Le duo français originaire de Bordeaux débute sa troisième tournée nord-américaine. Rencontre avec Caroline Martial, la voix de Kap Bambino, un groupe hors format, avant leur concert au Venue le 15 novembre.
Dans les magasins de disques, les CDs de Kap Bambino sont classés dans la rubrique « Divers ». Trop chanté pour appartenir à la famille électronique et trop bidouillé pour se classer chez les rockeurs à mèches. « On vit avec notre époque, plus avec nos guitares », explique Caroline Martial par téléphone depuis Bordeaux en France, peu avant le début de leur tournée nord-américaine. « Ça fait déjà longtemps qu’Orion – second membre et partenaire – a fait fusion avec son ordinateur. Si on peut, dans le futur, faire de la musique avec un Blackberry, on trouvera un moyen de faire un concert sur scène avec. »
Faire tout, tout seul, avec les moyens du bord : c’est la philosophie du groupe depuis leurs débuts en 2001. Après s’être rencontrés lors d’une soirée, Orion propose à Caroline de venir manger chez lui (des saucisses-lentilles). Elle décide de lui proposer sa voix. « Je me suis incrustée », confesse-t-elle. L’homme aux machines intègre alors au groupe la partie « humaine et chaleureuse » de Kap Bambino.
Caroline, bercée depuis l’enfance par des formations musicales avant-gardistes comme Kraftwerk, avait déjà officié dans plusieurs groupes. À l’âge de 13 ans, elle monte avec sa petite sœur un groupe de rock alternatif et « lors d’un moment d’égarement », un groupe de musique Trip Hop et Drum’n bass à 20 ans. « J’étais curieuse de tout, mais rien ne me faisait vraiment vibrer jusqu’à ce que je rencontre Orion ».
Autodidactes
Après plusieurs démos autoproduites et l’album Love, dont les voix ont été enregistrées sur un micro Fisher-Price, l’album Zero Life, Night Vision sort en 2006 sur le label qu’ils ont fondé tous les deux, Wwilco. Le disque passe inaperçu en France jusqu’à sa réédition sur un label anglais. Rapidement chroniqué par le New Musical Express, hebdomadaire anglais de référence, créateur de «buzz» musicaux, les Kap Bambino sortent des circuits cachés. L’album est fait à la maison tout comme le second Blacklist, sorti en 2009 sur le label Because qui abrite nombres d’artistes renommés. Le duo continue cependant de bouder l’enregistrement en studio. « On aime composer dans notre milieu, en l’occurrence dans notre appartement, n’importe quand. Nous sommes productifs et tellement hyperactifs. »
Ils continuent à tout faire seuls, des pochettes d’albums aux photos promotionnelles. Au moment de l’interview, Orion termine le mixage du clip de Bad Cave, qu’ils ont fini de tourner dans la nuit. L’un des premiers clips officiels du groupe, même si plusieurs tournent déjà sur le web, réalisés par des fans. À l’image de Hey, « un cadeau d’un fan ukrainien », mettant en scène un jeune homme bondissant dans les rues.
Le groupe fait sa première tournée au Canada et aux États-Unis en août de l’année dernière avant de revenir en mars. Avec quelques souvenirs impérissables. Notamment lors d’un concert à Long Beach à Los Angeles où le public, trop excité, a été chassé à coup de Taser. Il faut dire que les concerts de Kap Bambino n’appartiennent pas au répertoire classique.
Caroline ne sait jamais dans quel ordre Orion va jouer les titres. « On se fait des surprises ». Sur scène, l’intrépide blonde, qui se dit influencée par Alan Vega et Iggy Pop, semble être montée sur ressorts, donnant lors de shows mouvementés cette impression de jouer pour la dernière fois. Son premier réflexe à la sortie de scène : respirer. « Reprendre mon souffle, voir si je suis en vie ». Logique pour ce groupe qui vit à 100 à l’heure et se dit « naturellement imprévisible sans être provocateur ».
Kap Bambino est en concert (avec invités) le dimanche 15 novembre de 20 h à 2 h.
Adresse : Venue, 881 Granville Street à Vancouver.
Billets : 15 $ en prévente sur www.clubzone.com


