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	<title>L&#039;Express du Pacifique &#187; Opinion</title>
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	<description>Votre Journal Francophone de Colombie-Britannique</description>
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		<title>Marx et les Ferrailleurs</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Nov 2011 17:12:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[barbier]]></category>
		<category><![CDATA[thierry]]></category>

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		<description><![CDATA[La crise économique mondiale et sa mauvaise gestion a ses effets. Le peuple réclame le pouvoir. La démocratie est en danger. Le 15 mai 2011, Puerta del Sol à Madrid, un groupe de manifestants a offert son temps de gloire à un socialiste écolo français dont ils ont pris le nom dérivé du titre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La crise économique mondiale et sa mauvaise gestion a ses effets. Le peuple réclame le pouvoir. La démocratie est en danger.</strong></p>
<p>Le 15 mai 2011, Puerta del Sol à Madrid, un groupe de manifestants a offert son temps de gloire à un socialiste écolo français dont ils ont pris le nom dérivé du titre de son pamphlet¹. Stéphane Hessel bénéficie de la contagion mondiale et devient une vedette. Ce révolutionnaire prônant le pacifisme, catégorie de combattants la plus dangereuse, profite d’un passé aussi respectable qu’honorable pour faire passer un message hérité de Marx et Engels. </p>
<p>La technique, connue et décidément très à la mode, avait été dénoncée par Orwell en 1945 : se servir de valeurs humanistes auxquelles on ne peut qu’adhérer pour essayer d’imposer des solutions partisanes à des problèmes sociaux ou politiques, dans son cas très disparates. Je suis indigné. </p>
<p><strong>Où va-t-on ? </strong></p>
<p>Je constate que les craintes que j’évoquais² il y a un an et demi étaient justifiées. À part Stephen Harper pour le Canada et Angela Merkel pour l’Allemagne, les autres dirigeants occidentaux semblent avoir une drôle de notion de la rigueur budgétaire. Et trop tard pour ceux qui l’ont compris, comme en Grèce. Certains comme Nicolas Sarkozy, monsieur taxes, ont même le culot d’appeler économies une augmentation de la pression fiscale. Mais là, bizarrement, personne ne s’indigne. La tendance à un protectionnisme dangereux se fait également sentir un peu partout. Au moment où une bonne partie du monde s’apprête à voter, la Chine s’enrhume, la zone euro est grabataire et les États-Unis sont empêtrés dans leur manque de vision. </p>
<p><strong>Extrême gauche </strong></p>
<p>Le capitalisme et la société de consommation, dont nous bénéficions à peu près tous, ont le défaut d’avoir endormi les peuples dans leur confort individuel les empêchant de voir les mouvements idéologiques menaçants s’infiltrer dans les décisions après quarante ans de sommeil larvé. Ces organisations profitent de la faiblesse actuelle des gouvernements pour copier les mouvements légitimes des populations exsangues de Grèce ou d’Espagne et s’insurger contre le système. Pour ensuite réclamer le pouvoir. </p>
<p>Mais qui sont ces Indignés, ces 99 % comme ils disent ? N’amalgamons pas une famille grecque qui lutte pour survivre avec des bobos montréalais qui manifestent pour le « développement durable », terme aussi idiot que dénué de sens autre qu’idéologique. Quant aux campeurs d’Occupy Vancouver, les couleurs et les poings gauches levés de leur site Internet rappellent sinistrement les affiches bolchéviques. Le peuple espagnol se rebiffe contre la rigueur budgétaire. Logique. À New York, certains ont dépoussiéré les pancartes pacifistes de la guerre du Vietnam pour se fondre, comme ailleurs, avec les antimondialisations, les protectionnistes, les végétariens, les antinucléaires, les anarchistes, les écolos bien sûr, tous les gauchistes et même les syndicats. Bref, Michael Moore a remplacé Jane Fonda. Contre le système et les banques et finalement contre tout et rien. </p>
<p>Ah, les banques. Les boucs émissaires, car il en faut. Symboles par excellence. L’attaque se fait au coeur. La cible, le système capitaliste. Les excès et les dérapages de certaines institutions financières ouvrent la brèche et salissent l’eau du bain. La cohorte de militants en profite pour essayer de jeter avec le bébé qui n’a jamais été accepté. Ironie et limite du combat, les antimondialisations, altermondialistes comme ils aiment s’appeler eux-mêmes, ne sont pourtant certainement pas près d’abandonner leur iPhone, icône parmi d’autres du système qu’ils dénoncent. </p>
<p><strong>Démocratie ou non </strong></p>
<p>Juste derrière, la cible qui se profile est la démocratie telle qu’on la connaît. On entend parler de démocratie directe ou de démocratie participative. Les gouvernements élus ne gouverneraient plus pour le peuple. C’est le peuple qui gouvernerait lui-même. Rêve de retour au combat pour la lutte des classes, la dictature du prolétariat. Sus au capital. L’État omniprésent est réclamé. Il a pourtant déjà trop tendance à s’immiscer dans la vie privée sous prétexte de santé ou de sécurité. </p>
<p>En somme, Stéphane Hessel et ses émules se battent pour instaurer l’opposé de la liberté. Le collectivisme est en marche. La France en tête essayant d’entraîner l’Europe. Le Canada résiste fortement pour l’instant. J’ai moins d’inquiétude pour les États-Unis. </p>
<p>L’histoire nous apprend que les pires régimes ont pris racine dans les périodes de crises en puisant dans les bons sentiments. La demande rationnelle de changement favorise alors l’émergence de mouvements à caractère dictatorial basés justement sur le thème du peuple au pouvoir. </p>
<p>En somme, Stéphane Hessel et ses émules se battent pour instaurer l’opposé de la liberté. Le monde qu’il prône risque d’élargir la route vers le totalitarisme. <br />
Indignons-nous.</p>
<p>Thierry Barbier</p>
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		<title>Une lueur d’espoir pour la musique en C.-B.</title>
		<link>http://www.lexpress.org/opinion/une-lueur-d%e2%80%99espoir-pour-la-musique-en-c-b/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 19:20:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;avenir peut sembler bien terne pour les jeunes musiciens qui cherchent à faire carrière. L’industrie est majoritairement contrôlée par de grandes maisons de disques qui diffusent la même musique partout et hésitent à miser sur de jeunes chanteurs encore inconnus. En parallèle, les fans sont parfois prêts à payer 150 $ pour entendre leurs artistes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&#8217;avenir peut sembler bien terne pour les jeunes musiciens qui cherchent à faire carrière. L’industrie est majoritairement contrôlée par de grandes maisons de disques qui diffusent la même musique partout et hésitent à miser sur de jeunes chanteurs encore inconnus. En parallèle, les fans sont parfois prêts à payer 150 $ pour entendre leurs artistes préférés chanter en play-back dans un grand stade, mais sont réticents à dépenser 10 $ pour un groupe local pourtant plein de potentiel. Cependant, il y a une lueur d’espoir !</strong></p>
<p>Aujourd’hui, les médias sociaux permettent aux musiciens de faire découvrir leur production et de promouvoir leurs concerts de manière beaucoup plus large qu’avant. Mais le problème pour eux reste encore de se faire connaitre, et donc pour cela, de monter sur scène pour prouver leur talent. Car c’est le degré de soutien du public qui va determiner leur avenir comme artistes ! Les jeunes musiciens se sont donc mis à proposer gratuitement des chansons sur Internet, mais pouvoir donner des concerts gratuits, comme la ville de Vancouver leur en a offert l’occasion, est pour eux une chance inespérée.<br />
 <strong><br />
 JO : un héritage culturel</strong></p>
<p>Lors des Jeux olympiques de 2010, Vancouver a ouvert sa scène musicale aux artistes, avec presque 200 concerts gratuits organisés en deux semaines. Et le succès a été au rendez-vous. Un concert d’Alexisonfire a même dû être rapidement arrêté parce que la foule devenait incontrôlable. Contre toute attente, les manifestations culturelles mises en place dans le cadre des Jeux olympiques semblent avoir donné aux Vancouvérois le goût de la musique. Après les Jeux olympiques, les banlieues ont commencé elles aussi à organiser, avec le même succès, des concerts ouverts à tous de groupes de rock indépendants et locaux. Tout le monde a enfin pu découvrir la richesse de la scène musicale de la Colombie-Britannique, et s’est rendu compte du véritable talent de groupes comme Mother Mother ou Said The Whale. Des gens qui étaient simplement venus pour passer un bon moment en écoutant de la musique sont repartis avec une nouvelle vision, différente, de la musique. Peut-être même que certains d’entre eux ont acheté un CD du groupe !</p>
<p><strong>L’exemple de Dan Mangan</strong></p>
<p>La ville n’a pas hésité pas à inviter des artistes indépendants pour les encourager, ce qui a fait naître une passion pour un style de rock indépendant folklorique. C’est ce qui a, par exemple, permis à Dan Mangan, un chanteur de 28 ans originaire de Smithers, de percer sur la scène locale, au point qu’il est aujourd’hui considéré comme un véritable artiste vancouvérois. Il l’a d’ailleurs lui-même bien expliqué : « <em>Je pense qu’il y a une scène vraiment géniale qui a émergé, ici à Vancouver, et quand j’ai commencé à donner des concerts, je ne pense pas que cela existait vraiment. [Avant], Vancouver était le domaine de Nickelback*. [...] Maintenant, ce groupe a vraiment perdu du terrain sur les ondes de la radio locale </em>». Et comme l’a dit Gregor Robertson, maire de<br />
 Vancouver, lors du concert de célébration du 125e anniversaire de Vancouver au Parc Stanley : « Dan utilise son talent et son charme non seulement pour voyager autour du monde comme ambassadeur, mais aussi pour aider sa ville ». Mangan a joué deux heures [une heure de plus que prévu], et quand la dernière note a fini de résonner, la foule nombreuse est<br />
 restée muette d’admiration.</p>
<p>Tous ces concerts gratuits ont révélé au public qu’il existe une musique différente de celle qu’ils entendent dans le top 40, une musique plus authentique qui représente leur région. Les concerts gratuits ayant eu du succès, Vancouver doit continuer d’offrir de telles opportunités qui profitent à tous. Nous avons le pouvoir d’influencer l’avenir de la musique à un moment critique de son histoire. Nous devons donc continuer à encourager nos héros locaux pour qu’ils puissent non seulement faire carrière, mais aussi développer notre identité musicale.</p>
<p><em>* groupe de rock originaire de l’Alberta</em></p>
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		<title>Senteurs et tremblements</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Jul 2011 15:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[En dépit des catastrophes naturelles, le Japon reste l’un des maîtres dans l’art du jardin. Normand Hébert rend hommage à ces lieux hautement symboliques et majestueux que sont les jardins japonais. Il évoque, précisément, un endroit sorti de son imaginaire : le jardin de Sendaï. L’autre jour, je me suis mis à rêver d’un jardin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En dépit des catastrophes naturelles, le Japon reste l’un des maîtres dans l’art du jardin. Normand Hébert rend hommage à ces lieux hautement symboliques et majestueux que sont les jardins japonais. Il évoque, précisément, un endroit sorti de son imaginaire : le jardin de Sendaï.</strong></p>
<p>L’autre jour, je me suis mis à rêver d’un jardin à la fois zen et japonais. À distance, je pouvais discerner des formes de vie que l’on reconnaît que tout naturellement dans le paysage qui nous entoure. À l’intérieur, on y comptait deux imposantes pierres assises, l’une mâle, l’autre femelle et veinée de couleurs. Mais avant tout et tout autour, l’eau immobile présentait un monde d’éléments, un univers, le nôtre comme si ce que je voyais avait été déposé à mes pieds.</p>
<p>Au-delà des pierres, un pont en forme d’arc-en-ciel, mais construit de bois et sur lequel étaient penchés deux visiteurs admiratifs. Dans l’eau transparente, de lourdes carpes rouges ou grises mangeaient ce que le fond voulait bien leur offrir de particules de toutes sortes. Un tableau tiré du réel, complet et réussi où m’apparaissait un vallon, devant, une bande de verdure ornée de végétaux aux motifs printaniers. Bienvenue au jardin de Sendaï.</p>
<p><strong>Jardin semi-nordique</strong></p>
<p>Un amélanchier blanc de fleurs accompagnait un pin recourbé, battu par le vent. Ensuite, un érable du Japon sur le point de donner des feuilles tandis que sur le versant sud, des cerisiers décoratifs déployant des fleurs tout entières et défiant les forces naturelles parfois si brutales à l’homme et à la vie. Je voyais, bien ancré par une forte tige au lit de l’étang, des fleurs de bouddha, des lotus en devenir. Pour continuer ma visite, des nymphéas, des iris, des pivoines arbustives, véritable atomiseur à parfum, tous en présence de bambou servant de clôture végétale.</p>
<p>Tout de ce paysage montait sur scène comme un spectacle sur le point de commencer. Bien plus, un jardin sec composait la cour intérieure du pavillon. Une mer de graviers dans laquelle se reposaient des îlots de pierres en forme de tortue et non loin, un banc disponible à tous.  Sur ces pierres, des mousses statiques et intemporelles pour l’esprit surchargé de beauté. Pour la cérémonie du thé, une lanterne témoignait du nécessaire temps d’arrêt. Le jardin de Sendaï affichait un silence de grue, où des mains habiles et vigoureuses avaient su donner à la matière, une âme singulière. Que dire de plus de ce jardin semi-nordique sinon qu’il semblait appartenir au simple regard des passants.</p>
<p>Mais un jour de mars, le ciel a basculé. Le jardin de Sendaï a été frappé par l’air salin venu du large et de la puissance des grands fonds. Au même jour de printemps, les oiseaux se sont tus et ce paisible jardin de symboles a soudainement senti toutes ses formes s’entremêler pour se dissoudre dans une mer épaissie et lourde d’objets de toutes sortes. De séisme en raz de marée ; aux survivants de Sendaï, de sa préfecture dévastée, dont la maison et le jardin leur servaient de refuge dans des temps plus sereins, des souvenirs heureux, j’ose espérer, viendront germer et renaître au fond de leur imaginaire.  Au pays nippon, c’est dans l’art inébranlable du jardin à image que chacun puise toute son intensité et beaucoup de patience après tous ces tremblements venus de nulle part.■</p>
<p>Normand Hébert</p>
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		<title>Caméras de surveillance : solution &#171;&#160;poudre aux yeux&#160;&#187; ?</title>
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		<pubDate>Mon, 30 May 2011 16:30:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[L’implantation de caméras de surveillance dans les lieux publics apparaît maintenant comme une évidence sécuritaire. Les politiques des pays occidentaux ont facilement et rapidement convaincu les populations de la nécessité de cette technologie. Mais est-elle vraiment efficace ? Les libertés individuelles sont-elles bafouées ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’implantation de caméras de surveillance dans les lieux publics apparaît maintenant comme une évidence sécuritaire. Les politiques des pays occidentaux ont facilement et rapidement convaincu les populations de la nécessité de cette technologie. Mais est-elle vraiment efficace ? Les libertés individuelles sont-elles bafouées ?</strong></p>
<p>Pourquoi utiliser les caméras de surveillance ? La vidéosurveillance a été introduite à Londres pour la première fois après les attaques de l’I.R.A. (armée républicaine irlandaise) au début des années 1990. On compte maintenant plus de 4 millions de caméras en Angleterre contre 30 000 en France1. Elle a été introduite par les politiques pensant que cette présence permettrait de faire baisser considérablement la délinquance, notamment par son effet de dissuasion.</p>
<p>C’est en fait déjà un échec outre-Manche, de l’aveu même de ses promoteurs. D’après les chiffres relevés sur les sites officiels de la police anglaise2, le nombre de vol est passé de 32 867 en 1996 à 32 555 en 2009, avec un pic en 2001 à 53 000 suivi d’une forte décroissance, sûrement due à la présence militaire dans les rues après les attentats du 11 septembre. Le nombre d’homicides est passé de 184 à 148 dans les mêmes années, avec des pics en 2003 à 204 et une chute en 1996 à 139. </p>
<p>Le nombre total de crimes et délits, Angleterre et Pays de Galles confondus, passe de 4,6 millions en 1997-98 à 4,4 millions en 2009-10. Et les exemples se suivent. Autrement dit, le nombre d’actes de délinquance en Angleterre, pays le plus surveillé au monde, est en fait resté à peu près constant en 20 ans. L’introduction de la télésurveillance n’a en fait aucun effet. Le seul que l’on pourrait lui accorder serait un impact éphémère de dissuasion lors de leur installation.</p>
<p><strong>Pourquoi un tel échec ?</strong></p>
<p>L’argument sécuritaire s’effondre. La faiblesse du dispositif tient à trois éléments : sa mise en œuvre technique, la démesure des objectifs et le facteur humain. En effet, trop confiantes en cette technologie et soucieuses de profiter des subventions du gouvernement, les municipalités ont souvent conçu leurs schémas d’installation précipitamment et certaines caméras sont placées dans des zones où elles se révèlent inutiles. D’autres voient leur champ de vision obstrué par les feuilles des arbres ou par du mobilier urbain ; et pour la moitié des systèmes, les images nocturnes sont inutilisables, souvent trop sombres. </p>
<p>De plus, on attend des caméras qu’elles suppriment les vols, les agressions, le trafic, le vandalisme, les jets d’ordures… Enfin, non seulement le nombre d’écrans dans les salles de surveillance ne correspond pas au nombre de caméras en opération – ce qui revient à dire qu’à tout moment les images d’une majorité des caméras ne sont jamais affichées – mais il est également illusoire de croire que les opérateurs puissent surveiller correctement plus d’un écran à la fois. En conséquence, la plupart des délits échappent tout simplement à la vidéosurveillance.</p>
<p>Face à cette désillusion, les arguments évoluent. Nous sommes passés de la fonction sécuritaire à l’aide à la résolution d’enquêtes policières. En France, face à la montée des crimes et délits, le ministre de l’intérieur Claude Guéant a annoncé fin avril l’apparition de 45 000 caméras de surveillance d’ici la fin de l’année3. Pourtant le même discours avait été tenu par Michèle Alliot-Marie avec 60 000 caméras pour 2009, visant à lutter contre l’insécurité. Ce nouvel effet d’annonce montre juste l’impuissance des États dans ce domaine. L’installation des caméras de surveillance et leur exploitation est à la charge des municipalités. Celles-ci sont donc conduites à collaborer plus étroitement avec la police. Or ce n’est pas le travail des maires d’aider aux enquêtes policières.<br />
<strong><br />
Pourquoi continuer ?</strong></p>
<p>Dans de nombreux pays, cette solution apparaît comme le remède miracle de gouvernements tout simplement incapables de réduire considérablement le taux de criminalité. Les défenseurs des libertés individuelles vous diront que la vidéosurveillance n’est qu’un prétexte de plus pour contrôler nos vies et contribuer toujours plus au système Big Brother. Un monde où tout sera contrôlé par des systèmes dictatoriaux à but commercial supprimant les libertés individuelles. Pas faux. Plus ils vous observent, plus ils connaissent vos besoins, vos désirs et vous dirigent incidemment vers une consommation contrôlée. Mais la plupart des images n’étant jamais visionnées, mieux vaut être plus méfiant à l’égard d’Internet, du téléphone portable et des données numériques que vous utilisez chaque jour. Néanmoins, les caméras restent un facteur à prendre en compte.</p>
<p>La vidéosurveillance n’aboutira jamais à la réduction du taux de criminalité, bien que l’argument soit séduisant et populaire. Les gouvernements, quels qu’ils soient, devraient plutôt penser à éduquer, développer le marché du travail, insérer, réinsérer plutôt que de dépenser des millions dans l’installation de caméras. Bien sûr, elles sont utiles, voire indispensables dans les lieux sensibles comme les aéroports, les gares, les centrales nucléaires ou les musées. Mal exploitées, contraires aux libertés individuelles, elles ne sont plus le remède de sociétés malades de leurs politiques trop répressives et mercantiles.■</p>
<p>Damien Delaye</p>
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		<title>Sortir du Moyen-Âge environnemental</title>
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		<pubDate>Fri, 20 May 2011 16:30:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[Les défis du siècle enrichissent les discours dramatiques environnementalistes pour créer une ambiance morose déjà vécue dans l’histoire européenne.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les défis du siècle enrichissent les discours dramatiques environnementalistes pour créer une ambiance morose déjà vécue dans l’histoire européenne.</strong></p>
<p>La crise économique de 2007 a été l’occasion pour tous de réviser les sciences économiques. Tout le monde aujourd’hui doit savoir que la « Grande Récession » était prévisible. Depuis, on broie du noir : inflation, guerre des monnaies, menaces protectionnistes, déficits budgétaires indomptables, et bulles spéculatives à chaque coin de rue. Si ce discours vous ennuie, il en est de même pour les discours des crises écologiques.</p>
<p>Le parallèle entre une crise économique et une crise écologique est maladroit. Dans le cas économique, les récessions surviennent rapidement et peuvent brutalement changer nos habitudes. Les crises écologiques sont plus lentes, moins comprises et ont des effets globaux souvent difficiles à rapprocher aux activités quotidiennes de chacun. Tel un nuage menaçant annonciateur d’un orage qui n’arrive jamais, le discours dramatique environnementaliste peut être contre - productif si l’on veut réellement avancer vers une solution aux grands défis de ce siècle. <br />
 <strong><br />
 Retour au pessimisme</strong></p>
<p>Imaginez-vous un instant vivre en Europe au Moyen-Âge. La planète sur laquelle vous vivez est plate et fait partie d’un monde très ordonné qui comprend : l’enfer (en dessous de vos pieds), le monde terrestre ou sublunaire dans lequel vous vivez, et, au dessus de votre tête, la perfection des cieux avec sa lune, ses anges et le Tout-puissant. Sur terre, la mort est omniprésente sous forme de vagues successives de destruction, de famines, de guerres et d’épidémies souvent personnifiées par les cavaliers de l’Apocalypse.</p>
<p>Votre espérance de vie est deux fois plus courte que celle de notre époque, mais cela a très peu d’importance : la vie dans le monde terrestre n’est qu’une étape de l’âme – votre unique souci est sa survie dans les cieux. Vous êtes entouré(e) d’une technologie et une infrastructure inventée jadis et de textes grecs que vous ne pouvez pas lire. Ces restes du passé sont les preuves indiscutables que les anciens étaient les seuls porteurs d’un savoir perdu au fil des siècles. Marqué par un début, la Genèse, et une fin très proche, l’Apocalypse, votre monde est en déclin permanent.</p>
<p>Du développement des sciences et la Révolution Industrielle naîtra le monde que nous connaissons : infini et en progrès constant. Mais au XXIe s., l’idée que demain sera un jour meilleur est en train de changer à nouveau. Avec le retour des débats environnementaux, voilà que ressurgit le pessimisme du passé souvent illustré par des thèmes récurrents : l’explosion démographique, le changement climatique, les pics (du pétrole, de l’eau douce, des terres agricoles), la montée du niveau des océans. Autant de notions qui suggèrent un déclin de l’humanité souvent illustré par le cinéma hollywoodien.</p>
<p><strong>Améliorer au lieu de réduire</strong></p>
<p>Dans l’esprit de vouloir éviter une crise proche, la solution est souvent présentée sous forme de « réduction du mal ». En somme, si la pollution a un effet cumulatif,  l’état du monde d’hier était bien meilleur qu’aujourd’hui. Ainsi parle-t-on de réduire ou de recycler pour minimiser l’aspect négatif de l’activité humaine. Il est donc nécessaire de limiter nos impacts pour repousser une crise inévitable.</p>
<p>Mais qu’en est-il d’améliorer l’état du monde ? Peut-on imaginer un avenir dans lequel la création d’un bâtiment ou la culture agricole serait meilleure pour l’environnement ? Où chaque jour qui passe rend l’eau de nos rivières plus saine et l’air plus respirable ? Ce changement de pensée requiert un nouveau type de révolution pour nous sortir de ce Moyen-Âge environnemental où les cavaliers de l’Apocalypse s’en prennent à la survie de l’espèce. Sans cette transformation, nous laisserons toujours un monde en déclin aux générations futures.■</p>
<p>Michael Lathuillière est un chimiste qui se spécialise dans la gestion des ressources naturelles à l’Institute for Resources, the Environment and Sustainability.</p>
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		<item>
		<title>Nous, sages Canadiens</title>
		<link>http://www.lexpress.org/opinion/nous-sages-canadiens/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 May 2011 16:30:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[Ça y est. Le Canada est entré dans une logique gauche-droite. Exit le centre méli-mélo. C’est net et sans bavures.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ça y est. Le Canada est entré dans une logique gauche-droite. Exit le centre méli-mélo. C’est net et sans bavures.</strong></p>
<p>Sacré Harper, le veinard. Il ne voulait pas d’élections et il hérite d’une majorité quelques semaines plus tard. C’est comme si j’hésitais à acheter une Smart et qu’on m’offre une Ferrari. Le Canada est gouverné à droite pour quatre ans, sauf coup d’État. On l’a échappé belle. La volonté des électeurs de bénéficier d’une stabilité pour un certain temps y est sûrement pour quelque chose. Mais l’opposition passe de centre-gauche à gauche toute. Stephen Harper a quand même dorénavant les mains libres. Enfin, elles n’étaient pas trop entravées non plus avec sa minorité car il n’est pas homme à faire des compromis. J’aime.</p>
<p>Nous assistons quand même à une dangereuse émergence du NPD, surtout au Québec, traditionnellement progressiste. Je qualifierais plutôt de rouge cette vague appelée orange par la presse. Le déclin spectaculaire de la gauche modérée incarnée par le Parti Libéral est dû principalement, pour moi, à la personnalité sans relief de son dirigeant. Ce n’est donc probablement que provisoire et le parti  reviendra un jour au pouvoir. À moins que les Libéraux ne fassent l’erreur de se déporter encore plus à gauche en fusionnant par exemple avec le NPD auquel cas ils disparaîtront. Quant aux Verts, je ne pense pas qu’il vaille la peine que je gâche de l’encre pour en parler.<br />
 <strong><br />
 Québec atypique</strong></p>
<p>La campagne a surtout fait l’objet d’une chasse aux électeurs du Québec. Le Bloc Québécois était l’épine du Parlement. Gilles Duceppe considère carrément que le Québec ne fait pas partie du Canada et voudrait voir inscrite cette scission dans une sorte d’Union à l’européenne. L’Ouest ne le verrait pas forcément d’un mauvais œil mais c’est un peu moins d’actualité depuis qu’Abraracourcix - Duceppe n’a pas réussi à résister à César-Harper. À cause de Laytonix.</p>
<p>Le Parti conservateur a été très prudent dans ses promesses. En gros, on ne change rien et on ne promet que si l’économie se redresse. Leur axe gagnant est l’économie. En face, les propositions plutôt à tendance socialiste prônées par le NPD et les Libéraux sont centrées sur les dépenses. L’augmentation d’impôts et taxes en tous genres qui irait de pair mettrait assurément le Canada sur la voie du déclin économique. <br />
 Jack Layton qui parle de la famille, c’est mignon. Surtout que son parti n’a pas hésité à porter un coup de boutoir à la vénérable institution en appuyant le mariage homosexuel. Faire du social, c’est bien. En faire une priorité, c’est mettre la charrue avant les bœufs. Il faut d’abord des moyens, et donc une économie forte. Le social suivra. C’est vrai aussi bien pour un pays que pour une entreprise d’ailleurs.<br />
 <strong><br />
 Gauche démocratique ?</strong></p>
<p>Le seul bémol que je pourrais reprocher à Harper est, comme Obama, de faire croire qu’il s’est laissé convaincre par les prophéties fantaisistes de changement climatique. Mais il y va doucement, heureusement, et s’oppose à une taxe carbone aussi néfaste qu’inutile, sauf pour les caisses de l’État. Ici, nous en savons quelque chose. Vous trouvez normal, vous, que le chauffage des maisons dans le nord de la Colombie-Britannique devienne un luxe ? Ou de payer le litre d’essence le même prix qu’il y a trois ans quand le baril de pétrole était 50 % plus cher? Pas moi. Ma voiture accepte les dons (s’adresser au journal).</p>
<p>Je me pose toutefois une question. Les perdants progressistes, avec quand même 60 % des voix, vont-ils  accepter le jeu démocratique ou demander à changer le système électoral ? Dans tous les pays, la gauche a tendance à estimer qu’une démocratie n’en est une que si elle est au pouvoir.<br />
 <strong><br />
 Nos voisins </strong></p>
<p>L’antiaméricanisme des partis d’opposition est particulièrement marqué. Que ce soit sur le sujet des impôts, de l’environnement ou des armes. Les valeurs républicaines américaines, valeurs de liberté à mon sens, font visiblement peur. Le registre des armes à feu ou le pacifisme font partie du débat ici depuis des années. Chacun défend les valeurs propres au Canada. Le problème est qu’elles ont l’air différentes d’est en ouest et selon chaque Canadien. C’est pour ça qu’on vote d’ailleurs.</p>
<p>Le Canada vient de mettre majoritairement au pouvoir un parti qui va à l’encontre de la mode mondiale du retour à l’interventionnisme de l’État et au protectionnisme. Le Québec, naturellement, a voté pour l’inverse. Stephen Harper va dans le sens de la mondialisation en signant des accords de libre-échange à tout-va. Et c’est tant mieux. Replier le Canada sur lui-même, y compris en ignorant notre allié et partenaire principal, serait ce qui pourrait lui arriver de pire.</p>
<p>Les journalistes télé avaient l’air d’être contents de ne pas avoir à animer de soirées électorales avant quatre ans. Espérons qu’ils ont raison.</p>
<p>Bonne chance Stephen.■</p>
<p>Thierry Barbier</p>
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		<title>Quelle patience pour adopter un chien !</title>
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		<pubDate>Mon, 02 May 2011 16:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[Six longs mois d’attente pour enfin pouvoir coller contre ma joue la fourrure soyeuse de Bella pour la première fois. Chose certaine, notre décision d’accueillir cette nouvelle compagne à quatre pattes au sein de la famille n’a pas été le fruit de l’impulsivité, mais plutôt celui d’une décision bien mûrie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Six longs mois d’attente pour enfin pouvoir coller contre ma joue la fourrure soyeuse de Bella pour la première fois. Chose certaine, notre décision d’accueillir cette nouvelle compagne à quatre pattes au sein de la famille n’a pas été le fruit de l’impulsivité, mais plutôt celui d’une décision bien mûrie.</strong></p>
<p>J’étais à peine âgée d’un an, que déjà mon entourage s’étonnait de l’irréductible attraction exercée sur moi par les bêtes à poils et à plumes. À l’instar d’Obélix, ce cher Gaulois quelque peu maladroit, il faut dire que je suis également tombée « dans la marmite » lorsque j’étais petite. En fait, je me suis retrouvée au beau milieu d’une famille comptant des éleveurs de chiens et chevaux de races, une gestionnaire de SPCA, une propriétaire d’animalerie sans oublier mon frère, éleveur d’alpacas. Ainsi entourée d’animaux tout au cours de ma jeunesse, c’est avec une fébrile impatience que j’ai attendu mon tour pour avoir le privilège d’adopter mon chien.</p>
<p>Le cours de la vie étant ce qu’il est, j’ai quitté le nid familial afin de voler de mes propres ailes et m’installer en appartement pour entreprendre six longues années d’études universitaires. Une fois  sur le marché du travail, mon copain et moi avons profité de notre nouvelle liberté financière pour nous offrir des voyages ici et là plutôt que d’investir dans l’acquisition d’une maison, un choix que nous ne regrettons nullement, mais qui a repoussé sans cesse le moment d’acquérir un chien. Dix années plus tard, voilà que notre situation personnelle nous permet enfin de concrétiser ce rêve.</p>
<p><strong>Mariage heureux</strong></p>
<p>Devant l’excitation de cette interminable attente parvenue à échéance, allait-on succomber hâtivement au charme du premier toutou irrésistible rencontré ? Certainement pas ! Totalement au fait du nombre saisissant d’animaux domestiques abandonnés chaque année pour des motifs, disons-le, bien souvent suspects, nous n’allions surtout pas contribuer à l’accroissement de ces chiffres déjà alarmants en laissant notre cœur l’emporter sur notre raison. Dans un cas comme celui-ci, une réflexion judicieuse s’imposait pour éviter que ce beau rêve ne devienne un cauchemar regrettable autant pour l’animal que pour nous-mêmes.</p>
<p>Ainsi, la race choisie devait correspondre à notre mode de vie, à nos personnalités, à nos projets de même qu’à nos préférences physiques. À partir des critères que nous avions établis, la palme d’or a été remportée par le superbe flat coated retriever pour son côté sportif, son engouement pour l’eau, son sens de la famille, ses aptitudes d’apprentissage, sa physionomie ainsi que pour sa rareté dans l’univers canin. Un véritable coup de cœur !</p>
<p>Mais encore fallait-il trouver un éleveur qui prévoyait un accouplement dans un avenir proche ! Ce ne fût pas une mince affaire. Nous avons finalement conclu une réservation auprès d’un éleveur pour une femelle prévue en mars 2011. Heureusement, celui-ci a su nous faire patienter durant les six longs mois qui nous séparaient alors de cette date, par des informations régulières sur la gestation de la chienne « porteuse » ainsi que sur la croissance des chiots.</p>
<p>Pourquoi ne pas profiter aussi de cette période pour peaufiner et mettre en commun l’approche éducative que nous désirions adopter avec le chien en nous inspirant de multiples bouquins spécialisés ? Cependant, l’ampleur de notre ignorance en matière de psychologie et d’éducation canines était telle qu’il nous a bien fallu nous rendre à l’évidence : avant de devenir des maîtres modèles, il fallait s’atteler à la tâche. Une méthode boiteuse guidée par des erreurs multiples ne garantirait pas l’équilibre de notre chienne.</p>
<p>Le temps est finalement venu d’aller à la première rencontre de miss Bella le 12 mars dernier, parmi ses sept frères et sœurs tous aussi mignons qu’elle. Timide par moments, maladroite dans ses mouvements, mais surtout ensorcelante par son regard d’ébène, il n’en fallait pas plus pour succomber à ses charmes et se rappeler que notre patience a été récompensée. Ce premier, mais long épisode s’est terminé ainsi, laissant alors cette nouvelle amitié se tisser pour, nous l’espérons, une bonne dizaine d’années.■</p>
<p>Caroline Tetrault</p>
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		<title>Le retour de Duvalier</title>
		<link>http://www.lexpress.org/opinion/le-retour-de-duvalier/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 16:30:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme la énième suite inutile d’un film d’horreur, le retour de Jean-Claude Duvalier en Haïti au mois de janvier 2011 est de mauvais goût après la tourmente vécue dans ce pays depuis plus d’une année. La raison exacte de sa présence parait ambiguë pour certains. Est-il « venu pour aider », comme il l’a affirmé lui-même à son arrivée à Port-aux-Princes ?  S’agit-il d’une stratégie pour détourner l’attention des manigances électorales qui se trament depuis la fin novembre 2010 ? Revient-il simplement profiter des institutions affaiblies par le séisme et ses contrecoups (choléra, ouragans, élections controversées) afin de régler ses soucis pécuniaires ? Or, un examen de son passé et de ses motivations d’antan jette une lumière franche sur ses motifs actuels.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comme la énième suite inutile d’un film d’horreur, le retour de Jean-Claude Duvalier en Haïti au mois de janvier 2011 est de mauvais goût après la tourmente vécue dans ce pays depuis plus d’une année. La raison exacte de sa présence parait ambiguë pour certains. Est-il « venu pour aider », comme il l’a affirmé lui-même à son arrivée à Port-aux-Princes ?  S’agit-il d’une stratégie pour détourner l’attention des manigances électorales qui se trament depuis la fin novembre 2010 ? Revient-il simplement profiter des institutions affaiblies par le séisme et ses contrecoups (choléra, ouragans, élections controversées) afin de régler ses soucis pécuniaires ? Or, un examen de son passé et de ses motivations d’antan jette une lumière franche sur ses motifs actuels.</strong></p>
<p>Qu’ont en commun  les Kadhafi, Ben Ali, Gbagbo et autres dictateurs de ce monde qui font les manchettes ces jours-ci ? Ils partagent les caractéristiques cliniques du psychopathe : manque de scrupules, narcissisme, manipulation, paranoïa, folie des grandeurs, etc.  À titre de tyran, Duvalier fils n’a pas donné sa place durant son règne de 1971 à 1986. Le décompte des morts sous sa gouverne, s’il est incertain, s’effectue nécessairement par dizaines de milliers tant sa milice était efficace pour éliminer ses opposants politiques. La corruption fut son principal outil de travail et son enrichissement personnel, son seul objectif. <br />
 <strong><br />
 Son entourage </strong></p>
<p>Mais ce qui différencie Bébé Doc des autres dictateurs, c’est d’avoir été le plus jeune chef d’État de la planète. Et d’avoir ensuite cultivé le solipsisme d’un enfant,  à la manière du Caligula de Camus – sans la profondeur philosophique du personnage toutefois. Playboy invétéré, Bébé Doc a mené son règne, centré sur son propre plaisir et avec une indifférence complète pour le sort de son peuple. Laissant implicitement les brides du pouvoir tout d’abord à sa mère, puis aux duvaliéristes purs et durs &#8211; ces fameux « dinosaures », fidèles à Duvalier père -, c’est finalement Michèle Bennett, sa femme, qu’on se mit à craindre partout dans le pays.</p>
<p>Réputée pour sa cruauté, la première dame possédait des traits psychopathologiques encore plus marqués que son époux. D’ailleurs, sa soif de pouvoir lui fit surpasser tout problème de conscience découlant de convictions politiques contradictoires. Car avant de partager la couche de Bébé Doc, elle fut l’épouse d’Alix Pasquet dont le père avait tenté un coup d’état contre Papa Doc. Peut-être le principal intéressé a-t-il lui-même surmonté cette contradiction en forgeant cette alliance stratégique avec l’élite mulâtresse que Duvalier père avait tenté de décimer ?</p>
<p>Si Madame Bennett a quitté son mari au cours de leur exil, Duvalier fils n’est certainement pas revenu à Haïti moins cruel et sans appui. Il existe tout un réseau informel d’individus qui bénéficient du retour de l’ex-dictateur. <br />
 <strong><br />
 « Je suis venu pour aider » </strong></p>
<p>Jean-Claude Duvalier affirme que l’argent bloqué dans ses comptes suisses ne lui appartient pas, qu’il s’agit des avoirs d’une fondation. Cependant, il ajoute que ces fonds serviront à la reconstruction du village de sa mère. Les propos de l’ancien chef d’État sont tellement contradictoires qu’un enfant poserait la question : comment se fait-il qu’il décide de la destination et  l’usage de ces fonds s’ils ne sont pas à lui ?</p>
<p>C’est bien parce que le peuple haïtien est trop jeune pour avoir vécu sous son règne que l’ex-dictateur se permet d’être aussi sarcastique. Sa vision de l’entraide au cours de ses années fastes se résumait à placer, dans des endroits publics, des postes de télévision sur lesquels une population dans l’indigence regardait le gratin haïtien dilapider les richesses du pays au cours des fêtes données à la résidence présidentielle. Décidément, à d’autres le discours altruiste !</p>
<p><strong>Président à vie </strong></p>
<p>Durant ses années à la tête du pays, Bébé Doc affirmait qu’il serait « Président à vie ». Et son exil ne semble pas avoir ébranlé cette conviction. Car Duvalier contemplait la possibilité de briguer un mandat lors des élections de 2006, suite au départ en exil de Jean-Bertrand Aristide (qui, à l’instar de Duvalier, considère désormais revenir, lui aussi, profiter du malheur des siens).</p>
<p>Il n’est pas étonnant de revoir Bébé Doc sur l’avant-scène politique. Avec une prédisposition pour le grandiose, l’ex-dictateur rêve probablement depuis des années de redevenir le potentat qu’il fut jadis. Et puis, les fonds pour entretenir tous ces gens, qui dépendent de lui, doivent commencer à s’épuiser après 25 années de vacances sur la Côte d’Azur.</p>
<p><strong>L’argent </strong></p>
<p>Bref, il s’agit d’une évidence même. Duvalier n’est pas revenu pour le peuple mais pour lui-même et son entourage.  Et s’il est de retour au pays, c’est tout d’abord pour renflouer son portefeuille et chercher à reprendre sa place sur l’échiquier politique haïtien.</p>
<p>Le droit international ne permet aucun recours pour empêcher de tels individus de profiter des failles d’un État en crise. Pourtant, il s’agit d’une situation grotesque qui, malheureusement, a été occultée dans les médias par les révoltes du monde arabe. Ceci dit, tous les pays, qui ont promis des sommes d’aide à Haïti et qui tardent à le faire à cause de la faiblesse des institutions et de la corruption, sont concernés.</p>
<p>Certes, Duvalier a été accusé de corruption et de violations des droits humains juste après son retour. Mais trop souvent dans les pays en développement, la sentence rendue par la cour n’est pas à la hauteur des accusations. Les criminels s’en tirent alors avec la conviction qu’ils ont tous les droits. La pression internationale et médiatique sur le système judiciaire haïtien doit donc être maintenue afin de donner un semblant de transparence à cette affaire et afin que l’ex-dictateur ne bénéficie pas de l’impunité que les circonstances pourraient lui conférer. Il en va du salut d’Haïti, qui surviendra grâce à la crédibilité de ses institutions.  ■</p>
<p>Jonathan Goyette est Professeur ad-joint en Économie du développement   à l’Université de Sherbrooke.</p>
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		<title>Algérie, à la recherche de sa révolution</title>
		<link>http://www.lexpress.org/opinion/algerie-a-la-recherche-de-sa-revolution/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Mar 2011 16:30:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’heure où tous les regards sont tournés vers la Libye, l’Algérie, 36 millions d’habitants dont 50 % ont moins de 20 ans, moyenne d’âge de 25 ans, frustrée de ses espoirs d’égalité, continue d’aspirer à un changement profond de sa société.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l’heure où tous les regards sont tournés vers la Libye, l’Algérie, 36 millions d’habitants dont 50 % ont moins de 20 ans, moyenne d’âge de 25 ans, frustrée de ses espoirs d’égalité, continue d’aspirer à un changement profond de sa société.</strong></p>
<p>La Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, le Yémen, l’Iran, Bahreïn, le Maroc, la Libye, la Jordanie, Djibouti… toutes les émeutes qui secouent ces pays ont des causes différentes mais bien une ambition commune, celle d’un état démocratique. L’Algérie connaît une croissance annuelle de 4 %, belle performance en temps de crise, mais le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) le renvoie à une 84e place sur 169 pays(1-2) en termes de développement humain (la Tunisie 81e). C’est souvent la faim qui déclenche les mouvements populaires. En Algérie, la révolte a eu pour cause première le coût de la vie. Mais l’augmentation du prix de la farine, de l’huile et du sucre n’affecte pas seulement la consommation, elle réduit aussi l’accès au droit à l’existence. La hogra (« le mépris ») et le mal de vivre dominent. Quatre Algériens se sont immolés récemment par le feu, le premier est décédé (Mohcin Bouterfi, 37 ans, père d’une fillette, à la recherche d’un emploi et d’un logement(3). Leurs revendications : l’emploi, les aides sociales et moins de mépris de la part des élus.</p>
<p><strong>Pays riche, habitants pauvres</strong></p>
<p>L’Algérie est riche, notamment de ses réserves en hydrocarbures. La compagnie pétrolière Total prévoit des réserves d’or noir pour seulement 15 ans alors que les nouvelles prévisions parlent de 55 milliards de dollars de revenus pétroliers par an jusqu’en 2040(4). Il est à présager que d’autres gisements seront découverts, comme ce puits repéré en novembre 2010 par Gazprom dans la région d’El Assel, à 50 km d’Alger, qui serait en mesure de délivrer 76 460 m3 de gaz par jour(5) et qui disposerait d’une réserve de 30 millions de tonnes de pétrole.</p>
<p>Il y a quelques mois, un ministre remettait en question l’existence même de la pauvreté en Algérie et présentait le bilan d’un quinquennat réussi où trois millions d’emplois et plus d’un million de logements auraient été créés. La révolte des jeunes a balayé tous ces chiffres officiels déjà contestés par les experts et les observateurs. Ainsi, il peut paraître paradoxal que les gens se révoltent dans un pays qui engrange plus de 45 milliards de dollars par an pendant dix ans et accumule 150 milliards de réserves en devises(2). Comment ne parvient-on pas à faire vivre décemment 36 millions d’habitants ? Pourtant, au cours de la dernière décennie, plus de 200 milliards de dollars ont été déboursés dans des programmes de développement pluriannuels. Le gouvernement a profité de la hausse des cours du pétrole au début des années 2000 pour rattraper le retard du pays en matière de développement des infrastructures. Le président Bouteflika en a également profité pour alléger le pays d’une dette extérieure de 40 milliards de dollars, ce qui a redoré l’image de l’Algérie à l’étranger. Mais, si diplomatiquement elle a repris des couleurs, sa population continue à souffrir, avec un chômage qui touche 60 % de la population active des moins de 30 ans.</p>
<p>Le SNMG (salaire national minimum garanti) en Algérie ne couvre que 26 % des besoins minimaux des ménages(2). La sensation de mal-vivre est exacerbée par un sentiment d’injustice et d’inégalité vis-à-vis de la répartition de la richesse. Pendant qu’une grande partie de la population peine à vivre décemment, une autre en profite pour s’enrichir. La multiplication des affaires de détournement, de blanchiment d’argent et de corruption, touchant tous les secteurs, accentue la colère de la population. D’autant qu’elle a souvent l’impression que les principaux auteurs de ces actes ne sont guère inquiétés par la justice.</p>
<p><strong>La révolution lente</strong></p>
<p>Le mouvement de protestation pourrait durer plus longtemps en Algérie qu’ailleurs car elle ne dépend pas de l’industrie touristique comme en Tunisie ou de la rente du canal de Suez, comme c’est le cas pour l’Égypte. De plus, avec ses réserves, elle n’a aucun problème en termes de résistance à la pression extérieure. L’Union Européenne ne devrait pas exercer la moindre pression : l’Algérie l’approvisionne pour 10 % en gaz et en pétrole. La France reste d’ailleurs assez muette. L’intervention des États-Unis est peu probable : l’Algérie n’est guère un lieu stratégique à leurs yeux et ne connaît pas de problème avec Israël.</p>
<p>Mais le contexte reste explosif. Ni la police, ni l’armée, ni les politiques n’ont envie de revivre une épreuve de force qui pourrait déboucher sur une guerre civile. Les Algériens se sont entretués lors de la guerre d’indépendance, puis dans les années 1990. La crainte d’un conflit intérieur reste très forte, car même si la guerre civile est terminée, justice n’a pas été rendue aux victimes.</p>
<p>Comment va s’organiser la contestation algérienne ? Quels seront les slogans ? Porteront-ils sur les hommes au pouvoir ou sur le système ? L’Algérie manque d’opposition aujourd’hui. Les dernières manifestations de la CNCD (Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie, créée après les manifestations de janvier) n’ont rassemblé que 3 000 personnes les 12 et 19 février derniers. Elles ont aussi été étouffées par le déploiement de 30 000 policiers qui ont notamment arrêté et gardé les représentants syndicaux dans les postes de police « de 10 à 19 heures pour les empêcher de participer à l’encadrement de la manifestation », précise Salem Sadali, secrétaire général du syndicat de l’éducation et de la formation (Satef)(6).</p>
<p><strong>One, two, three, viva l’Algérie !!!</strong></p>
<p>Parce que les Algériens pensent n’avoir ni présent ni avenir, parce que les droits fondamentaux ne sont ni garantis ni respectés, parce que les droits sociaux d’accès au travail et au logement sont lettre morte, parce que la redistribution économique est inexistante, la détresse gagne. La jeunesse algérienne est capable de renverser cet état autiste et répressif. La révolution est entamée ; elle doit maintenant être achevée. Le lever de l’état d’urgence du 24 février dernier, après 19 ans, est-il une première victoire ou un simple effet d’annonce du pouvoir ? La Tunisie et l’Égypte ont prouvé que les peuples, unis, peuvent changer leurs sociétés.■</p>
<p>(1) Rapport 2010 du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)<br />
 (2) Courrier international n°1054 semaine du 13 au 19 janvier 2011<br />
 (3) Courrier international &#8211; AFP du 16 janvier 2011<br />
 (4) La Tribune  &#8211; 17-02-2010<br />
 (5) Enerzine &#8211; 05/11/2010<br />
 (6) Le Monde Diplomatique &#8211; 17 février 2011</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : finissons-en avec les clichés!</title>
		<link>http://www.lexpress.org/opinion/tunisie-finissons-en-avec-les-cliches/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Mar 2011 16:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8208</guid>
		<description><![CDATA[La révolution tunisienne, et les soulèvements populaires qui ont suivi dans toute la sous-région, est aussi passionnante que complexe. J’aimerais donner ici quelques clés de décryptage et des axes de réflexion à l’intention des néophytes. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La révolution tunisienne, et les soulèvements populaires qui ont suivi dans toute la sous-région, est aussi passionnante que complexe. J’aimerais donner ici quelques clés de décryptage et des axes de réflexion à l’intention des néophytes. </strong></p>
<p>Portrait de ce petit pays méditerranéen – La Tunisie est un pays du Maghreb [« le couchant », en arabe], au Nord du continent africain, qui ne fait pas de vagues. Ne possédant pas d’hydrocarbures ou de matières premières abondantes, elle n’attire pas de convoitises et reste discrète sur la scène géopolitique internationale. Elle est d’ailleurs, avant tout, une station balnéaire pour les Européens qui vous citeront probablement Djerba avant Tunis.</p>
<p>Pour commencer, il faut savoir que la Tunisie est un pays arabe, musulman, et moderne. Certes, le statut de la femme est nettement plus avancé que dans la plupart des pays voisins, mais ne m’avancez pas le fait qu’elles sont plus nombreuses au Parlement qu’en France ! Car cela a beau être vrai, je vous rappelle que M. Ben Ali était élu à une moyenne de 99 % des voix (il n’est passé sous la barre des 90 % que lors de sa cinquième et dernière réélection en 2009). Je vous laisse imaginer le rôle des Chambres dans ce système démocratique exemplaire !</p>
<p>Le niveau d’éducation de la population tunisienne ainsi que l’accès à la santé placent également la Tunisie à un rang plus proche de nos pays occidentaux que de celui de la plupart des pays arabo-musulmans. Cependant, au-delà de ces constats, l’analyse doit être un peu poussée.</p>
<p>La Tunisie est une République laïque, dont l’ancien président déchu et désormais célèbre, Zine el-Abidine Ben Ali, est arrivé au pouvoir en 1989 suite à une campagne principalement axée autour de la lutte contre les islamistes. Nul besoin d’en dire davantage pour que vous compreniez pourquoi cet homme est devenu, pendant de longues années, un ami des Occidentaux&#8230; et jamais délogé. Car à force de toujours tout réduire au « tout sauf les islamistes », nous ne finissons par voir que ce qui nous convient.</p>
<p>La réalité, qui nous a été révélée (dénoncée depuis longtemps mais ignorée, soyons honnêtes), c’est que ce pays était victime d’une kleptocratie des plus autoritaires de la sous-région, où les arrestations sommaires et la torture des opposants étaient monnaie courante, les médias muselés et les entreprises rackettées.</p>
<p><strong>La naissance d’une révolte</strong></p>
<p>L’absence de richesses exploitables par notre système capitaliste et la forme républicaine et laïque du régime explique notre désintérêt envers ce régime et ce qu’il faisait subir à sa population. Mais c’est aussi ce qui a permis l’émergence du mouvement désormais connu comme « la Révolution du jasmin ». Cette population instruite et ouverte au monde a vu sa souffrance s’exprimer dans le geste désespéré de Mohamed Bouazizi. Nous ne connaissons pas, ici, le sentiment d’humiliation et d’oppression quotidienne dans sa forme la plus aliénante de l’être humain.</p>
<p>Moi, jeune fille française, idéaliste et pacifiste, il ne m’a fallu que quelques jours de résidence à Naplouse, en Cisjordanie, pour me réveiller en sursaut après avoir rêvé que j’étais une kamikaze. Mon inconscient était déjà marqué par la suffocation de l’absence de liberté, malgré ma conscience qui se voulait neutre dans un conflit larvé, alimenté de rancœurs.</p>
<p><strong>« Révolution post-islamiste »</strong>¹</p>
<p>Désormais, la Tunisie est retombée dans l’anonymat le plus total, et c’est tout le bien que je lui souhaite. L’Union Européenne lui propose de l’aide pour l’organisation des élections à venir et la Tunisie se relèvera probablement grandie de cet épisode, à l’abri des intérêts internationaux. Mais je ne prévois pas le même avenir pour la plupart des autres pays de la sous-région où les révoltes se lèvent (Maroc, Algérie, Libye, Égypte, Jordanie, Bahreïn, Yémen et Iran). Seule la Tunisie pouvait voir naître un mouvement spontané d’une telle ampleur ; elle a montré l’exemple et permis aux autres peuples de croire en la possibilité d’un changement. L’évidence nous saute alors aux yeux : ces populations souffrent, elles ont décidé de s’unir et de lutter contre leur oppresseur.</p>
<p>Et nous avons un rôle à jouer, nous, peuples occidentaux. Cessez de réduire l’islam à des valeurs rétrogrades, et les musulmans à des terroristes. Méfiez-vous de l’ethnocentrisme de nos analyses et des discours officiels de nos dirigeants défendeurs des droits de l’Homme et de la démocratie. Intérêts ou ignorance, je vois déjà pointer certaines analyses réhabilitant la vision néo-conservatrice de Bush et ses acolytes ou l’exploitation de la peur de la montée de l’islamisme pour justifier l’interventionnisme de nos dirigeants. Laissons enfin ces peuples écrire leur histoire !</p>
<p>Soyez curieux et réjouissez-vous de ce vent de liberté qui souffle et s’étend jusqu’en Chine. Ce sont les téléphones portables et les réseaux sociaux qui ont permis à ces révoltes de voir le jour. Comme le dit si bien Olivier Roy¹, l’islamisme et les sociétés du monde arabe changent « mais [ces changements] étaient occultés par les clichés tenaces que l’Occident accrochait sur le Moyen-Orient ». À nous désormais d’abattre les clichés, les généralités et les amalgames véhiculés par l’ignorance.■</p>
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<p>¹ Olivier Roy, &laquo;&nbsp;Révolution post-islamiste&nbsp;&raquo;, www.lemonde.fr le 12 février 2011</p>
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