La dixième édition du festival de documentaires DOXA se poursuit jusqu’au 16 mai avec une programmation indépendante frisant le militantisme. Une promenade filmée à travers le monde, de l’Estonie à l’Afrique du Sud en passant par les petites boutiques montréalaises. Sélection.
Eyes Wide Open — A Journey Through Today’s South America
Gonzalo Arijon, France, 2009, 110 minutes
Le viseur du cinéaste franco-
uruguayen Gonzalo Arijon n’a pas assisté à l’ère nouvelle tant attendue, en Amérique du Sud, après la résurgence de la gauche. De l’Équateur à la Bolivie, du Brésil au Nicaragua, le documentariste a voyagé pour recueillir les témoignages de gens ordinaires dont la richesse et la diversité de pensée et d’opinion ne manquent pas de piquant. Mêlant entrevues avec l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano et images d’archives de discours de dirigeants, le film s’attarde sur l’histoire riche et toujours tumultueuse de ces pays du sud de l’Amérique.
— Jeudi 13 mai à 21 h à la Pacific Cinémathèque
When the Mountain Meets its Shadow
Alexander Kleider et Daniela Michel, Allemagne, 2009, 63 minutes
Au Cap, en Afrique du Sud, les maisons ostentatoires surveillées par des chiens-loups et entourées de barbelés côtoient les cabanes en contreplaqué, ferraille et carton. Parfois seule une route les sépare. À l’aube de la Coupe du monde de football, le film se penche sur la trajectoire d’Achraf, Mne, Zoliswa et Arnold qui, chacun à leur manière, luttent pour survivre dans les rues des bidonvilles de la capitale culturelle. Certains n’ont pas digéré les années d’apartheid et se battent contre les expulsions et les coupures d’électricité. D’autres ont placé tous leurs espoirs dans leur capacité à travailler. Une situation résumée ainsi par l’un des personnages : « Cette ville, autrefois divisée par le noir et blanc, est maintenant divisée par les riches et les pauvres. »
— Vendredi 14 mai à 16 h 30 à la Pacific Cinémathèque
Disco and Atomic War
Jaak Kilmi, Estonia, 2009, 78 minutes
Grandir au temps de l’URSS n’a pas laissé de goût amer à Jaak Kilmi, jeune Estonien comblé à l’âge de 8 ans par les chaînes finlandaises captées illégalement sur les ondes de son téléviseur. Alors que l’obsession familiale tourne autour de la série Dallas et des derniers affrontements entre J.R. et Sue Ellen, le film, illustré par des images d’archives colorisées, retrace l’histoire d’une drôle de guerre où le KGB se confronte aux héros de la culture populaire – et perd. Disco and Atomic War propose sa propre version de l’histoire récente et brosse le portrait d’une génération portée par les chevaliers Jedi.
— Vendredi 14 mai à 18 h 30 à la Pacific Cinémathèque
Small Wonders
Tally Abecassis, Canada, 2009, 53 minutes
Derrière chaque vitrine d’un petit commerçant montréalais se cache un monde à part entière. Quincaillerie, studio de photographie et atelier de réparation de montres… Qu’il s’agisse de la vue de plus en plus défaillante de Pierre Bogatzian, l’horloger, ou de l’inquiétude de Jae-Pak Gil et sa mère à la vue de la prolifération des grandes chaînes concurrentes, l’esprit parfois lugubre de ces commerçants n’entache jamais la qualité du service. Filmée sur une longue période, la relation entre le cinéaste et ses sujets révèle tour à tour des portraits tourmentés, complexes et singuliers.
— Samedi 15 mai à 12 h 30 au Vancity Theatre
Anatomy: Muscle, Skin, Heart
– Muscle, Natasha Gadd, Australie, 2008, 26 minutes – Skin, Rhys Graham, Australia, 2008, 26 minutes – Heart, Amy Gebhardt , Australie, 2008, 26 minutes
Réalisé en trois parties, ce documentaire explore l’influence du corps sur le processus créatif. Muscle part à la rencontre de trois acrobates en tournée dans le royaume du spectacle de cirque, explorant ainsi les relations difficiles entretenues par les humains avec leur corps et l’impact dévastateur sur l’esprit lorsque celui ne se révèle pas infaillible. Skin examine, de son côté, la relation entre l’artiste Ex de Medici, autant connu pour ses peintures vives que ses travaux de tatouages, et Geoff Ostling, ancien professeur d’histoire dont le corps a entièrement été tatoué par ce dernier. Un corps devenu œuvre d’art qui restera exposé même après sa mort. Heart, enfin, explore les origines de l’inspiration créatrice, et comment le peintre Jacqui Stockdale se lance dans le portrait de sa muse, Rose.
— Samedi 15 mai à 16 h à la Pacific Cinémathèque
DOXA Documentary Film Festival,
jusqu’au 16 mai 2010.
Billets : 10 $ (prévoir 2 $ pour l’adhésion).
www.doxafestival.ca
Charlotte Houang


