<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>L&#039;Express du Pacifique &#187; Portrait</title>
	<atom:link href="http://www.lexpress.org/category/portrait/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.lexpress.org</link>
	<description>Votre Journal Francophone de Colombie-Britannique</description>
	<lastBuildDate>Tue, 13 Dec 2011 21:48:13 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.1</generator>
		<item>
		<title>Tout le monde a un style</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/tout-le-monde-a-un-style/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/tout-le-monde-a-un-style/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 18:36:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=9375</guid>
		<description><![CDATA[Laurent Cotta, historien de la mode et chargé de création contemporaine au Musée Galliera – un musée de la mode à Paris – était de passage à Vancouver en octobre pour donner une conférence sur Yves Saint Laurent. L’occasion pour L’Express du Pacifique de le rencontrer et de l’interroger sur la mode d’aujourd’hui. Une mode [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Laurent Cotta, historien de la mode et chargé de création contemporaine au Musée Galliera – un musée de la mode à Paris – était de passage à Vancouver en octobre pour donner une conférence sur Yves Saint Laurent. L’occasion pour L’Express du Pacifique de le rencontrer et de l’interroger sur la mode d’aujourd’hui. Une mode qui passe autant par les grands couturiers que par des grandes enseignes comme Gap ou Zara. Il n’a jamais été aussi facile d’être à la mode selon Laurent Cotta pour qui tout le monde a un style. Propos recueillis par Fanny Bourel. </strong></p>
<p><em><span style="text-decoration: underline;"><strong>LEP |</strong> Comment définissez-vous la mode de ce début de XXIe siècle ? </span></em></p>
<p><strong>L. C. |</strong> Je trouve que c’est une mode qui joue beaucoup autour des attitudes. Ce qui est complètement acté pour tout le monde, c’est qu’on peut associer tout et n’importe quoi. L’idée est de trouver son style. Maintenant, dans la mode, beaucoup de gens achètent des vêtements chez H&amp;M ou chez Uniqlo et vont les accessoiriser avec des chaussures Louboutin ou un sac de créateur. Il y a de plus en plus de liberté. On considère que les clients ont une maturité de style et qu’ils doivent pouvoir jouer avec les vêtements.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>LEP |</strong> On sait qu’il existe des cabinets de tendance mais on parle également beaucoup du rôle de plus en plus important joué par les stylistes des stars hollywoodiennes… Alors, qui fait la mode aujourd’hui ? </em></span></p>
<p><strong>L. C. |</strong> Cela dépend de quelle mode on parle. Chez H&amp;M ou chez Zara, il y a des cabinets de tendance qui sont là, bien entendu. Et puis, ils ont des gens qui voient ce qui est le plus porteur dans des tous les défilés pour les copier pratiquement en temps réel. Par exemple, chez Zara, on a pu voir des choses très proches de ce qu’a pu faire Jil Sander. Le fait que tout le monde puisse être à la mode à des prix modiques est très récent. Cela ne fait qu’environ 20 ans qu’on peut faire des achats impulsifs à 30 ou 50 $ qui sont complètement dans l’esprit de ce qui se fait dans le prêt-à-porter de luxe. Je crois que l’on a jamais eu cela. Avant, il y a avait le prêt-àporter mais il y avait toujours des petits décalages. Alors que maintenant, en dehors de la qualité du vêtement, qui parfois peut être très bonne d’ailleurs, on arrive à être au plus près des tendances. Et puis en jouant aussi avec les vêtements « vintage », cela permet de s’habiller de manière créative pour pas très cher. Tout le monde peut y arriver si on est intéressé par cela. Ce n’est non plus une obligation bien entendu. Quand quelqu’un dit qu’il a mis ce qui lui tombait sous la main, ce n’est pas vrai. Il y a toujours une information qu’on veut donner. On veut justement dire qu’on s’en fout mais on a toujours un style. » <br />
 <span style="text-decoration: underline;"><em><br />
 <strong>LEP | </strong>Tout le monde a un style alors ? </em></span></p>
<p><strong>L. C. |</strong> Tout le monde a un style, oui. […] Je crois qu’on est toujours pris dans la mode d’une manière ou d’une autre, qu’on le veuille ou non. Et puis on essaye toujours d’envoyer une information, d’envoyer une image de soi ou de son humeur du jour avec ce que l’on porte. Parfois, quand on est de mauvaise humeur, on fait presque exprès de s’habiller d’une manière épouvantable. Cela aussi peut donner un style. [...] Les geeks, qui n’en ont a priori rien à faire de la mode, ont un look très particulier sur lequel on peut jouer justement sur des codes de ringardise. […] On s’habille de façon volontairement un peu ringarde pour le commun des mortels pour être reconnu entre-soi. Il y a toujours cette idée d’intégration à un groupe et puis d’exclure les autres qui ne peuvent pas comprendre. C’est une dimension que je trouve intéressante dans la mode : prendre le risque ou avoir un certain plaisir à passer pour quelqu’un de ridicule ou d’un peu ringard auprès des autres dont on se moque de l’opinion.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>LEP |</strong> La tendance au rétro est très présente depuis plusieurs saisons. Pourquoi toujours ce retour à ce qui a été fait avant ?</span></p>
<p><strong>L. C. |</strong> Parce qu’on peut jouer sur la nostalgie et sur une poésie d’un temps qui est passé, de vêtements d’une autre époque qu’on voudrait porter. On les réactualise, on leur fait dire autre chose. Et ce n’est pas plus une fuite que d’imaginer le futur comme on a pu le faire dans les années 60 où on était là, avec des créateurs comme Courrèges, à s’imaginer vivre dans la lune et dans des vaisseaux spatiaux. [Le rétro] est aussi une façon de fuir le quotidien et de s’amuser avec le vêtement. <br />
 <span style="text-decoration: underline;"><em><br />
 <strong>LEP |</strong> Les années 60 ont connu les inventions de la mini-jupe, du smoking pour femmes… On a l’impression qu’il n’y a plus autant d’inventivité dans la mode ces dernières années. Qu’en pensez- vous ?</em></span></p>
<p><strong>L. C. |</strong> Je crois que maintenant on fait des citations de plein de choses, de plein d’époques. C’est un peu comme un jeu de construction. Tout est à égalité, on peut mélanger des idées extrêmement luxueuses et glamour avec de la mode de la rue. C’est peut-être en faisant ces « clashes », ces réunions de choses contraires qu’on peut arriver à avoir une collection intéressante. Aujourd’hui on pioche dans absolument toutes les périodes. Il y a des choses qui nous semblaient épouvantables il y a assez peu de temps et qui sont tout à coup très à la mode. Il y a des modes qui reviennent comme des looks des années 80 avec des épaules surdimensionnées qui étaient déjà d’ailleurs une citation des années 40. […] Je crois que maintenant tout est permis.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>LEP |</strong> Vous dites qu’Yves Saint Laurent est l’héritier de Dior et de Chanel. Qui serait son hériter aujourd’hui?</em></span></p>
<p><strong>L. C. |</strong> Je n’en vois pas aujourd’hui qui pourrait être son héritier. Il y en a eu plusieurs en fait dans sa maison [de couture]. Ils me semblent intéressants tous les deux d’ailleurs. À savoir Alber Elbaz, qui est maintenant chez Lanvin. Ensuite, Tom Ford était aussi dans cette histoire de glamour et de simplicité des formes et de sensualité alors qu’Alber Elbaz est plus sur le travail de Saint Laurent sur le vêtement. Donc, les deux sont complémentaires. Je trouve qu’Alber Elbaz est l’un des plus importants en ce moment, avec Nicolas Ghesquière chez Balenciaga. […]</p>
<p>Et puis, Jean-Paul Gaultier se réclame aussi de Saint Laurent. Il l’a cité à plusieurs reprises, notamment pour les ensembles pantalons. Il joue beaucoup sur l’androgynie, sur le vestiaire masculin qui passe au vestiaire des femmes. De plus, ses robes avec les seins obus, portées entre autres par Madonna, viennent directement de la collection africaine de Saint Laurent en 1967. <br />
 <span style="text-decoration: underline;"><em><br />
 <strong>LEP |</strong> Vancouver a récemment été élue la 3e ville la moins bien habillée au monde par une journaliste de MSN Travel. Qu’en pensez-vous ?</em></span> <br />
 <strong><br />
 L. C. |</strong> Cela ne m’a pas frappé. Je n’ai pas trouvé que les gens étaient particulièrement mal habillés, au contraire. Cela me fait toujours rire quand on parle de la parisienne tellement chic… Je ne sais pas qui a inventé cela, c’est un peu un mythe. Dans certains quartiers, on va effectivement voir des femmes qui ont vraiment une attitude, ce côté très parisien qui est de jouer sur un aspect volontairement un peu désinvolte. […] Mais quand on prend le métro tout simplement le matin à Paris, on n’est pas saisi par l’élégance ni des hommes ni des femmes.</p>
<p>C’est un peu partout pareil. Quand on se promène dans une grande ville en Amérique du Nord, et même en Europe, regardez quels sont les magasins qu’on voit. Ce sont toujours les mêmes marques de luxe et puis les mêmes marques de grande diffusion. Après, cela va peut-être jouer sur des détails comme les chaussures. Et c’est plutôt cela que je remarque ici. Les chaussures que portent les hommes et les femmes sont quand même un peu lourdes par rapport à ce qui se porte à Paris. [...] Sinon, des magasins Gap, il y en a partout ! […] Il y a une normalisation des looks dans le monde occidental.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/tout-le-monde-a-un-style/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un métier Vertigineux</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/un-metier-vertigineux/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/un-metier-vertigineux/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 17:46:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=9163</guid>
		<description><![CDATA[Le ciel est gris. Pas de vent. La vue du haut d’Imperial Tower est à couper le souffle. 360º. Gratte-ciel, sommets enneigés, Stanley Park et cargos en attente sur English Bay. « C’est un temps parfait pour laver des carreaux, explique Corey. Quand il fait chaud, l’eau sèche trop vite sur les vitres. Quand il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le ciel est gris. Pas de vent. La vue du haut d’Imperial Tower est à couper le souffle. 360º. Gratte-ciel, sommets enneigés, Stanley Park et cargos en attente sur English Bay.<br />
 « <em>C’est un temps parfait pour laver des carreaux, explique Corey. Quand il fait chaud, l’eau sèche trop vite sur les vitres. Quand il pleut, ce n’est pas agréable. Et quand il y a du vent, tout devient plus dangereux. Du coup, un bon ciel nuageux ? C’est l’idéal ! </em>»</p>
<p>Responsable de Pacific Ropeworks, une entreprise qui emploie quatre personnes, Corey descend des façades d’immeubles depuis plus de douze ans. Aujourd’hui, il utilise un simple harnais avec deux cordes et un siège.<br />
 « <em>La première corde est glissante – c’est elle qui permet de descendre en rappel ; la seconde est une corde de sécurité. Les deux sont attachées à des anneaux fixés le long des toits, prévus à cet effet. Ils sont bien scellés. En cas de problème avec la première corde, c’est la seconde qui prend le relais</em>.»</p>
<p>Ce qui ne veut pas dire pour autant que laver des carreaux à des dizaines de mètres du sol est une activité sans danger&#8230;</p>
<p><strong>Dangers</strong></p>
<p>« <em>C’est vrai, il y a des risques, mais il s’agit de risques calculés. De fait, ce que je trouve le plus dangereux n’a rien à voir avec cordes et gratte-ciel. Ce sont les échelles ! Quand je lave les carreaux d’une maison de trois étages, ou que je dois monter sur un auvent, c’est l’aspect de ce métier que j’aime<br />
 le moins</em>. » Et celui qu’il préfère ? « <em>Avoir ma propre entreprise&#8230; et les vues magnifiques qu’on a de bâtiments comme celui-ci, ou de la Shaw Tower</em> » – l’immeuble le plus haut sur lequel il a travaillé (41 étages, soit plus de 130 m).</p>
<p><strong>Surprises</strong></p>
<p>Naturellement, il y a un sujet bien précis qu’on a envie d’aborder avec un laveur de carreaux : ce qu’il voit, suspendu derrière les vitres de milliers d’appartements&#8230;<br />
 « <em>Je ne suis pas sûr que tout ce que j’ai vu dans ma carrière puisse<br />
 être publié !</em> » Corey éclate de rire et continue de façon plus diplomatique<br />
 : « <em>Disons juste qu’on “surprend” souvent les gens&#8230;</em> » Au menu de ces surprises : « <em>Des personnes qui font la fête en pleine journée, qui vous proposent un joint par la fenêtre, qui vivent dans<br />
 des appartements magnifiques, mais dans lesquels ils ont entassé des tonnes d’affaires. J’ai aussi vu des logements dans lesquels de la marijuana était cultivée – avec des fenêtres couvertes de journaux et une odeur bien plus intense qu’un simple joint fumé à l’intérieur. Et à l’opposé, on voit aussi toutes sortes de décors splendides : des appartements de grand standing, au<br />
 dernier étage de gratte-ciel, avec des terrasses et des baies vitrées<br />
 immenses.</em> »<br />
 Et juste avant de descendre un nouveau pan de façade qui plonge à pic vers Bidwell Street, Corey ajoute un tout dernier danger sur sa liste. <br />
 « <em>Les oiseaux ! Parce que s’il y a un nid sur le toit, ils n’hésiteront pas à vous attaquer !</em> »</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/un-metier-vertigineux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le mouton noir de personne</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/le-mouton-noir-de-personne/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/le-mouton-noir-de-personne/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 24 Jun 2011 18:13:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8956</guid>
		<description><![CDATA[Quadruple lauréate du Pacifique en chanson (1), Myriam Parent déboule avec fracas sur la scène musicale avec son premier album intitulé Urgence. La chanteuse originaire de Chambly, près de Montréal, éclot à peine mais son talent fait déjà l’unanimité. Un véritable halo de fraîcheur...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Quadruple lauréate du Pacifique en chanson (1), Myriam Parent déboule avec fracas sur la scène musicale avec son premier album intitulé Urgence. La chanteuse originaire de Chambly, près de Montréal, éclot à peine mais son talent fait déjà l’unanimité. Un véritable halo de fraîcheur&#8230;</strong></p>
<p>Celle qui s’est longtemps considérée comme « un mouton noir » est devenue le temps de  cette soirée de Pacifique en chanson LA préférence de tous. Une adhésion largement méritée : lorsque la musique de Myriam vous caresse les oreilles, vous rentrez dans un univers de sensations uniques. Attention, si vous n’y prenez garde, vous serez tenté d’entrer en musique comme d’autres en religion ! Elle qui, sans mégalomanie, s’envisageait à 17 ans comme guide spirituelle « sans trop savoir ce que cela signifiait » parvient à montrer la voie, celle des émotions.</p>
<p>Sa musique d’une  profondeur abyssale vous happe, sa voix pure vous séduit et ses mélodies demeurent dans votre esprit, voire dans votre bouche pendant plusieurs heures. « On a beau refouler ce qu’on ressent, tout rejaillit sur ce que l’on fait », témoigne-t-elle. Le ton est donné. Ce petit bout de femme débordant d’énergie a vécu, c’est sûr ! Son talent pur explose enfin après de nombreuses années de gestation&#8230; le temps nécessaire pour chasser ses démons intérieurs peut-être.</p>
<p><strong>Singularité</strong></p>
<p>Elle le clame sans fard : « Je me suis longtemps dit que j’étais un monstre [d’où l’énorme orignal qu’elle chevauche sur la jaquette de l’album]. Je croyais que c’était de ma faute si ma famille me considérait comme un mouton noir parce que j’étais différente de mes frères et de ma sœur. Heureusement, les gens qui m’aiment m’ont sauvée. »</p>
<p>Lucide et renforcée, la chanteuse âgée de 31 ans semble renaître, plus déterminée que jamais. « Un nouveau jour, une nouvelle vie » pour cette petite sœur universelle extirpée d’une léthargie qui avait anesthésié pendant ses jeunes années toute velléité artistique&#8230; Depuis, la chanteuse défend des créations désarmantes un tantinet perfectionnistes. « J’ai parfois peur de toucher, de me laisser toucher », chante-telle&#8230; Pourtant, elle nous touche et elle parvient même à fendre l’armure des plus récalcitrants.</p>
<p>À l’image de ce premier album, Urgence, qui recèle des compositions très abouties créées par cette artiste qui ne s’est lancée dans le métier qu’en 2008. « Au départ, je faisais partie d’un groupe de trois filles, les Tuesday’s Bitches. Notre premier concert a eu lieu au Cafe Montmartre sur Main Street à Vancouver, le 9 novembre 2008, se souvient-elle avec précision. Nous chantions du Folk traditionnel. Nous étions toutes auteurs. Cela créait une véritable émulation. » Cette formation lui a permis de libérer sa musique et de découvrir qu’elle aimait la scène.</p>
<p>Malgré l’effervescence grisante qui naît autour d’elle, Myriam garde la tête sur les épaules. Diplômée en Anthropologie, la trentenaire au minois d’adolescente a obtenu son Baccalauréat en 2004 à l’Université de Montréal. Elle a continué d’exercer la  profession d’éducatrice à Vancouver d’abord au sein du programme Peak House destiné aux jeunes en difficultés ayant maille à partir avec la drogue ou l’alcool. Aujourd’hui, elle en  accompagne d’autres, venus de la rue, vivant à la Covenant House. « En ce qui me concerne, j’ai trouvé le chemin de la guérison avec la musique alors je peux le partager avec d’autres. »</p>
<p>Vancouvéroise depuis sept ans, Myriam a vécu dans la Big yellow house près de Commercial Drive avec cinq autres filles dont trois vivaient de leur art. Là, c’est le déclic : « J’ai arrêté le piano à 16 ans, je n’étais pas capable d’improviser et surtout je n’avais pas de place dans les différents appartements où j’ai vécu. Lorsque j’ai emménagé dans cette maison, raconte-t-elle, j’ai pu expérimenter mes propres compositions sur cet instrument. » À sont tour, le ukulélé entre dans la vie de Myriam : « Quand il est arrivé entre mes mains je suis tombée en amour et j’ai aussitôt écrit une vingtaine de chansons, textes et mélodies. »</p>
<p><strong>Nostalgie </strong></p>
<p>Lorsque vient le moment d’évoquer son enfance ou sa famille, Myriam emploie alors un ton affecté. « J’ai grandi dans un cadre assez strict sur la rive sud de Montréal. Nous allions à l’église le dimanche. J’étais entourée de trois frères avec lesquels je n’ai jamais eu de réels rapports au-delà de la petite enfance. Quant  à ma sœur, je viens tout juste de me rapprocher d’elle. » En conséquence, à 20 ans, la jeune fille qu’elle était quitte ce carcan familial munie de son sac à dos.</p>
<p>« Cela fait quatre ans que je ne suis pas retournée dans ma ville d’origine et la culture me manque beaucoup : aller chercher une bière chez le dépanneur, les vrais hivers, les tempêtes avec des éclairs et du tonnerre. Les expressions colorées et imagées du Québec. »</p>
<p><strong>Dualité et spiritualité</strong></p>
<p>Loin des vedettes formatées, sans univers construit, sans réelle personnalité, et dont la voix pure et haut perchée ne dégage aucune émotion&#8230; Myriam incarne l’inverse. À la manière de Rickie Lee Jones ou de Sarah McLachlan, elle vous cueille par sa douceur, son authenticité et sa générosité. À l’évidence, comme l’auteur-compositrice-interprète l’affirme, elle a bien « des orchestres dans la tête ». « Ma musique, c’est ma spiritualité, confirme-t-elle. C’est une pratique qui me connecte profondément avec le monde, la Nature. Une vibration qui me rend synchrone avec les éléments. » La jeune femme ouvre alors les bras, telle une madone entièrement dévouée et dévoile, du coup, un tatouage posé sur son avant-bras intérieur gauche. « Je pratique la méditation et ce soleil à quatre rayons me rappelle de conserver en toute occasion les mains et les bras ouverts. » Après le ukulélé, Myriam évoque son deuxième coup de cœur : la trompette de poche qu’elle espère utiliser au cours de sa tournée de quatre mois qu’elle démarre en juin (2).</p>
<p>Myriam la paradoxale a su, selon ses propres termes, « coller les morceaux » : une femme de tête au grand cœur. Un petit être d’une grande sensibilité, intègre, attachant, qui se demande si sa vie sera suffisamment longue pour livrer en offrande à son public tout son monde intérieur. Dans le même temps, cette fragilité apparente – blessure ? – reste largement dominée par sa volonté de tout maîtriser et par sa détermination&#8230; bref, Myriam Parent a tout pour devenir une grande.■</p>
<p>Nora Azouz</p>
<p>1. Pacifique en chanson s’est déroulé le 27 mai à l’Auditorium Jules-Verne à Vancouver. Myriam Parent a reçu les Prix suivants : Marie Woodridge, de la Presse, de la meilleure chanson pour Le mouton noir et aussi celui du Public <br />
 2. Tournée de quatre mois avec une participation aux Rencontres qui chantent du Festival de la Petite Vallée en Gaspésie du 25 juin au 3 juillet</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/le-mouton-noir-de-personne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le cueilleur le plus rapide de l&#8217;Ouest</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/le-cueilleur-le-plus-rapide-de-louest/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/le-cueilleur-le-plus-rapide-de-louest/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 16:30:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8719</guid>
		<description><![CDATA[Certains acceptent de travailler une vie entière confinés dans deux mètres carrés sans fenêtre. Lors d’un voyage dans l’Okanagan en 2001, Raphaël Dandavino réalise que ce ne sera pas une option pour lui. Plutôt, les Kootenays seront les murs de son bureau. Et il n’aura pour seul plafond que les rarissimes nuages estivaux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Certains acceptent de travailler une vie entière confinés dans deux mètres carrés sans fenêtre. Lors d’un voyage dans l’Okanagan en 2001, Raphaël Dandavino réalise que ce ne sera pas une option pour lui. Plutôt, les Kootenays seront les murs de son bureau. Et il n’aura pour seul plafond que les rarissimes nuages estivaux.</strong></p>
<p>De juin à novembre, Raphaël et sa conjointe participent aux récoltes des cerises, des pommes et des raisins. Ils amassent alors suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins annuels de leurs deux enfants. En hiver, les Dandavino s’envolent vers la Nouvelle-Zélande, où les récoltes suivent celles du Canada ou bien ils retournent dans leur Québec natal.</p>
<p>Mais on ne devient pas un cueilleur rentable du jour au lendemain. « Quand j’ai commencé à cueillir des fruits, il y a dix ans, indique Raphaël, je gagnais entre 5 et 8 dollars de l’heure. Maintenant, j’en gagne 50 à 60. »</p>
<p>D’ailleurs, Raphaël et sa conjointe détiennent le record néo-zélandais : deux fois 223 chaudières [récipient où sont collectés les fruits] de 5 kilogrammes – soit 1 200 dollars canadiens – en 11 heures ! Lorsque je demande s’il confirme la rumeur selon laquelle il serait le cueilleur le plus rapide de l’Ouest, Raphaël évoque les exploits d’un autre prodige de la cueillette, surnommé « la terreur de la cerise » : 248 chaudières en 8 heures. Mais ne raconte-t-il cette légende rurale que par modestie ?</p>
<p>Pour faire de la cueillette une activité aussi lucrative, Raphaël a développé différentes techniques. Selon lui, le novice suit ses impulsions, guidé par les belles grappes. Sa technique : « J’imagine une ligne imaginaire et je travaille en faisant le tour de l’arbre », la cueillette se faisant du haut vers le bas, les mains au-dessus du récipient afin de « laisser les fruits tomber dans ta chaudière ».</p>
<p>Pour la cueillette des cerises, Raphaël mime un joueur de harpe. Pour celle des pommes, il évoque la logistique des déplacements pour ne pas s’épuiser en transportant les fruits. Et avec l’expérience, le cueilleur apprend à faire la différence entre les bonnes et les mauvaises fermes. « Il y a beaucoup de fermiers qui laissent les arbres à eux-mêmes », explique Raphaël. « De toute façon, ce n’est pas là-dessus qu’ils font de l’argent mais sur la spéculation. »<br />
 <strong><br />
 Une journée avec Raphaël</strong></p>
<p>« Lors d’une journée typique, explique Raphaël, nous nous levons vers 4 heures du matin. Nous prenons notre déjeuner dans le noir avec la frontale [lampe de tête]. La journée de travail commence à 5 heures. Puis, on travaille jusqu’à midi. En général, sans pause. » Et, pendant que les parents cueillent, une amie garde les enfants.</p>
<p>En après-midi, la température monte au-delà des 40 degrés. « Les cerises deviennent vraiment molles, explique Raphaël, et le risque de les endommager est plus élevé. » Avec des enfants, ce scénario est idéal puisque « tu peux aller à la rivière, à la montagne, faire ce que tu veux à partir de midi. »</p>
<p><strong>Nomadisme</strong></p>
<p>Raphaël grandit dans un milieu où l’ambition semble la seule voie d’avenir. Mais toutes les perspectives de carrière le laissent indifférent. Il rêve plutôt d’être garde - forestier.</p>
<p>Après les récoltes de 2001, les petits métiers hivernaux incitent Raphaël à retrouver les grands espaces de l’Ouest dès le printemps. « Aujourd’hui quand vient le printemps, explique-t-il, j’ai le choix de gagner ma vie d’une très belle manière ici ou rester au Québec et me trouver un emploi dont je n’ai pas envie. » En compagnie de sa conjointe, rencontrée en 2004, il réalise qu’il peut respecter ses valeurs : travailler en plein air l’été, passer du temps à élever ses enfants l’hiver.</p>
<p>Et le futur, cet incontournable ? Raphaël anticipe un changement de réalité avec l’éventuelle entrée à l’école des enfants. Sa conjointe étudiera en soins infirmiers ; pour sa part, il est déjà ébéniste. Mais il déclare ensuite – peut-être en réponse à l’appel de l’aventure au fond de ses yeux : « Ce que je prévois, c’est d’y retourner de temps en temps, tout au long de ma vie. Juste parce que j’aime ça. » ■</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/le-cueilleur-le-plus-rapide-de-louest/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Anna, cette &#171;&#160;soeur&#160;&#187; oubliée</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/8601/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/8601/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 12 May 2011 16:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8601</guid>
		<description><![CDATA[Lillian Boraks-Nemetz a 6 ans lorsque sa vie bascule. Petite fille juive, née en Pologne en 1933, elle et sa famille sont forcées de rejoindre le ghetto de Varsovie. Elle fait partie des 10 % des enfants qui y ont survécu. Immigrée au Canada depuis la fin de la guerre, elle est devenue écrivain et poète. Une façon de faire face au traumatisme. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Lillian Boraks-Nemetz a 6 ans lorsque sa vie bascule. Petite fille juive, née en Pologne en 1933, elle et sa famille sont forcées de rejoindre le ghetto de Varsovie. Elle fait partie des 10 % des enfants qui y ont survécu. Immigrée au Canada depuis la fin de la guerre, elle est devenue écrivain et poète. Une façon de faire face au traumatisme. </strong></p>
<p>Son visage, étonnamment jeune pour ses 78 ans, ne laisse rien transparaître de l’horreur qu’elle a vécue. Cette horreur, elle la raconte devant la salle comble de l’auditorium où se déroule une cérémonie pour Yom HaShoah, la journée qui, chaque année, commémore l’Holocauste. La salle l’écoute dans un silence complet. Quelques personnes essuient des larmes. D’une voix douce et calme, elle fait le récit de « ce jour qui a changé sa vie et qui a fait d’elle ce qu’elle est devenue ».</p>
<p>C’est le 1er septembre 1939. Lillian, alors âgée de 6 ans, est en vacances avec ses parents et sa petite sœur. Soudain, le ciel d’été se remplit d’avions de guerre et les rires laissent place au bruit des explosions. « Ce jour-là, j’ai vu la peur et la mort », dit-elle, « à partir de ce moment, la vie ne serait plus jamais la même. » Quand Lillian retourne à Varsovie avec sa famille, elle retrouve la maison dévastée et ses jouets d’enfants cassés. <br />
 <strong><br />
 Conditions inhumaines</strong></p>
<p>En novembre 1940, Lilian, ses parents et sa petite sœur, doivent, comme tous les autres juifs de la ville, rejoindre le ghetto de Varsovie. Elle se rappelle la longue file de personnes devant l’entrée du ghetto, certaines accompagnées d’enfants et de personnes âgées, toutes portant des valises ou poussant des chariots pleins de leurs effets personnels. Franchir le point d’entrée du ghetto fut pour Lillian comme « passer du soleil à la nuit ».</p>
<p>Dans le ghetto de Varsovie, qui regroupera jusqu’à 400 000 personnes sur une surface de 3 km2, « c’était sombre et ça sentait mauvais ». La famille de quatre est entassée dans la petite chambre d’un appartement qu’ils occupent avec d’autres familles. Au fur et à mesure, avec l’arrivée de plus en plus de Juifs  dans le ghetto, les conditions de vie se durcissent. Le nombre de calories se restreint à 700 par jour. « On pouvait difficilement marcher dans les rues tant elles étaient jonchées de cadavres. Les enfants mourraient de faim, de maladie ou erraient seuls car orphelins. »</p>
<p>Des juifs du ghetto commencent à être envoyés dans des camps de travail. Mais, petit à petit, la rumeur circule que Treblinka est un camp de la mort. Tout le monde s’est donc mis à vivre dans l’attente, se demandant quand les nazis viendraient les chercher. Un jour, ce fut le tour de Lillian et de sa famille.  Mais, alors que tous marchent dans le ghetto pour rejoindre leur triste destinée, un mouvement de panique se produit. Le père de Lillian profite du chaos général pour pousser sa famille dans un immeuble dont l’une des portes est restée ouverte.</p>
<p>Il décide alors de se faire engager comme garde pour être exempté de déportation. Mais la situation empire dans le ghetto de Varsovie alors, en 1942, il fait appel à ses nombreux contacts [il était un avocat très connu avant la guerre] pour faire sortir ses filles du ghetto. Lillian devait être la première à partir mais elle tombe malade alors c’est sa petite sœur qui prend sa place. « J’avais beaucoup de fièvre alors, quand ma mère me l’a amenée pour que je lui dise au revoir, j’ai refusé… Je ne l’ai jamais revue. »</p>
<p>Quelque temps après, c’est au tour de Lillian. Son père lui confie une valise marron et une lettre qui mentionne qu’elle s’appelle Anna. Peu avant le check point, il lui dit « marche et surtout ne te retourne pas ! » Lillian s’exécute et profite d’un moment d’inattention du garde pour passer le check point. Là, une femme l’emmène en train à la campagne où elle rejoint sa grand-mère et vit sous une fausse identité, celle d’Anna, censée être la fille d’un soldat polonais disparu aux combats.<br />
 <strong><br />
 Marquée à vie</strong></p>
<p>À la fin de la guerre, les parents de Lillian reviennent la chercher. « Ce n’était plus les mêmes parents que j’avais connus. Ils étaient fatigués et tristes. » Ils cherchent la petite sœur mais apprennent qu’elle a été exécutée. Un voisin de la famille qui l’avait accueillie l’avait dénoncée aux nazis. « On nous a raconté qu’un nazi avait ordonné à un soldat polonais de tuer ma petite sœur. Ce dernier a refusé alors le nazi lui a dit : “Si tu ne le fais pas, nous allons tuer ta famille”. Le soldat polonais a demandé à ma sœur de se retourner et il a tiré. » En 1945, une autre petite sœur naît. « Un rayon de soleil » pour Lillian et ses parents.</p>
<p>En 1947, la famille quitte la Pologne pour le Canada. La société n’est alors pas très accueillante pour les survivants comme Lillian et ses parents. Un jour, une femme juive dit à Lillian, « l’Holocauste, ce n’est pas mon problème ». « Jusque dans les  années 1980, personne ne voulait savoir », explique-t-elle. Et de continuer : « Je n’avais personne à qui parler, mes parents ne voulaient pas en discuter. J’ai dû grandir toute seule, ils n’avaient ni temps, ni énergie pour moi. » Ce qu’elle a vécu dans son enfance l’a rendue méfiante, ce qui lui pose des problèmes relationnels. À 19 ans, elle se marie, puis fonde une famille. Un jour, elle tombe en dépression. Pendant toutes ces années, Lillian est restée cachée derrière Anna. Lillian avait repris son prénom après la guerre mais, au fond, elle était toujours Anna. La vraie personnalité de Lillian n’arrive pas à émerger à cette époque. À force de faire semblant, notamment pour plaire à son mari et à ses enfants, elle finit par craquer.</p>
<p>Elle décide alors d’aller à UBC où elle obtient un master en littérature comparée et se met à écrire des poèmes et des romans autobiographiques dans lesquels elle raconte son expérience. Elle obtient d’ailleurs en 1995 le prix Sheila A. Egoff de littérature jeunesse pour son roman The Old Brown Suitcase*. L’écriture fut pour elle une thérapie : « Écrire est douloureux mais en même temps cela soulage ma souffrance. » Une discipline qu’elle enseigne à UBC depuis 1980.</p>
<p>Aujourd’hui, Lillian prépare un 4e roman et une conférence qu’elle donnera bientôt en Pologne, en compagnie d’autres survivants, afin de remplir la mission qu’elle et les autres membres de l’Association des enfants survivants de l’Holocauste de Vancouver se sont fixée : « Raconter leur histoire aussi longtemps qu’ils vivront. »   ■</p>
<p>Fanny Bourel</p>
<p>* paru en français sous le titre Slava</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/8601/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Plus que Ducharme</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/plus-que-ducharme/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/plus-que-ducharme/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 May 2011 16:30:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8479</guid>
		<description><![CDATA[Réalisatrice-productrice-scénariste et présidente du Front des Réalisateurs Indépendants du Canada, Carole Ducharme évolue depuis toujours dans le milieu du cinéma, et depuis plus de 15 ans dans celui de la réalisation. Un défi constant qu’elle mène avec persévérance et sérénité. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Réalisatrice-productrice-scénariste et présidente du Front des Réalisateurs Indépendants du Canada, Carole Ducharme évolue depuis toujours dans le milieu du cinéma, et depuis plus de 15 ans dans celui de la réalisation. Un défi constant qu’elle mène avec persévérance et sérénité. </strong></p>
<p>Le pendentif du collier qu’elle porte représente le « Om », le son prononcé lors de la pratique de la méditation. « Il me pousse à être toujours calme et se-reine », précise Carole Ducharme. Difficile, pourtant, de rester dans cet état d’esprit lorsqu’on est à la fois la présidente du Front des Réalisateurs Indépendants du Canada (FRIC), qui regroupe et soutient les réalisateurs francophones en milieu minoritaire, et une réalisatrice - scénariste - productrice, qui lutte pour vivre de son art sans renier ses convictions personnelles.</p>
<p>Le métier de cinéaste est très difficile. Le talent et la passion ne suffisent pas. Il y a au final peu d’élus tant la concurrence est rude pour décrocher un financement et voir son film produit. La situation est un peu plus facile à la télévision. « On peut écrire un long-métrage sans qu’il soit produit. Il est difficile de trouver des fonds car les demandes sont nombreuses. En télévision, on a plus de chance, car le temps disponible est plus grand », explique Carole Ducharme, qui  après avoir réalisé quatre courts-métrages de fiction, prépare actuellement ses deux premiers longs-métrages : Les femmes de ma vie, une comédie dramatique, et Le donneur, une comédie.</p>
<p>Un métier d’autant plus ardu que Carole Ducharme est exigeante et perfectionniste : « Je veux toujours faire mieux, cela m’aide beaucoup à rendre mon projet plus complexe, à l’amener à un autre niveau pour transcender les clichés et les stéréotypes, et toujours laisser place à une réflexion sur le sujet. » Une démarche qu’elle applique notamment dans l’écriture de ses comédies, un peu à la manière de Little Miss Sunshine ou des films d’Étienne Chatiliez qu’elle cite parmi les œuvres qui l’inspirent.</p>
<p>Mais conjuguer le goût du public avec celui de la réalisatrice est  parfois compliqué. Alors, pour des raisons alimentaires, Carole Ducharme a dû faire des compromis et accepter de travailler sur des émissions de téléréalité sur le hockey ou encore sur la perte de poids. « Cela fait mal à mon âme » regrette-t-elle. Je trouve [ces programmes] horribles à regarder  alors je n’ai pas envie de travailler dessus. » Mais elle tient à conserver un équilibre entre ses convictions personnelles et les nécessités monétaires. « On m’a offert de travailler sur des émissions où les gens se battaient mais j’ai refusé […], je n’étais pas assez désespérée. »</p>
<p><strong>Du courage</strong></p>
<p>Avec toutes ces difficultés, Carole Ducharme ne songe-t-elle pas parfois à arrêter ? « Tous les jours », répond-elle dans un grand éclat de rire. « Je me demande ce que je pourrais faire qui soit plus rémunérateur, meilleur pour ma santé physique et mentale et moins frustrant, car on nous dit souvent non [dans ce milieu]. » Les récompenses qu’elle a obtenues dans des festivals l’aident à ne pas baisser les bras : Prix du meilleur court-métrage du festival Women in Film de Seattle pour Straight in the Surburbs et du Female Eye Film Festival de Toronto pour Ben voyons, Camille!, prix Blizzard pour son documentaire Les Enfants du Quartier, sélection au festival Hots Docs de Toronto pour le documentaire Man-Made Women / Presque Parfaite.</p>
<p>De toute façon, Carole Ducharme pense qu’elle n’a pas vraiment d’autre choix que de continuer. « Si j’arrête, rien ne va se passer. Mais si je continue, j’ai une chance que quelque chose de positif se produise ». Il faut aussi dire que ce choix de faire du cinéma ne doit rien au hasard et qu’elle s’est bien préparée avant de se lancer dans cette carrière.</p>
<p>Carole Ducharme est en effet tombée dans le milieu du cinéma et de la télévision quand elle était petite. Elle est la fille du comédien Yvan Ducharme, connu pour ses Insolences à la télévision dans les années 1960 et pour son rôle dans le feuilleton Les Bergers dans les années 1970. La carrière de son père a été très ralentie après la survenue d’un cancer du poumon. « J’ai grandi en voyant que le “rien” succédait au “tout” très rapidement. Je comprenais qu’il s’agissait d’un secteur instable. C’est pour cela que j’ai fait des études de Droit ».</p>
<p>Bien qu’ayant toujours eu envie de faire du cinéma, Carole Ducharme décide donc de poursuivre ses études qui l’amènent à se spécialiser en Droit du cinéma. Après avoir été conseillère juridique pour la régie du cinéma au Québec, elle part deux ans à Paris dans des maisons de production, en charge notamment de coproductions internationales comme Mon ami Max du réalisateur Michel Brault, ou encore La madre muerta avec Lio comme actrice principale. Puis, elle devient productrice associée du dessin animé Cybersix pour un studio d’animation de Vancouver. Cette expérience en production est un grand atout pour elle car cela lui permet de se produire elle-même et ainsi de ne pas être dépendante d’un tiers.</p>
<p>Alors qu’elle prépare actuellement deux films et qu’elle écrit une série télévisée intitulée Pourquoi Vancouver ? pour Radio-Canada, Carole Ducharme se dit « calme et sereine » à 47 ans. Car pour mener un projet à son terme, selon elle, il « faut apprendre à se détacher et à ne pas trop s’investir émotionnellement ».■</p>
<p>Fanny Bourel</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/plus-que-ducharme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Du goût et des papilles</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/du-gout-et-des-papilles/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/du-gout-et-des-papilles/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 21 Apr 2011 22:14:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8437</guid>
		<description><![CDATA[Les plaisirs gustatifs l’ont menée jusqu’en Chine. Récompensée par le prix des meilleurs entrepreneurs de l’Île de Vancouver, Gaëtane Palardy, cuisinière de formation, propose depuis l’été dernier des tours gourmets dans la vallée de Comox.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les plaisirs gustatifs l’ont menée jusqu’en Chine. Récompensée par le prix des meilleurs entrepreneurs de l’Île de Vancouver, Gaëtane Palardy, cuisinière de formation, propose depuis l’été dernier des tours gourmets dans la vallée de Comox.</strong></p>
<p>Gaëtane Palardy a troqué toque et habit blanc, après vingt ans passés en cuisine, pour allier ses trois passions : nourriture, voyage et enseignement. Une synthèse qu’elle exprime en citant Confucius : « Choisis un emploi qui te plaît et tu n’auras plus besoin de travailler un jour supplémentaire dans ta vie. »</p>
<p>Gaëtane a grandi au Québec, à Montréal. Des plats familiaux concoctés dans sa province natale par sa mère, elle se remémore les saveurs singulières. Cervelle, bœuf Wellington, agneau&#8230; « C’était peu commun à l’époque », se rappelle-t-elle. La globe-trotteuse, éprise de saveurs lointaines, affine ses goûts pour les plats relevés au fil de ses voyages, après avoir suivi une formation classique à l’école hôtelière.</p>
<p>« Lorsque j’explore un nouveau pays, je m’arrange pour tester les produits locaux, visiter les marchés. Je me rappelle m’être levée un matin à 5 h pour me rendre à l’une des plus grandes criées du monde à Sydney. » Fraîchement rentrée d’Inde, Gaëtane confie avoir un penchant particulier pour les saveurs malaisiennes et thaïlandaises. « Quand je voyage, je rapporte comme souvenirs de la nourriture et des livres de cuisine », s’amuse-t-elle.</p>
<p><strong>Cap sur Vancouver</strong></p>
<p>La Montréalaise d’origine vise au départ la Suisse pour poursuivre sa carrière débutée au Québec. L’Exposition universelle de 1986 modifie ses plans, et comme plus de 20 millions de visiteurs cette année-là, elle se rend à Vancouver.</p>
<p>Partie d’un emploi « banal » à la cafétéria, la jeune femme grimpe les échelons pour finalement atteindre le prestigieux titre de sous-chef à l’hôtel Vancouver de la chaîne Fairmont, où elle fera la connaissance du chef Robert Le Crom, qui – elle l’ignore encore – l’emmènera jusqu’en Chine.</p>
<p>Plus qu’un simple patron, le chef cuisinier l’appuie, tel un mentor, dans un milieu alors dominé par les hommes. « C’est vrai qu’à cette époque, les femmes étaient reléguées à faire les sandwichs,  mais la restauration a beaucoup changé. C’est bien plus civilisé à l’heure actuelle, il y a davantage de femmes, ce qui permet d’équilibrer et d’adoucir l’ambiance. »</p>
<p>Ses tâches quotidiennes de sous-chef la mènent à former continuellement de nouveaux arrivants. Une passerelle idéale pour se lancer dans l’enseignement. La Québécoise décide de ranger son tablier pour enseigner l’art de cuisiner dans un collège de Prince George. Huit ans s’écoulent et, déjà, elle pense à la suite&#8230;</p>
<p>De passage à Vancouver, elle retrouve le Chef Le Crom, en partance pour la capitale chinoise. Le cuisinier a été sélectionné pour nourrir les athlètes canadiens aux Jeux olympiques de Pékin. « J’étais déjà allée en Chine mais au sud du pays, à Canton et Hong-Kong, se remémore-t-elle,  je lui ai demandé en plaisantant s’il avait besoin d’un plongeur. » Prise au mot, Gaëtane est intégrée à l’équipe et s’envole à Pékin pour un mois. « La nourriture était excellente au village olympique, nous servions 22 000 repas par jour dans une salle pouvant accueillir 5 000 convives, détaille-t-elle, ravie. Notre petit restaurant intimiste permettait aux athlètes canadiens de se détendre et de manger des mets comme à la maison. »</p>
<p><strong>Vie sur l’île</strong></p>
<p>Une nouvelle orientation se dessine à son retour. Après une formation rapide en Management, Gaëtane achète en 2006 une maison à Comox, aux cœur de l’Île de Vancouver, et peaufine son projet d’entreprise. « Beaucoup de gens s’établissent sur l’île et changent de vie et de métier. »</p>
<p>Depuis l’été dernier, son entreprise Island Gourmet Trails propose avec succès des tours gourmets, en anglais et en français. Récompensée l’été dernier par le prix des meilleurs entrepreneurs de l’Île de Vancouver, la quinquagénaire organise des tours sur mesure pour les touristes et les gens du coin. Poisson fumé, marché fermier, vignoble ou fabrication de pâtes fraîches, l’île regorge de spécialités régionales.</p>
<p>Plus que les aliments biologiques, c’est la fraîcheur et donc la proximité des produits qu’elle privilégie : « Tous les petits producteurs ne peuvent pas faire du 100 % biologique, ça ne veut pas pour autant dire que leurs champs sont survolés par des avions qui délestent des pesticides, ils vont au contraire travailler de façon artisanale. »</p>
<p>Et finalement, pour la combler, rien de très recherché. Gaëtane opte pour la simplicité : « J’aime descendre vers les quais en bicyclette pour pêcher des petites crevettes sucrées, un délice avec du mesclun frais. »■</p>
<p>Charlotte Houang</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/du-gout-et-des-papilles/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Trublion artistique</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/trublion-artistique/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/trublion-artistique/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Feb 2011 16:30:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8148</guid>
		<description><![CDATA[« Young Tuc », c’est ainsi qu’en 1987 le New York Times a qualifié Serge Guilbaut, professeur agrégé d’Histoire de l’art à UBC, une expression qu’il traduit lui-même par « emmerdeur ». Mais cela ne l’a pas dérangé, au contraire « c’était agréable » dit-il. Parcours d’un iconoclaste truculent qui a contribué à révolutionner la manière dont on a longtemps pensé l’Histoire de l’art. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Young Tuc », c’est ainsi qu’en 1987 le New York Times a qualifié Serge Guilbaut, professeur agrégé d’Histoire de l’art à UBC, une expression qu’il traduit lui-même par « emmerdeur ». Mais cela ne l’a pas dérangé, au contraire « c’était agréable » dit-il. Parcours d’un iconoclaste truculent qui a contribué à révolutionner la manière dont on a longtemps pensé l’Histoire de l’art. </strong></p>
<p>C’est dans le Sud-Ouest de la France, d’où il est originaire, que  Serge Guilbaut a commencé à s’intéresser à l’art. Étudiant en Littérature, il tient aussi une discothèque dans un château médiéval dans une station de ski des Pyrénées, est critique de cinéma et fait des films avec des copains. Un jour, tous partent ensemble en 2CV découvrir plusieurs pays méditerranéens. « Je regardais toutes ces ruines et je n’y comprenais rien, alors j’ai décidé de prendre des cours d’Histoire de l’art. »</p>
<p>Mais il trouve que les professeurs sont ennuyeux et ne parlent pas assez des nouvelles idées apportées par les intellectuels de l’époque comme Roland Barthes ou Michel Foucault. Ses amis américains, parmi lesquels celle qui deviendra sa femme, l’incitent alors à venir aux États-Unis. <br />
 <strong><br />
 Art de vivre</strong></p>
<p>En 1974, il obtient une bourse de l’ambassade des États-Unis en France et part étudier à UCLA en Californie. À cette époque, l’art y est enseigné comme en France. Alors, avec une dizaine d’autres étudiants, ils décident de changer la manière dont on pense l’Histoire de l’art et créent un département qui étudie l’art et la politique. « Nous étions surtout intéressés par ce que l’œuvre avait à dire, par le message des artistes. » Car « l’art n’est pas simplement beau, il fait partie de la vie, il faut s’intéresser aux ressorts de l’art ».</p>
<p>Alors qu’il comptait faire sa thèse sur les beatniks, Serge Guilbaut est amené à travailler avec l’historien d’art T.J. Clark sur le thème de l’expressionnisme abstrait, qui a déplacé l’épicentre artistique de Paris à New York. On l’avertit alors que tout a déjà été dit sur ce thème mais Serge Guilbaut est têtu et décide même d’écrire un livre : Comment New York vola l’idée d’art moderne. Publié en 1983, cet ouvrage est un succès aux États-Unis mais il essuie aussi de sévères critiques.</p>
<p>Le Museum of Modern Art de New York (MoMA) lui en a voulu d’avoir montré comment l’art abstrait était devenu pendant la Guerre froide un instrument de la propagande américaine face au communisme. L’art abstrait était en effet un symbole de liberté, valeur que les Américains défendaient. Les expositions du MoMA organisées en Europe, à cette époque, étaient également l’opportunité de montrer les États-Unis comme un pays cultivé.</p>
<p><strong>Esprit critique </strong></p>
<p>Lorsque qu’en 1978, UBC lui offre un poste de professeur d’Histoire de l’art, Serge Guilbaut accepte car il souhaite rester sur la côte Ouest. Un travail qui, pour lui,  n’en est pas un. « On ne s’ennuie pas, c’est amusant d’enseigner aux jeunes, surtout quand on les voit surpris de ce qu’on dit. On s’aide mutuellement. » Depuis plus de 30 ans, il enseigne donc l’Histoire de l’art mais il travaille surtout à former ses étudiants afin qu’ils ne disent pas tous la même chose. « On se bat pour ça, on essaie d’avoir des gens qui pensent par eux-mêmes pour qu’ils développent un esprit critique différent du nôtre. »</p>
<p>Un principe qu’il regrette de ne pas voir partagé par les conservateurs des musées. « Les musées, qui auraient pu être le lien entre l’art et le grand public, ne font pas leur travail […]. Il faut inviter les gens à penser sinon l’art ne les intéresse pas. » Et de  déplorer que « les musées ne font que des choses positives, or le monde n’est pas comme ça. Mais si les conservateurs font dans le négatif, ils sont virés ».  Une situation qu’il met notamment sur le compte du financement de beaucoup de musées par des grands donateurs qui veulent tout contrôler.</p>
<p>Le travail de Serge Guilbaut et de ses collègues porte pourtant ses fruits puisqu’un groupe d’étudiants de Vancouver a récemment réussi à se faire connaître d’abord à l’extérieur de Vancouver en comprenant qu’il fallait articuler un discours international. Un succès qui n’étonne pas Serge Guilbaut qui considère qu’il n’y a plus besoin d’être à New York ou à Paris pour penser et changer le monde. « New York est ankylosé. Des endroits comme Vancouver, c’est là où il y a de la vie […]. On peut dire des choses intelligentes de n’importe où notamment grâce à Internet. C’est excitant ! »</p>
<p>Serge Guilbaut travaille aujourd’hui à l’organisation d’une exposition à Madrid qui portera sur l’intérêt des Français pour l’art latino-américain à la fin des années 1950 et qui mêlera cinéma, littérature, art et politique. Une manière originale de faire ce qu’il connaît bien puisqu’il a été le commissaire de l’exposition à succès Be-Bomb : L’art de l’après-guerre en Europe et aux États-Unis. Cet événement artistique s’est déroulé, en 2007,  au Musée d’Art Contemporain de Barcelone. Et puis, il revient également à son premier amour : le cinéma. Il compte prochainement tourner un documentaire sur la rivalité franco-américaine et l’art de l’après-guerre, un sujet qu’il ne manquera pas de traiter avec un sens de la polémique.■</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/trublion-artistique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La panseuse d&#8217;âmes</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/la-panseuse-dames/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/la-panseuse-dames/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Feb 2011 16:30:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=7974</guid>
		<description><![CDATA[« Le 12 janvier, la terre a tremblé mais elle a aussi fait trembler les cœurs et les âmes. » C’est par ces mots que Nicole Aubé, psychologue de Vancouver en mission humanitaire à Haïti, a choisi de débuter ses séances de thérapie de groupe avec les rescapés du tremblement de terre. Rencontre avec une femme simple et chaleureuse qui, même après 30 ans de pratique, reste « fascinée par les humains ». ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Le 12 janvier, la terre a tremblé mais elle a aussi fait trembler les cœurs et les âmes. » C’est par ces mots que Nicole Aubé, psychologue de Vancouver en mission humanitaire à Haïti, a choisi de débuter ses séances de thérapie de groupe avec les rescapés du tremblement de terre. Rencontre avec une femme simple et chaleureuse qui, même après 30 ans de pratique, reste « fascinée par les humains ». </strong></p>
<p>Quelques minutes passées avec Nicole Aubé suffisent à comprendre que cette Québécoise d’origine ne s’est pas trompée en choisissant de devenir psychologue. Très tactile, elle considère que son « rôle est d’aider les gens » tout simplement. C’est en 1982, juste après l’obtention de son doctorat en psychologie, qu’elle quitte Montréal pour suivre son mari nommé professeur de psychologie à UBC.</p>
<p>Et puis, il y a quelques années, elle s’entend dire à l’une de ses patientes : « Il faut réaliser ses rêves. » Celle pour qui l’humanitaire a toujours été un désir décide donc de contacter Médecins Sans Frontières (MSF). C’est alors le point de départ d’une aventure humanitaire qui va la mener en Tchétchénie, au Congo puis, en 2010, en Haïti. <br />
 <strong><br />
 Souffrances psychologiques</strong></p>
<p>C’est en mars dernier que Nicole Aubé arrive en Haïti avec comme mission de veiller à la santé mentale des 700 membres du personnel de MSF-Holland, des Haïtiens pour la plupart qui ont perdu des proches dans la catastrophe. Elle parvient pendant les quatre semaines que dure son séjour à rencontrer environ 450 employés lors de thérapies de groupe de 2-3 heures ou de rencontres individuelles d’une heure.</p>
<p>« Ils n’avaient encore jamais vu de psychologue mais étaient flattés que l’on s’inquiète pour eux. Chacun d’entre eux voulait me raconter précisément comment ils avaient vécu ce qui s’était passé le 12 janvier à 16 h 50. » Des rescapés qui sont autant traumatisés par le tremblement de terre lui-même que par les jours qui ont suivi, marqués par l’attente des secours.</p>
<p>« Des morceaux de corps jonchaient le sol, des victimes suppliaient qu’on les aide mais ils n’avaient pas les moyens de les aider. Ce sentiment d’impuissance à voir des gens mourir les a beaucoup marqués. Ils m’ont tous dit “J’ai abandonné ces gens”. L’autre thème qui revenait souvent, c’est l’impossibilité d’avoir pu enterrer leurs morts. »</p>
<p>Face à la menace du choléra, les victimes ont, en effet, été inhumées dans des fosses communes. « Or, on ne leur avait pas précisé que c’était nécessaire, pour éviter le choléra. Ils étaient contents d’avoir une explication car ceux qui ne voient pas le corps de leurs morts ont beaucoup plus de difficultés à faire leur deuil ».</p>
<p>Les 25 années d’expérience en matière de stress post-traumatique accumulées par Nicole Aubé au contact des adolescents victimes d’abus sexuels ainsi que des policiers de la GRC lui ont permis d’identifier les Haïtiens les plus à risque. Ce trouble de l’anxiété se traduit notamment par des dérèglements persistants de l’appétit, du sommeil et de la mémoire.</p>
<p>Lors de sa seconde mission à Haïti en août, Nicole Aubé a pu effectuer un suivi et s’assurer que ces personnes allaient pouvoir bénéficier sur le long terme de soins délivrés par un psychologue local, payés par MSF. Environ 10 % des Haïtiens qui ont survécu au tremblement de terre ont développé un stress post-traumatique, contre 30 % des victimes de Katrina [Ouragan qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en août 2005, ndlr]. Une différence qui, selon Nicole Aubé, s’explique par le fait qu’en Haïti les gens ont participé à la reconstruction et donc à la recherche de solutions.</p>
<p><strong>Des expériences humainement très riches</strong></p>
<p>La difficulté des missions ne décourage pas Nicole Aubé. La dangerosité non plus. Elle déclare n’avoir jamais eu peur malgré son évacuation en urgence de Tchétchénie après la découverte d’un plan de rapt ou malgré les nuits ponctuées de réveils au son des mitraillettes lorsqu’elle était au Congo. « On apprend toujours de la vie. Ce sont des expériences formidables. Quand je reviens, je suis revigorée, j’ai encore plus d’énergie. C’est une expérience humaine profonde. »</p>
<p>À l’aube de ses 60 ans, Nicole Aubé est bien décidée à continuer son métier de psychologue dans lequel elle « embarque à 100 %, avec [son] authenticité et [sa] passion » et à poursuivre son rêve d’enfant. Au printemps, elle repart en effet en Afrique pour une nouvelle mission humanitaire…■</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/la-panseuse-dames/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Invitation au voyage</title>
		<link>http://www.lexpress.org/portrait/invitation-au-voyage/</link>
		<comments>http://www.lexpress.org/portrait/invitation-au-voyage/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2011 16:30:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=7896</guid>
		<description><![CDATA[Le livre Partir dès l’aube de Jean-Claude Boyer vient d’être réédité. Avec ces 32 récits, l’auteur espère inciter les lecteurs au voyage. Portrait d’un auteur qui passe sa vie entre deux vols.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le livre Partir dès l’aube de Jean-Claude Boyer vient d’être réédité. Avec ces 32 récits, l’auteur espère inciter les lecteurs au voyage. Portrait d’un auteur qui passe sa vie entre deux vols.</strong></p>
<p>À celui qui se définit comme « sensibilité créatrice », l’écriture de son recueil de nouvelles Partir dès l’aube relevait d’un désir de garder sa mémoire vivante, ses émotions intactes. Et de revivre ses voyages, matrices de ses récits. Car, explique Jean-Claude Boyer, bonhomme rond et guilleret, « sans les voyages, je peux difficilement m’imaginer tel que je suis aujourd’hui. »</p>
<p>Rien ne prédestinait en effet l’auteur, anciennement étiqueté « Roi des timides », à une vie de globe-trotteur, lui qui a visité plus d’une trentaine de pays.  Né en 1944, au Québec, Jean-Claude Boyer est envoyé à l’âge de douze ans au juvénat de la congrégation Sainte-Croix, où il devient novice, car, dit-il avec une ironie un peu amère, « Dieu m’avait choisi pour envoyer mes proches au ciel ». L’homme de Dieu le reste, contraint durant quinze ans au cours desquels il enseigne au sein de la communauté et obtient une maîtrise en langue et littérature française.</p>
<p>Le ton se fait plus grave lorsque Jean-Claude Boyer se souvient avoir failli « devenir fou » : « J’étais enrobé d’une soutane noire. » Jusqu’au souvenir pesant et chargé de douleur de son envie d’en finir. Et puis, le désir de partir, comme un sursaut de vie : « J’ai décidé d’ouvrir la fenêtre et d’aller voir le monde. Avant, je me demandais, est-ce que ça vaut la peine de vivre. Après mon tour du monde, c’est évident ! La vie est une fantastique ouverture sur le possible, et pas seulement un cheminement de la naissance à la mort. »</p>
<p><strong>Repartir à zéro</strong></p>
<p>Jean-Claude Boyer fuit d’abord « la froidure de l’hiver québécois » et s’éloigne de ses proches « pour mieux s’en rapprocher davantage » dans la mesure où « ils avaient trop d’influence » sur lui. Il installe son pied-à-terre à Vancouver, dans un quartier « huppé » souligne-t-il avec son verbe incisif. « J’ai déménagé avec l’ensemble de mon être. Je me suis rendu compte que j’étais prétentieux car je ne voulais pas que les autres me voient tel que j’étais ».</p>
<p>Sa passion des voyages est intimement liée à celle de l’écriture. En 1985, lorsque son premier récit manuscrit intitulé Noël à Bethléem est publié dans le journal Le Soleil de Colombie, l’auteur se souvient : « J’étais tellement heureux ! J’ai commencé à rêver de partager mon expérience autour du monde. »</p>
<p>Depuis, les récits de voyages ne se comptent plus. « J’aime faire couler l’encre sur les choses que j’ai apprises », justifie ce Verlaine des temps modernes. « J’écris d’abord pour moi-même, pour mon plaisir personnel, mais il est important pour moi de partager avec les autres. »</p>
<p>À chaque nouvelle son héros. Un jeune Québécois, une Bretonne, un couple d’amis… Mais dans chacune des histoires racontées, Jean-Claude Boyer transparaît sans peine : « Je me prête, j’emprunte la personnalité d’un personnage fictif, c’est toujours moi. » Ainsi, l’unique spectateur d’une pièce de Katmandou, le visiteur ému du village Oradour, ou encore le jeune homme découvrant les joyeusetés du voyage improvisé en Inde, tous sont animés par le souvenir vivace de l’auteur. Et par l’empreinte de ses rencontres, riches et au moins aussi importantes que les découvertes en elles-mêmes. « Vous pouvez connaître toute l’histoire d’un pays en ouvrant une encyclopédie ou en regardant sur Internet. Mais quand les gens vous racontent cette histoire avec les yeux qui brillent, quand vous sentez qu’ils la vivent, c’est tout à fait différent. »</p>
<p>Partager les routines quotidiennes, s’imprégner des odeurs et des bruits, apprendre au moins un mot, et surtout, s’obliger à tenir régulièrement un journal, le compagnon par excellence, c’est ainsi que Jean-Claude Boyer se représente les voyages. « À chaque retour, j’ai envie de repartir à zéro, de recommencer, sachant que ma vie ne peut plus être la même. »</p>
<p><strong>Se détacher de la vie </strong></p>
<p>Les anecdotes sont emplies de la sensibilité d’un homme capable de chanter l’un de ses propres poèmes d’une voix transpirant la sincérité. Souvent, un trait d’humour habilement survenu souligne l’écriture légère et fluide de l’auteur, ponctue les péripéties : « J’aime mieux rire que pleurer…Même si j’en ai le droit ! ». Allégé par tant de confidences déversées, l’auteur s’arrête un instant, observe sa main tremblante, esquisse une moue contrariée. Puis sans transition, l’esprit désordonné voguant d’une pensée à l’autre, Jean-Claude Boyer lance : « Finalement nous sommes tous pareils, nous avons des hauts et des bas, et tous, un jour ou l’autre, ressentons une tentation plus ou moins forte de mourir, de nous détacher de la vie. » Et de poursuivre : « Après un tour du monde, il est évident que la vie vaut la peine, c’est fantastique ! »</p>
<p>Dans son travail, Jean-Claude Boyer se fait juge et partie. Les critiques négatives sont accueillies comme « un dragon en face duquel je cultive l’indifférence ». Intransigeant avec les lecteurs « qui doivent pouvoir lire entre les lignes sans que l’on ait besoin de tout dire », l’auteur estime acheminer leur pensée vers l’ensemble du chapitre, introduisant chacun d’eux par une citation, parfois de sa composition. N’hésitant pas à accoler son nom au-dessus de celui d’Honoré de Balzac&#8230; Hasard insouciant d’un homme resté perché à force de s’envoler toujours plus haut, toujours plus loin ? Le dernier projet en date de Jean-Claude Boyer est l’écriture de son autobiographie. « Si une seule personne se reconnaissait, cela me suffirait. » Vaste ambition d’un auteur.■</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.lexpress.org/portrait/invitation-au-voyage/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
