Le Festival du Film International de Vancouver (VIFF ) vient de s’achever et il est temps de faire le bilan, et surtout de noter dans son agenda les films-évènements à ne pas manquer d’aller voir à leur sortie sur les écrans.
Le VIFF a été une fois de plus le lieu où voir un nombre impressionnant de films (plus de 375, dont 235 long-métrages pour 75 pays). Nombre d’entre eux avaient déjà fait parler d’eux dans d’autres festivals : Cannes bien sûr, Berlin, Venise, San Sebastian, mais aussi Sundance, Tribeca, Locarno, Deauville…
Quand on sait combien il est difficile de voir des films européens et/ou indépendants durant l’année, le VIFF apparaît comme une aubaine pour les amateurs de belles toiles.
Malheureusement, certains films, en l’occurrence les plus attendus (et/ou primés dans des festivals) sont tellement prisés que les voir pendant le Festival peut s’avérer être un vrai parcours du combattant. Heureusement, certains films sortiront en salle alors ne les loupez pas !
Des films canadiens, anglais, iraniens…
Une des catégories les plus importantes au VIFF est la catégorie Cinema of Our Time (Cinéma de notre temps). Les organisateurs l’avaient dit eux-mêmes : beaucoup des films présentés dans cette sélection ne reviendront pas sur les écrans, même s’ils ont été encensés au niveau international. Il faut espérer que leur succès évident pendant le Festival fera changer d’avis les distributeurs…. Mais malheureusement, beaucoup ne seront pas forcément visibles sur la Côte Ouest…
Octobre
Starbuck, film canadien (tourné en français) vient de sortir en salle et il fait déjà beaucoup parler de lui. L’histoire de David Wosniak, un éternel adolescent de 42 ans, qui découvre alors que ses choix de vie ont eu des conséquences bien au-delà de ce qu’il n’avait jamais imaginé. Ayant été un prolifique donneur de sperme (et un amateur d’argent facile), il découvre qu’il est le père biologique d’un nombre impressionnant d’enfants, 533 pour être précis…
Like crazy de Drake Doremus a remporté le Grand prix du Jury au Festival de Sundance cette année et sort chez nous le 28 octobre. Une histoire d’amour entre deux jeunes étudiants, elle Britannique, lui Américain. Un problème de visa empêche la belle de revenir aux États-Unis pour le retrouver, et les voilà séparés par des milliers de kilomètres. Le couple va devoir faire face à de nombreux défis…
Novembre
Le film anglais Tyrannosaur était reparti du célèbre festival de Sundance avec le Prix spécial du jury (Fiction étrangère) et sortira le 18 novembre. Tyrannosaur nous raconte l’histoire de Joseph, dont la violence et une colère le conduisent à l’autodestruction. Apparaît alors une chance pour lui de changer sa vie, en la personne d’Hannah, qui travaille pour une oeuvre de charité chrétienne. Mais Hannah cache un secret qui aura un effet dévastateur sur leurs vies.
Décembre
Le film Iranien aux multiples prix à Berlin, dont l’Ours d’Or, A Separation (Une séparation) sort le 30 décembre. Énorme succès pendant le VIFF, c’est LE film à ne pas louper. Les séances se sont multipliées pendant le Festival et ont fait systématiquement salle comble (sans oublier de mentionner l’accueil très chaleureux de la communauté iranienne de Vancouver).
En Iran, un homme refuse à sa femme le divorce qui lui permettrait de partir vivre avec sa fille à l’étranger. Celle-ci part alors s’installer ailleurs et lui se retrouve seul à devoir s’occuper de son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Pour faire face, il décide d’engager en secret une femme dont le mari, pourtant au chômage, est opposé à ce qu’elle travaille.
Un autre film iranien a fait sensation au VIFF : Circumstance (en fait un film à la fois américain, iranien et français). Primé au festival de Sundance, ce très beau longmétrage traite de la répression dont les femmes sont victimes en Iran. Il a reçu un accueil très chaleureux de la part du public pendant le VIFF. La communauté iranienne était réunie au Vogue pour célébrer la première du film et la présence de l’actrice principale (locale), Nikohl Boosheri [voir encadré]. Pourtant, il n’y a encore aucune date de sortie à Vancouver…
Circumstance est l’histoire de deux jeunes filles, Shireen (Sarah Kazemy) et Atafeh (Boosheri), inséparables bien que leurs familles soient très différentes et qu’elles n’aient pas reçu la même éducation. Ensemble, elles vont découvrir la vie underground de Téhéran, faite de fêtes, de drogue, de sexe, et d’autres défiances envers le système. Malheureusement, tout n’est pas si facile pour les deux jeunes femmes, déterminées à être elles-mêmes malgré le danger que cela représente. Quand le frère de Atafeh revient à la maison après une cure de désintoxication, il se met en tête de séparer les deux jeunes filles…
Et quelques films français…
Encore une fois cette année, la catégorie Spotlight on France (Projecteur sur la France) a offert une large sélection de films français dont le très attendu L’Artiste de Michel Hazanavicius, qui sortira le 23 novembre dans nos salles.
Hollywood, 1927. L’histoire de l’acteur George Valentin (joué par Jean Dujardin, Prix d’interprétation à Cannes), star du cinéma muet dont la vie va être bouleversée par l’arrivée du cinéma parlant. Le film, présenté au festival le jour de sa sortie française, a reçu d’excellentes critiques. Elles ont été unanimes sur la qualité de ce film muet et sur la brillante interprétation de Dujardin.
Le 11 novembre, ce sera le dernier film de Cédric Klapish qui sortira dans les salles vancouveroises, Ma part du gâteau. Un film drôle, émouvant, actuel, avec Gilles Lellouche et Karin Viard, ou comment le destin d’un trader et celui d’une femme de ménage vont se croiser et se mêler…
Le dernier film des frères Dardenne, Le gamin au vélo, sortira le 18 novembre. Un très beau film qui nous raconte l’histoire de Cyril, placé dans un foyer alors que son père l’a abandonné sans laisser d’adresse. L’enfant refuse d’y croire et fait tout pour comprendre ce qui s’est passé.
Un festival incontournable donc, et un après-festival à surveiller de près, notamment au cinéma Vancity qui propose des projections supplémentaires des films (fictions et documentaires) présentés au Festival.
Circonstances d’un tournage

Quand Nikohl Boosheri a rejoint le théâtre Vogue pour la première du film Circumstance (En secret), elle était loin d’être en terrain inconnu. Nikohl a en effet grandi à Vancouver et a donc parcouru maintes fois la rue centrale Granville, le coeur du Festival. Mais cette fois, une chose était différente.
Elle tient en effet l’un des rôles principaux du premier film iranien de Maryam Keshavarz présenté ce soir-là au Vogue. La jeune fille, sous ses faux airs de Romane Boringher, nous parle du tournage de Circumstance.
Plus d’un an de préparation, deux mois passés à Beyrouth (il était hors de question de tourner à Téhéran), dont 25 jours de tournage, c’est ce qu’il a fallu à Keshavarz pour réaliser ce magnifique premier film.
Pour Nikohl et les autres acteurs, il a fallu notamment se débarrasser de leur propre accent : Nikohl a toujours vécu au Canada et a été jusque-là principalement actrice de théâtre. Quant à Sarah Kazemy, sa partenaire dans le film, elle vit à Paris (ou elle poursuit des études de droit) et Reza Sixo Safai (qui joue Mehran, le frère) vit à Los Angeles.
Autre « anecdote » raconté par la belle brune : à Beyrouth, il a fallu mentir sur la réalité du film afin d’obtenir un permis de tournage. Exit donc les références à l’Iran, la religion ou le sexe dans le script présenté aux autorités.
Alors bien sûr, Nikohl ne verra jamais le pays d’origine de ses parents. La réalisatrice, quant à elle, lui a fait ses adieux juste avant de commencer le tournage… Le film, lui, est une magnifique ode à la liberté, à l’amitié et à l’amour.


