnie KickStart à participer au Festival international de Danse de Vancouver. Atteint d’une maladie génétique qui ne permet pas à ses jambes de supporter le poids de son corps, il a développé une technique impressionnante pour pouvoir danser sur ses béquilles.
L’Express du Pacifique – Comment vous définissez-vous dans votre art ?
Bill Shannon – Je ne suis ni un danseur, ni un artiste visuel, ni un réalisateur. Je suis juste un artiste, je me définis uniquement ainsi. Je travaille sur différents médias mais je n’ai pas de domaine de prédilection. Je choisis le domaine artistique que je vais utiliser en fonction du concept que je souhaite exposer. Une idée peut par exemple mieux se matérialiser à travers la danse, je l’exprime alors ainsi ; si une installation vidéo convient mieux à une autre idée, je m’empresse de la réaliser.
LEP – Pourquoi avez-vous choisi la culture urbaine comme influence en danse ?
B. S. – Je n’ai pas fait beaucoup de choix en tant qu’artiste. J’ai seulement écouté et regardé. J’ai vécu à Pittsburgh, une grande ville des États-Unis, et j’étais donc exposé à l’art urbain. C’est la culture de rue qui m’a choisi, pas l’inverse. Mon environnement m’a conduit à devenir un expert dans ce domaine. Aujourd’hui, je me sens « être » la rue. Elle n’est pas séparée de moi. Elle me pousse de l’intérieur.
LEP – Comment avez-vous commencé à danser avec vos béquilles ?
B. S. – Quand j’étais petit, j’essayais simplement de m’habituer à marcher avec. Puis j’ai voulu jouer avec mes amis. J’ai commencé à gagner en aisance et je me suis mis à faire des acrobaties. Je ne cherchais pas à m’améliorer, c’était simplement un jeu. Ce n’est qu’à 20 ans que je me suis attaché à développer mes performances artistiques, j’ai voulu mieux contrôler chacun de mes mouvements et figures. C’est là que je suis devenu chorégraphe.
LEP – Pensez-vous que vous seriez aussi célèbre sans votre handicap ?
B. S. – Oui, mon art n’a jamais dépendu de ma maladie.

Bill Shannon présentera son spectacle Spatial Theory le 20 et le 21 mars à 20 h au Roundhouse de Vancouver (181 Roundhouse Mews).
La représentation du 21 sera précédée d’un gala. Billets entre 25 et 75 $ pour le gala au 604-662-4966 ou sur www.vidf.ca.
Fanny Abes


