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	<title>L&#039;Express du Pacifique &#187; Culture</title>
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	<description>Votre Journal Francophone de Colombie-Britannique</description>
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		<title>À vos toiles !</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 19:34:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Festival du Film International de Vancouver (VIFF ) vient de s’achever et il est temps de faire le bilan, et surtout de noter dans son agenda les films-évènements à ne pas manquer d’aller voir à leur sortie sur les écrans. Le VIFF a été une fois de plus le lieu où voir un nombre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Festival du Film International de Vancouver (VIFF ) vient de s’achever et il est temps de faire le bilan, et surtout de noter dans son agenda les films-évènements à ne pas manquer d’aller voir à leur sortie sur les écrans. </strong></p>
<p>Le VIFF a été une fois de plus le lieu où voir un nombre impressionnant de films (plus de 375, dont 235 long-métrages pour 75 pays). Nombre d’entre eux avaient déjà fait parler d’eux dans d’autres festivals : Cannes bien sûr, Berlin, Venise, San Sebastian, mais aussi Sundance, Tribeca, Locarno, Deauville…</p>
<p>Quand on sait combien il est difficile de voir des films européens et/ou indépendants durant l’année, le VIFF apparaît comme une aubaine pour les amateurs de belles toiles.</p>
<p>Malheureusement, certains films, en l’occurrence les plus attendus (et/ou primés dans des festivals) sont tellement prisés que les voir pendant le Festival peut s’avérer être un vrai parcours du combattant. Heureusement, certains films sortiront en salle alors ne les loupez pas !</p>
<p><strong>Des films canadiens, anglais, iraniens… </strong></p>
<p>Une des catégories les plus importantes au VIFF est la catégorie Cinema of Our Time (Cinéma de notre temps). Les organisateurs l’avaient dit eux-mêmes : beaucoup des films présentés dans cette sélection ne reviendront pas sur les écrans, même s’ils ont été encensés au niveau international. Il faut espérer que leur succès évident pendant le Festival fera changer d’avis les distributeurs…. Mais malheureusement, beaucoup ne seront pas forcément visibles sur la Côte Ouest…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Octobre </span></p>
<p>Starbuck, film canadien (tourné en français) vient de sortir en salle et il fait déjà beaucoup parler de lui. L’histoire de David Wosniak, un éternel adolescent de 42 ans, qui découvre alors que ses choix de vie ont eu des conséquences bien au-delà de ce qu’il n’avait jamais imaginé. Ayant été un prolifique donneur de sperme (et un amateur d’argent facile), il découvre qu’il est le père biologique d’un nombre impressionnant d’enfants, 533 pour être précis…</p>
<p>Like crazy de Drake Doremus a remporté le Grand prix du Jury au Festival de Sundance cette année et sort chez nous le 28 octobre. Une histoire d’amour entre deux jeunes étudiants, elle Britannique, lui Américain. Un problème de visa empêche la belle de revenir aux États-Unis pour le retrouver, et les voilà séparés par des milliers de kilomètres. Le couple va devoir faire face à de nombreux défis…</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Novembre </span></p>
<p>Le film anglais Tyrannosaur était reparti du célèbre festival de Sundance avec le Prix spécial du jury (Fiction étrangère) et sortira le 18 novembre. Tyrannosaur nous raconte l’histoire de Joseph, dont la violence et une colère le conduisent à l’autodestruction. Apparaît alors une chance pour lui de changer sa vie, en la personne d’Hannah, qui travaille pour une oeuvre de charité chrétienne. Mais Hannah cache un secret qui aura un effet dévastateur sur leurs vies.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Décembre </span></p>
<p>Le film Iranien aux multiples prix à Berlin, dont l’Ours d’Or, A Separation (Une séparation) sort le 30 décembre. Énorme succès pendant le VIFF, c’est LE film à ne pas louper. Les séances se sont multipliées pendant le Festival et ont fait systématiquement salle comble (sans oublier de mentionner l’accueil très chaleureux de la communauté iranienne de Vancouver).</p>
<p>En Iran, un homme refuse à sa femme le divorce qui lui permettrait de partir vivre avec sa fille à l’étranger. Celle-ci part alors s’installer ailleurs et lui se retrouve seul à devoir s’occuper de son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Pour faire face, il décide d’engager en secret une femme dont le mari, pourtant au chômage, est opposé à ce qu’elle travaille.</p>
<p>Un autre film iranien a fait sensation au VIFF : Circumstance (en fait un film à la fois américain, iranien et français). Primé au festival de Sundance, ce très beau longmétrage traite de la répression dont les femmes sont victimes en Iran. Il a reçu un accueil très chaleureux de la part du public pendant le VIFF. La communauté iranienne était réunie au Vogue pour célébrer la première du film et la présence de l’actrice principale (locale), Nikohl Boosheri [voir encadré]. Pourtant, il n’y a encore aucune date de sortie à Vancouver…</p>
<p>Circumstance est l’histoire de deux jeunes filles, Shireen (Sarah Kazemy) et Atafeh (Boosheri), inséparables bien que leurs familles soient très différentes et qu’elles n’aient pas reçu la même éducation. Ensemble, elles vont découvrir la vie underground de Téhéran, faite de fêtes, de drogue, de sexe, et d’autres défiances envers le système. Malheureusement, tout n’est pas si facile pour les deux jeunes femmes, déterminées à être elles-mêmes malgré le danger que cela représente. Quand le frère de Atafeh revient à la maison après une cure de désintoxication, il se met en tête de séparer les deux jeunes filles…</p>
<p><strong>Et quelques films français… </strong></p>
<p>Encore une fois cette année, la catégorie Spotlight on France (Projecteur sur la France) a offert une large sélection de films français dont le très attendu L’Artiste de Michel Hazanavicius, qui sortira le 23 novembre dans nos salles.</p>
<p>Hollywood, 1927. L’histoire de l’acteur George Valentin (joué par Jean Dujardin, Prix d’interprétation à Cannes), star du cinéma muet dont la vie va être bouleversée par l’arrivée du cinéma parlant. Le film, présenté au festival le jour de sa sortie française, a reçu d’excellentes critiques. Elles ont été unanimes sur la qualité de ce film muet et sur la brillante interprétation de Dujardin.</p>
<p>Le 11 novembre, ce sera le dernier film de Cédric Klapish qui sortira dans les salles vancouveroises, Ma part du gâteau. Un film drôle, émouvant, actuel, avec Gilles Lellouche et Karin Viard, ou comment le destin d’un trader et celui d’une femme de ménage vont se croiser et se mêler…</p>
<p>Le dernier film des frères Dardenne, Le gamin au vélo, sortira le 18 novembre. Un très beau film qui nous raconte l’histoire de Cyril, placé dans un foyer alors que son père l’a abandonné sans laisser d’adresse. L’enfant refuse d’y croire et fait tout pour comprendre ce qui s’est passé.</p>
<p>Un festival incontournable donc, et un après-festival à surveiller de près, notamment au cinéma Vancity qui propose des projections supplémentaires des films (fictions et documentaires) présentés au Festival.<br />
 <strong><br />
 Circonstances d’un tournage </strong></p>
<p><strong><img src="http://www.lexpress.org/wp-content/uploads/2011/11/Circumstance.jpg" alt="Le film Circumstance est « une magnifique ode à la liberté, à l’amitié et à l’amour » selon notre chroniqueuse Stéphanie Palisse. (Photos VIFF)" width="258" height="186" /><br />
</strong></p>
<p>Quand Nikohl Boosheri a rejoint le théâtre Vogue pour la première du film Circumstance (En secret), elle était loin d’être en terrain inconnu. Nikohl a en effet grandi à Vancouver et a donc parcouru maintes fois la rue centrale Granville, le coeur du Festival. Mais cette fois, une chose était différente.</p>
<p>Elle tient en effet l’un des rôles principaux du premier film iranien de Maryam Keshavarz présenté ce soir-là au Vogue. La jeune fille, sous ses faux airs de Romane Boringher, nous parle du tournage de Circumstance.</p>
<p>Plus d’un an de préparation, deux mois passés à Beyrouth (il était hors de question de tourner à Téhéran), dont 25 jours de tournage, c’est ce qu’il a fallu à Keshavarz pour réaliser ce magnifique premier film.</p>
<p>Pour Nikohl et les autres acteurs, il a fallu notamment se débarrasser de leur propre accent : Nikohl a toujours vécu au Canada et a été jusque-là principalement actrice de théâtre. Quant à Sarah Kazemy, sa partenaire dans le film, elle vit à Paris (ou elle poursuit des études de droit) et Reza Sixo Safai (qui joue Mehran, le frère) vit à Los Angeles.</p>
<p>Autre « anecdote » raconté par la belle brune : à Beyrouth, il a fallu mentir sur la réalité du film afin d’obtenir un permis de tournage. Exit donc les références à l’Iran, la religion ou le sexe dans le script présenté aux autorités.</p>
<p>Alors bien sûr, Nikohl ne verra jamais le pays d’origine de ses parents. La réalisatrice, quant à elle, lui a fait ses adieux juste avant de commencer le tournage… Le film, lui, est une magnifique ode à la liberté, à l’amitié et à l’amour.</p>
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		<title>Éloge aux lecteurs et lectrices de tous les jardins</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 17:05:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Au sujet du jardinage, j’ai parfois l’impression que tout a été dit. Mais je vais quand même, à nouveau, me retrousser les manches. Pour commencer, je dois admettre que la démesure peut très bien exister sur la planète jardin. L’information se répète et se propage à une fréquence et une célérité inégalées. Avezvous entendu parler [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au sujet du jardinage, j’ai parfois l’impression que tout a été dit. Mais je vais quand même, à nouveau, me retrousser les manches. Pour commencer, je dois admettre que la démesure peut très bien exister sur la planète jardin.</strong></p>
<p>L’information se répète et se propage à une fréquence et une célérité inégalées. Avezvous entendu parler du Guide pratique du jardinage, du Guide illustré du jardinage au Canada, ou encore des 1500 trucs du jardinier paresseux ? Plus les nombreux écrits que l’on retrouve dans des revues généralistes ou spécialisées, les catalogues, les émissions de radio et de télé, en ligne et j’en passe.</p>
<p>On y traite de tout. De la semence au sol en passant par l’eau jusqu’au soleil. On aime aussi parler des engrais, de l’amendement, des petites maladies, des insectes redoutables, des outils et même du banc pour le repos et les rêveries. Mais également des mauvaises herbes, des produits, des vêtements de jardinage, du bassin pour les oiseaux et les poissons et de l’arrosoir, l’accessoire suprême. Quelle énumération au service du monde végétal ! Et quelle florissante industrie !</p>
<p><strong>Pause-café </strong></p>
<p>Quand il me vient à l’idée de m’asseoir et d’observer les gens autour, dans la Cité Jardin, le jardinage me fait un peu penser à une activité humaine à intensité variable. Je ne sais pas trop, mais il y a quelque chose de sportif dans le jardinage. C’est la stratégie de la routine et de l’observation. L’effort et le résultat se chevauchent dans nos têtes, mais au final, on finit par se dire que s’occuper est ce qui compte le plus.</p>
<p>À défaut d’être parvenu à maintenir le cap sur la réussite de son jardin fleuri ou de légumes, on sait pertinemment qu’une visite chez le fleuriste du coin ou chez le marchand de fruits et légumes saura tout réparer. Il suffit de passer à la caisse.</p>
<p><strong>Un slogan au jardin</strong></p>
<p>Toutefois, du jardin que l’on dit aimablement ornemental, on nous conseille de plus en plus, parfois avec insistance, de nous lancer dans le jardinage alimentaire, sinon de subsistance. Une nouvelle formule, un nouveau slogan et voilà remis au goût du jour ce que l’on appelait autrefois le jardin ouvrier, le jardin de curé, le jardin monastique et des communautés religieuses. Tous sont présentés comme unique rempart à la pénurie en aliments frais, sains et abondants.</p>
<p>Il y a ceux ou celles qui se réclament appartenir à cette nouvelle philosophie et brandissent l’étendard de la résistance et de la prise de parole. Il s’agit faire de l’approvisionnement de proximité un enjeu planétaire et de freiner l’achat de produits qui mettent des jours à parcourir de longues distances avant d’atterrir dans nos sacs d’épicerie.</p>
<p>Du 100 Mile Diet d’Alisa Smith et J. B. MacKinnon, publié il y a quelques années, au Zero Mile Diet de Carolyn Harriot, sorti en 2011, en passant par le dernier livre de Laure Waridel avec L’envers de l’assiette, on peut dire que la tendance se maintient. La mise en garde est dans nos murs et la révolte du « j’ai faim » gronde à l’étranger.</p>
<p><strong>Des roses aux étoiles </strong></p>
<p>Voici venu le temps des roses et des parfums. En guise de Petite séduction prise deux, je vous conseille de vous rendre dans les jardins de la Maison du Gouvernement à Victoria, pour vous imprégner des odeurs et du silence et visiter le tout nouveau potager des occupants pour ses invités.</p>
<p>Ensuite, partez découvrir les spectaculaires et vigoureux rosiers autour de l’Assemblée législative de la province. Des plates-bandes ont été entièrement refaites et de nouveaux rosiers ont été plantés. Que de pétales ! Que de roses !</p>
<p><strong>La mosaïculture</strong></p>
<p>Et pour ceux et celles qui en veulent encore, dirigez-vous vers l’hôtel Empress pour admirer ses magnifiques plates-bandes et sa toute nouvelle acquisition située à l’intersection Nord/Ouest. On a mis à l’honneur la mosaïculture en représentant un mammifère marin formé à partir des plantes suivantes: la santoline grise, l’alternanthera rouge, les coléus jaunes, les irésines, les bégonias cuivrés et les troènes dorés. Cette magnifique structure végétale grand format vaut le détour.</p>
<p>Ensuite, chemin faisant, vous aurez une heureuse surprise : le bronze d’Emily Carr et son singe Woo. À la droite de ce haut lieu fleuri et animé de Victoria , on retrouve la Reine Mère triomphante, qui aimait voir jardiner.</p>
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		<title>Dessins de presse</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Sep 2011 18:09:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Lisez le fanzine d&#8217;Alex sur  Shmilblick.net C&#8217;est gratuit et tout en BD !]]></description>
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		<title>Into the White</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jul 2011 18:15:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage photo]]></category>

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		<description><![CDATA[Armé de sa curiosité, Aurélien Arnaudet sillonne le deuxième plus grand pays du monde, de province en province. Petit arrêt au Manitoba, une province du centre du Canada rarement visitée par les touristes, et pourtant…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Armé de sa curiosité, Aurélien Arnaudet sillonne le deuxième plus grand pays du monde, de province en province. Petit arrêt au Manitoba, une province du centre du Canada rarement visitée par les touristes, et pourtant…</strong></p>
<p>Cela va faire sept mois que je me trouve en Terre Canadienne. Nous sommes le 31 octobre 2010, je suis à Québec pour Halloween et je profite des dernières couleurs de l’automne que peut offrir la Belle Province. Mais la suite de mon voyage est déjà planifiée… Début novembre, je m’envole ou plutôt je roule en direction de Winnipeg au Manitoba avec cette fameuse société de bus nord-américaine, si peu confortable mais si peu chère. 1 jour et 12 heures plus tard, me voici dans la capitale manitobaine. Il fait froid, il neige et les prévisions météorologiques annoncent des chutes de neige records pour les Prairies.</p>
<p>Le Manitoba ne présente aucun relief mais des champs de céréales à perte de vue… Alors pourquoi suis-je venu ici ? J’ai fait tout ce chemin pour une seule raison : dans le nord du Manitoba, se trouve une ville dénommée Churchill qui s’est elle-même attribuée le titre de « Capitale mondiale de l’ours polaire ». Et pour cause, Churchill et son parc national (Wapusk) sont une des plus grandes aires de mise bas de l’ours polaire. Et l’automne est le moment propice pour les observer avant que la baie d’Hudson ne gèle et qu’ils ne repartent plus au nord. Je ne pouvais pas manquer ça !</p>
<p><strong>Train d’enfer</strong></p>
<p>Je pars donc à la pêche aux informations dans les hôtels et l’office de tourisme de Winnipeg. Je me trouve en plein dans la période d’affluence de touristes à Churchill et la réponse est unanime : « Si tu n’as rien réservé au moins 6 mois à l’avance, hôtel et tour en buggy sur la banquise (pour l’observation des ours), oublie ça ! » Mais je suis têtu et je me rendrai à Churchill même sans réservation, quitte à frapper à la porte de la GRC pour pouvoir passer la nuit au chaud.</p>
<p>Il y a deux moyens pour se rendre à Churchill : soit par les airs, soit par le rail. Je ne suis qu’à la moitié de mon périple Canadien, une économie supplémentaire ne me fera pas de mal. C’est donc le train que je choisis. 43 heures de voyage m’attendent. Eh oui, on a rien sans rien ! Les ours polaires, ça se mérite ! Pendant le trajet, le paysage est sublime et… blanc. Je peux sentir le froid rien qu’en regardant par la vitre.</p>
<p>Je débarque au petit matin sur le quai de la gare de Churchill, le ton est donné : &#8211; 45°C. Jamais température si basse n’avait heurté ma peau. C’est froid, très froid. Laisser le moindre centimètre carré d’épiderme à l’air libre est une souffrance. Mais peu importe, un sentiment de bout du monde commence à m’envahir : je voulais y être, j’y suis ! Ici, plus d’arbres, plus de forêt, simplement de larges étendues d’herbes appelées toundra. Pas étonnant, Churchill est située sur le 59e parallèle. Elle ressemble plus à un camp de base qu’à une ville ; on peut même y voir un pas de tir de la NASA sur un terrain qu’elle louait au gouvernement canadien durant le siècle dernier.</p>
<p>À peine débarqué, je me mets en quête d’un endroit où passer la nuit. La nuit qui tombe très vite : 15 h 30. Alors je vais aux deux seuls hôtels de la ville. C’est la saison touristique, le seul moment où Churchill peut faire de l’argent : les prix sont donc en conséquence… 250 $ la nuit pour un hôtel standard qui n’importe où ailleurs dans le pays ne dépasserait pas 90 $. La responsable est une Québécoise, peut-être heureuse de pouvoir parler en Français, elle me fait une offre : 180 $ la nuit. Satisfait, je poursuis tout de même mon chemin après l’avoir remerciée. Le deuxième hôtel est plein et le prix guère plus intéressant.</p>
<p>Je décide alors de me rendre à la poste car il est dit que les touristes peuvent y obtenir un visa souvenir en forme d’ours polaire sur leur passeport. En attendant mon tour, je discute avec un habitant et sa femme. Ils me proposent de m’accueillir chez eux le temps d’une nuit. Le lendemain, ils m’indiquent que le presbytère de la paroisse de Churchill est grand et pourvu de multiples chambres destinées à la base à recevoir des religieux.</p>
<p>Je me rends le jour suivant dans cette église qui doit probablement être parmi les plus nordiques de la planète. Le presbytère est tenu par… un Québécois. Après avoir sympathisé, il m’informe que « la Maison du Seigneur » peut m’héberger et payer n’est pas nécessaire. Cela fait plaisir à entendre dans une région où les tarifs indiqués sont toujours à trois chiffres.</p>
<p><strong>Longue quête</strong></p>
<p>Les buggys qui permettent de se rendre sur la banquise sont aussi onéreux : 150 $ pour 1 h 30 sans aucune garantie d’apercevoir la fourrure d’un ours polaire. Alors avant de franchir le pas, je me balade dans Churchill, toujours par &#8211; 45°C et un blizzard qui n’en finit pas de souffler si bien qu’il fait geler mes larmes sur mes joues de manière instantanée.</p>
<p>Parmi les choses insolites que l’on peut voir à Churchill, cet avion écrasé il y a une trentaine d’années et resté là depuis ou encore ces antennes sphériques, anciennement propriété de la NASA. Il n’y a pas de doutes, Churchill est un endroit à 100 000 lieues de ce que j’ai pu voir auparavant. Mais je ne peux pas aller partout, des panneaux indiquent « Polar bear alert » et des agents de la ville sont là pour rappeler à l’ordre les touristes trop aventureux.</p>
<p>Tout ceci est passionnant mais… toujours pas d’ours en vue ! Le jour d’après, c’est au restaurant de la ville que je me rends. Beaucoup de personnes sont là : des touristes, des ouvriers, des policiers et des chauffeurs de taxi. C’est avec l’un d’entre eux que je discute. Celui-ci connaît très bien la ville ainsi que les endroits où il est possible de voir des ours. Il me propose de m’emmener le jour qui suit au seul prix de la distance parcourue.</p>
<p>Après 25 minutes de trajet, mon cœur s’emballe : j’en vois un, puis deux, puis trois et ce ne sont pas moins de quatre ours polaires qui se dressent devant nous, sur les rivages de la baie d’Hudson partiellement gelée. Je me sens privilégié d’observer cet ours, symbole mondial du réchauffement climatique et dont l’espèce est menacée. Je les regarde, prends des photos. Ils sont massifs, bien plus que les grizzlys ou les ours noirs. Leur salive forme de la glace le long de leur menton mais ils ont l’air de supporter la température plus facilement que moi.</p>
<p>Nous sommes là, moteur éteint, à les contempler. L’un d’entre eux paraît intrigué par notre présence et viendra jusque devant le pare-choc du taxi. L’excitation est à son comble, je ne peux pas avoir une meilleure vue. Sa fourrure, sa gueule, ses pattes&#8230; rien ne m’échappe. Je me dis que ce serait triste s’ils venaient à disparaître. Ils ne dérangent pourtant personne dans ces contrées lointaines et font la joie des touristes venus du monde entier pour les admirer. Quoi qu’il arrive, ici à Churchill, ils sont encore chez eux.■</p>
<p>Aurélien Arnaudet</p>
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		<title>Le slave de l&#8217;Ouest</title>
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		<pubDate>Fri, 27 May 2011 16:30:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Au beau milieu d’une tournée nord-américaine éprouvante destinée à présenter son cinquième album The Cost of Living, le chanteur de Seattle Jason Webley a fait halte trois soirs durant en Colombie-Britannique (1). L’occasion de faire connaissance avec cet artiste américain original mi-punk, mi-troubadour qui trouve son inspiration, entre autres, en Europe de l’est.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au beau milieu d’une tournée nord-américaine éprouvante destinée à présenter son cinquième album The Cost of Living, le chanteur de Seattle Jason Webley a fait halte trois soirs durant en Colombie - Britannique (1). L’occasion de faire connaissance avec cet artiste américain original mi-punk, mi-troubadour qui trouve son inspiration, entre autres, en Europe de l’est.</strong></p>
<p>Jason Webley le promet : « Chaque soir sera différent. » Une gageure au vu du nombre de dates programmées pour sa tournée nord-américaine : pas moins de  65 villes différentes en trois mois ! Mais le plus étrange, c’est qu’il y parvient : un soir il met des chœurs dans une chanson, un autre il ponctue ses chansons d’une histoire et d’autres fois des marionnettes font irruption sur la scène&#8230; Une performance pour ce musicien originaire de Seattle qui a démarré sa carrière au printemps 1998 sur un coup de tête.</p>
<p>Il décide alors de laisser de côté son emploi alimentaire, prend son accordéon et embarque dans un bus avec l’intention de vivre de son art&#8230; d’abord comme chanteur de rues. Après cinq albums, plus d’une douzaine d’années de présence sur le circuit international de la musique et après avoir parcouru le monde (Moscou, Mexico), Jason a indubitablement trouvé son style et son public&#8230; à 39 ans. Néanmoins, sa dernière production dénote un peu par sa noirceur.<br />
 <strong><br />
 Album noir</strong></p>
<p>« Les nouvelles chansons sont assez différentes à mon sens. La plupart sont des réponses à mon humeur du moment et au climat incertain qui émane du monde actuel. Lorsque j’ai fini l’album, je me suis dit : “Mince, c’est un album qui ne nous arrache aucun sourire, même pas une fois”. » La pochette même du disque n’inspire pas la gaieté. « La maison qui brûle sur la pochette est une reproduction de ma maison flottante à Seattle. [...] Il faut bien l’avouer, dans ma vie j’ai parfois le sentiment vertigineux que, peut-être, je suis en train de passer à côté de choses que je ne vois pas. Je cours le monde, j’écris des chansons, je réponds à des courriels et quelque chose de très important prend feu ailleurs&#8230; »</p>
<p>Humainement parlant, ces deux années ont été dures pour le chanteur qui a perdu des amis très proches. Par ailleurs, durant les dernières semaines de la production de l’album, son père est tombé gravement malade. « Au moment où nous finalisions le mixage et les arrangements, j’ai appris qu’il pourrait mourir. Heureusement, il s’est rétabli. » Cette ambiance pesante, marquée par cette épée de Damoclès, a sûrement eu un rôle dans la gravité de ce dernier disque.</p>
<p>Difficile de décrire le talent de l’artiste sans être réducteur : le jeune homme aux allures d’ange rebelle a les pieds solidement ancrés à l’Ouest [il n’a vécu qu’à Seattle] et le cœur et l’âme à l’Est&#8230; Sa gouaille rauque rivalise sans complexe avec celle du chanteur belge Arno. La bouteille et le désespoir en moins. Si les airs sont parfois lourds et tristes, l’optimisme est présent tant dans ses paroles que dans sa musique. Même si The Cost of Living [son dernier album], Jason le qualifie de « plus sombre ».</p>
<p>Le musicien jongle avec les sons éclectiques slaves, punks et parfois y ajoute du folk. Résultat : ses créations sont à la fois entraînantes, enjouées, rythmées (Ways to Love, dernier album The Cost of Living), mélancoliques et lancinantes, voire mortuaires (Graveyard, album Counterpoint) rappelant les musiques des films du slave Kusturica, comme celles d’Arizona Dream, notamment The Death car d’Iggy Pop – un autre punk.  Enfin, ses airs surprennent parfois par leur légereté et leur accessibilité (Eleven Saints dans son avant-dernier album).</p>
<p><strong>Punk, gitan et folk</strong></p>
<p>Un patchwork musical original qui fonctionne à merveille, mêlant cuivres, accordéons, guitares, et voix chaudes. Jason fait l’unanimité à ses concerts : la salle est souvent bigarrée et regroupe des publics et des générations variés qui n’hésitent pas à reprendre les refrains en chœur.</p>
<p>« L’une des premières fois où j’ai chanté dans la rue, c’était à Chicago, raconte le chanteur. Là un type s’est approché de moi et m’a dit : “Tu as une voix d’enfer qui me rappelle celle de ce salopard de Tom Waits” ; je connaissais à peine Tom Waits mais j’étais flatté. »</p>
<p>Il est vrai que son originalité peut en déconcerter plus d’un. Le public s’empresse de comparer son travail à celui de valeurs sûres du patrimoine musical, comme s’il avait besoin de cataloguer l’art de Jason. S’il en était agacé au début, aujourd’hui il en sourit : « Quelquefois, on m’a comparé à Leonard Cohen [...]. La première fois où j’ai pris le temps de vraiment écouter les paroles de Suzanne, j’ai été abasourdi par l’effet que me faisait cette chanson. »</p>
<p>Dans la même mouvance philosophico-musicale, punk nihiliste, de ses aînés français Les garçons bouchers, Jason a créé son propre label, 11 records. Il produit ainsi des artistes amis provenant d’horizons différents comme The Reverend Peyton’s Big Damn Band ou Amanda Palmer des Dresden Dolls. La tournée s’achèvera le 11 novembre prochain, après un dernier concert au Moore Theater de Seattle. Jason assure qu’il « fera [alors] une longue pause » sans programmation précise.■</p>
<p>Nora Azouz</p>
<p>(1) Jason Webley était en concert le<br />
 22 avril au Lucky Bar (Victoria), le 23 avril au Joe’s Garage Restaurant (Courtenay) et le 24 avril au Grandview Legion Hall (Vancouver)</p>
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		<title>Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est que ce cirque ?</title>
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		<pubDate>Wed, 18 May 2011 16:30:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lexpress.org/?p=8625</guid>
		<description><![CDATA[À l’occasion du 125e anniversaire de Vancouver, la compagnie CircusWest se produira du 12 au 15 mai dans un spectacle intitulé Journey to Lost Lagoon, un hommage à la nature dans un cadre majestueux : Stanley Park. 38 jeunes artistes âgés de 11 à 16 ans monteront sur scène et présenteront leur dernière création : un patchwork de l’ensemble des arts du cirque.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l’occasion du 125e anniversaire de Vancouver, la compagnie CircusWest se produira du 12 au 15 mai dans un spectacle intitulé Journey to Lost Lagoon, un hommage à la nature dans un cadre majestueux : Stanley Park. 38 jeunes artistes âgés de 11 à 16 ans monteront sur scène et présenteront leur dernière création : un patchwork de l’ensemble des arts du cirque.</strong></p>
<p>Le mardi 27 avril, un peu plus de deux semaines avant le spectacle, c’est l’effervescence à CircusWest. 38 adolescents de l’école de cirque répètent et enchaînent avec une aisance déconcertante pirouettes, jongleries, et autres performances propres au cirque. Certains font partie de cette école depuis dix ans, d’autres viennent d’arriver, mais tous vont participer au même spectacle à Stanley Park. Coachés par des professionnels du cirque, ces jeunes s’entraînent  12 heures par semaine le soir après les cours.</p>
<p>Journey to Lost Lagoon est un hymne à la nature et porte la signature de CircusWest. « Nous voulons développer un vrai style de la côte Ouest, devenir une vraie référence », explique Jay Nunns, directeur artistique. « On veut se différencier de la côte Est, et s’inspirer de ce qu’on a, c’est-à-dire ici une nature magnifique. » Leur marque de fabrique : un cirque revisité, qui s’inspire des caractéristiques de la Colombie-Britannique. Ces artistes en herbe joueront des signes, des caribous et même des sasquatch (créature légendaire vivant au Canada qui se rapproche du Yéti). <br />
 <strong><br />
 Esprit d’équipe</strong></p>
<p>Dans cette école qui accueille adolescents et adultes, les professeurs essaient de stimuler la créativité des participants et insistent sur l’esprit d’équipe. « On essaie d’encourager le travail de groupe. Tout le cirque repose là-dessus. Il n’y a pas de compétition dans le cirque, comme dans d’autres sports. Le but est de briller et de s’amuser ensemble », assure Jay. CircusWest forme de plus en plus de personnes et contribue à rendre le cirque plus accessible. Selon Jay, ce divertissement avant était très marginal « mais devient de plus en plus populaire ».</p>
<p>Les jeunes de cette école ne sont pas issus d’un milieu où le cirque est présent. Ils arrivent dans cette école en général par hasard, apprennent les bases du cirque et à gérer leurs émotions sur scène. Beth, 14 ans, jouera un rossignol du haut de son trapèze dans Journey to Lost Lagoon. Cela fait 7 ans qu’elle fait du cirque dans cette école mais c’est son premier « grand rôle ». Elle est remarquablement sereine, car « on est très bien préparés. On a commencé à travailler sur ce spectacle depuis janvier ». Elle apprécie cette école pour son travail de groupe, et la variété des activités.</p>
<p>C’est aussi le cas d’Aidan, 15 ans, jongleur. CircusWest lui a fait découvrir « un patchwork de tous les arts que j’aime : le théâtre, la danse, la jonglerie… ». Pour lui, le cirque est vraiment différent de toutes les activités qu’il a essayées avant, c’était un univers inconnu et il ne se rendait pas compte que « des gens s’entraînaient régulièrement ». C’est une façon aussi de surprendre son entourage et de changer de personnage à chacun des spectacles.</p>
<p>Même si c’est une école et même si ces artistes sont des adolescents, Jay Nunns insiste sur le professionnalisme de ses équipes. Il estime que ses artistes sont des « semi-professionnels » uniquement parce que ce sont des enfants. Humblement, Jay reconnaît que son cirque n’est pas « à la hauteur du Cirque du Soleil, mais il a un bon niveau quand même ». Il apprécie particulièrement d’épater son public : « Les gens en général ne s’attendent pas à ça quand ils viennent nous voir. Ils pensent que ce ne sont que des enfants qui font un petit spectacle, mais ils sont finalement surpris par la qualité des performances. » ■</p>
<p>Stéphanie Doligez</p>
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		<title>Insomnie</title>
		<link>http://www.lexpress.org/culture/insomnie/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 May 2011 16:30:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[L’histoire Deux flics de la criminelle de Los Angeles sont appelés en renfort en Alsaka pour élucider une affaire de meurtre. Lors d’une course poursuite dans la brume, l’un d’entre eux décède, tué accidentellement par son partenaire, Will Dormer (Al Pacino), qui accuse le tueur Walter Finch (Robin Williams) de sa bavure. Policier d’envergure, célèbre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’histoire</strong></p>
<p>Deux flics de la criminelle de Los Angeles sont appelés en renfort en Alsaka pour élucider une affaire de meurtre. Lors d’une course poursuite dans la brume, l’un d’entre eux décède, tué accidentellement par son partenaire, Will Dormer (Al Pacino), qui accuse le tueur Walter Finch (Robin Williams) de sa bavure. Policier d’envergure, célèbre pour avoir résolu plusieurs grosses affaires, Will Dormer est admiré des policiers locaux dont la détective Ellie Burr (Hilary Swank), chargée d’enquêter sur les circonstances de la mort de son partenaire. Alors que Dormer, rongé par la culpabilité, perd le sommeil, dans une ville où la lumière est permanente, le meurtrier se met à le faire chanter&#8230; <br />
 <strong><br />
 Le tournage</strong></p>
<p>Remake d’un film norvégien remarqué, le tournage d’Insomnie version américaine, avec un budget de 46 millions de dollars, s’est principalement déroulé en Colombie-Britannique d’avril à juin 2001. Après divers repérages en Alaska et en C.-B, Christopher Nolan choisit Squamish pour représenter la ville fictive d’Alaska, Nightmute, où l’enquête démarre. Plusieurs établissements de la ville sont réquisitionnés pour le tournage comme le poste de police, le pavillon de chasse où les policiers séjournent et le lycée, où Dormer interroge de façon musclée le petit ami de la jeune fille assassinée. Cette scène est d’ailleurs tournée une quarantaine de fois sur une période de deux jours. Al Pacino s’amuse à modifier son texte devant un jeune acteur béat d’admiration pour lui.</p>
<p>Lors des quelques jours de tournage en Alaska, Al Pacino, qui a refusé tout net de voir le film original pour ne pas être influencé, s’émerveille des us et coutumes locaux : « J’ai vu une femme qui avait un loup en guise d’animal domestique, insiste-t-il. D’autres loups venaient même la voir pour lui parler. N’est ce pas incroyable ? Il y avait aussi des grizzlis partout&#8230; »</p>
<p>L’une des scènes à suspens du film s’est déroulée sur une plage rocheuse, née d’un gigantesque glissement de terrain, à Indian Arm. « La seule façon de se rendre sur le lieu de tournage était par bateau ou par hélicoptère », raconte Wally Pfister, directeur de la photographie. Des gigantesques pierres, en polystyrène, déjà utilisées pour la série Star Treck, sont héliportées sur place pour créer des formes angoissantes lors d’une poursuite dans la brume.</p>
<p>Port Alberni, sur l’Île de Vancouver, est choisie par la production pour incarner une seconde ville fictive où le tueur vit reclus. Quand Al Pacino s’élance une nouvelle fois à la poursuite de Robin Williams, il prend cette fois-ci appui sur des troncs d’arbres immergés à la dérive. « Ce n’était pas une course poursuite typique, confirme de son coté Robin Williams, la scène était dangereuse à réaliser même pour les cascadeurs. Ce convoi interminable de troncs se déplacent si vite qu’ils peuvent vous écraser en une seconde si vous restez coincé dessous. »</p>
<p>Dernier challenge du film, survenu lors du tournage des scènes finales à Stewart : loger 160 personnes dans une ville de 500 habitants. Au final, les acteurs principaux et d’autres membres de l’équipe se résolvent à loger sur des bateaux. <br />
 <strong><br />
 Que sont-ils devenus ?</strong></p>
<p>Moitié anglais, moitié américain, Christopher Nolan, 40 ans cette année, réalise toujours des films à la narration complexe et déstructurée qui rapportent très gros. 500 millions de dollars sur le territoire américain pour The Dark Knight (Le chevalier noir), sorti en 2008, et près de 300 millions pour Inception, carton au box-office l’année dernière. Un tour de force que seul James Cameron devance avec Titanic et Avatar. Le réalisateur a la particularité d’écrire chacun de ses scénarios – à l’exception de celui d’Insomnie – comme des jeux de piste d’anticipation. Le cinéaste de Memento a écrit Inception, une histoire qu’il ruminait depuis ses 16 ans, sur une période de dix ans. Actuellement en pré-production, le deuxième volet du Chevalier Noir, The Dark Knight Rises, réalisé et écrit par ses soins, sortira sur les écrans canadiens le 20 juillet 2012. La poule aux œufs d’or hollywoodienne n’a pas fini de faire parler d’elle : un film sur la chute du milliardaire Howard Hugues devrait voir le jour, dix ans après la sortie d’Aviator de Martin Scorsese.</p>
<p>Le visage joyeux et espiègle de Robin Williams l’a conduit à incarner toutes sortes de rôles comiques à destination des enfants : Flubber, Mme Doubtfire, Jumanji… Si ces rôles relèvent parfois du numéro de cirque, le professeur Tournesol du cinéma américain a néanmoins prouvé à maintes reprises son talent d’acteur dramatique (Final Cut). Un moment considéré pour incarner Jacques Villeret dans le remake du Diner de cons (Dinner for Schmucks), il a finalement été écarté au profit de Steve Carell. Nommé aux Oscars en 1990 pour son rôle dans Le Cercle des poètes disparus, il  en remporte un, huit ans plus tard, pour son second rôle dans Will Hunting  de Gus Van Sant. Absent des écrans l’année dernière, l’acteur est annoncé dans The Prince of Providence, biopic [biographical picture, long-métrage biographique] sur la vie mouvementée d’un politicien de Rhode Island, Vincent « Buddy » Cianci.</p>
<p>Flic ou voyou, Al Pacino reste gravé dans les têtes comme l’immuable Toni Montana – Scarface – et le célèbre Michael Corleone. Nommé huit fois aux Oscars depuis le début de sa carrière de comédien, il remportera une seule statuette pour Le Temps d’un week-end en 1992. Aussi intelligent qu’irritant dans ses rôles d’homme fort indestructible, l’Américain s’est, depuis quelque temps, davantage tourné vers des rôles biographiques. Dans You Don’t Know Jack, sorti en 2010, il interprète le médecin Jack Kevorkian, favorable à l’euthanasie. Après l’arrêt du tournage de Dali and I: The Surreal Story – prévu pour 2014 – l’acteur de 70 ans est annoncé dans un autre rôle de peintre : Matisse. Le film, qui devrait s’appeler Masterpiece, sera réalisé par la Canado-indienne Deepa Mehta.</p>
<p><strong>La critique</strong></p>
<p>Visage émacié, poches sombres sous les yeux, Al Pacino excelle et agace dans un rôle de flic sur mesure vu et revu. Produit par Steven Soderbergh et George Clooney, le film jouit d’une belle distribution ; Robin Williams est plutôt convaincant dans son rôle de pervers souriant. Les décors sont sublimes et Christopher Nolan parvient à créer un film noir, sans obscurité, à la trame classique. On passe un bon moment, Insomnie n’est pas désagréable à regarder. Rien de plus. Comme si le genre du thriller américain, à force de courses poursuites et de batailles finales, était usé par ses automatismes.■</p>
<p>Charlotte Houang</p>
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		<title>Genèse d&#8217;un décor</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2011 16:30:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un décor de théâtre est le résultat d’un long travail de scénographe. Parfois, et c’est le paradoxe, ce dernier s’évertue à créer un univers autodestructeur. C’est le cas de Julie Martens, qui travaille en ce moment sur une œuvre de George F. Walker : elle a conçu à cette occasion un environnement scénique qui se désagrège sous les yeux des spectateurs. Surprenant. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un décor de théâtre est le résultat d’un long travail de scénographe. Parfois, et c’est le paradoxe, ce dernier s’évertue à créer un univers autodestructeur. C’est le cas de Julie Martens, qui travaille en ce moment sur une œuvre de George F. Walker : elle a conçu à cette occasion un environnement scénique qui se désagrège sous les yeux des spectateurs. Surprenant. </strong></p>
<p>Les derniers préparatifs vont bon train sur la scène du Théâtre la Seizième en vue de la première de L’Enfant-Problème1. Les techniciens s’affairent pour mettre la touche finale au décor imaginé par Julie Martens, scénographe pour le théâtre depuis une dizaine d’années. Son travail est de traduire la vision que le metteur en scène a de la pièce.</p>
<p>Une dizaine de personnes seulement sont scénographes de théâtre à Vancouver. La compétition entre ces professionnels s’est accrue depuis que les coupures budgétaires dans le domaine culturel ont fait baisser le nombre de pièces produites. Les scénographes doivent donc se diversifier. Ainsi, Julie Martens est aussi régisseuse. Elle  conçoit également des éclairages et des effets pyrotechniques pour des spectacles. C’est une nécessité pour elle mais c’est aussi un plaisir qui lui permet d’enrichir la pratique de son métier. Pour Julie Martens, un bon scénographe est « quelqu’un qui saisit bien l’atmosphère de la pièce et qui va proposer un concept de décor qui sera complémentaire au texte, et ne pas forcer le texte à s’adapter au décor. »</p>
<p>Dans le cas de sa nouvelle création, il s’agit de mettre en valeur le texte de George F. Walker, lauréat de neuf Prix Chalmers, dont un pour L’Enfant - Problème, et de trois Prix du Gouverneur général.  Dans cette comédie noire,  il traite de la situation d’un jeune couple qui, dans une chambre de motel, attend de savoir si les services sociaux vont lui rendre leur enfant.</p>
<p>Un texte qui a une résonance particulière pour Julie Martens car il fait écho à la réalité du Downtown Eastside. « J’ai aimé ce texte car il a un côté surréaliste mais en même temps, il dégage beaucoup de sincérité », explique-t-elle. Créer un décor est le résultat d’un processus, d’une durée de deux à cinq mois, ponctué de rencontres avec le metteur en scène de la pièce pour s’assurer de répondre à ses attentes. <br />
 <strong><br />
 Ambiance</strong></p>
<p>Tout commence donc par la lecture à plusieurs reprises du texte. Ensuite, Julie Martens recherche des photos d’époque dont elle s’inspire pour créer une atmosphère qui reflétera la couleur particulière de la pièce. Puis, elle dessine des esquisses avant de construire une maquette en trois dimensions afin de se faire une meilleure idée de la manière dont le décor va s’insérer dans l’espace.</p>
<p>Une fois la maquette finalisée, Julie Martens donne ses instructions au charpentier qui va construire le décor, ainsi qu’au peintre. Elle fait également les magasins de seconde main et ceux de tissus pour trouver les accessoires qui compléteront le décor. Des accessoires qu’elle fabrique parfois elle-même. Enfin, elle assiste à certaines répétitions pour procéder aux derniers ajustements.</p>
<p>Pour L’Enfant-Problème, Julie Martens a souhaité un cadre qui exprime l’inconfort de la chambre de motel. Pour refléter la situation de plus en plus difficile dans laquelle se trouve le couple, elle décide de composer un décor qui se désagrège en même temps que s’estompe l’espoir d’une amélioration. Il a donc fallu trouver un mécanisme permettant d’ôter au fur et à mesure des morceaux du mur tout en maintenant le reste de la cloison debout.</p>
<p><strong>Travail éphémère</strong></p>
<p>L’exiguïté du Studio 16 a été un atout pour traduire le caractère étouffant de la petite chambre de motel. Mais la taille du lieu a représenté un défi pour Julie Martens car il était important que chaque spectateur ait une vue dégagée sur la scène. Idem pour l’absence de hauts plafonds qui a compliqué l’utilisation de jeux de lumière pour habiller la scène. Mais la scénographe ne le regrette pas car ces difficultés l’ont poussé à faire preuve d’imagination et de créativité.</p>
<p>Le fruit de son travail est éphémère. Après la dernière représentation, le décor sera en effet démantelé. Quelques éléments seront gardés par le Théâtre la Seizième en vue de prochaines productions ou loués à des compagnies de théâtre.■</p>
<p>Fanny Bourel</p>
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		<title>Roxanne</title>
		<link>http://www.lexpress.org/culture/roxanne/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 Apr 2011 16:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Réalisé par Fred Schepisi.  Scénario de Steve Martin. D’après une pièce d’Edmond Rostand. Avec : Steve Martin, Daryl Hannah, Shelley Duvall… Sortie : le 19 juin 1987.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Réalisé par Fred Schepisi.  Scénario de Steve Martin. D’après une pièce d’Edmond Rostand. Avec : Steve Martin, Daryl Hannah, Shelley Duvall… Sortie : le 19 juin 1987.</strong></p>
<p><strong>L’histoire</strong></p>
<p>Dans cette adaptation moderne de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, C.D. Bates (Steve Martin) est un pompier, intrépide et plein d’esprit, chef d’une caserne dans une petite ville de l’État de Washington. Il prend sous son aile Chris, un jeune homme séduisant mais incapable d’aligner deux mots. Les deux hommes tombent amoureux d’une physicienne passionnée d’astronomie, Roxanne Kowalski (Daryl Hannah) mais C.D. reste dans l’ombre de Chris, complexé par un nez anormalement long. Il utilise pourtant le jeune pompier afin de distiller les bons mots qui feront vaciller Roxanne.</p>
<p><strong>Le tournage</strong></p>
<p>Humoriste reconnu pour ses spectacles comiques, Steve Martin aurait déclaré s’être senti respecté pour la première fois dans un rôle au cinéma avec « Roxanne ». Filmé d’août à octobre 1986, le tournage s’est principalement déroulé dans la ville de Nelson, à 600 km de Vancouver, transformée pour l’occasion en petite ville balnéaire dédiée au sport d’hiver. La maison ancienne de Roxanne se situe dans le village d’Anmore tandis que la scène du bar où Steve Martin réplique avec humour aux moqueries sur son nez s’est déroulée à Vancouver dans l’ancienne salle de concert récemment fermée Richard’s on Richards. Régulièrement apostrophé pendant le tournage au sujet de son nez kilométrique, Steve Martin se serait délecté d’une réflexion faite par une bande de motards lui demandant expressément d’arrêter de « tirer une tronche de trois pieds de long ».</p>
<p>Le joueur de banjo américain, scénariste du film, évoque finalement peu les coulisses du tournage lors de sa sortie en 1987. Invité sur le plateau de David Letterman, il évitera soigneusement les questions, trop occupé à lancer des crayons gris sur les murs en carton-pâte du plateau devant un présentateur conquis et hilare. Le gentleman précisera tout de même que Daryl Hannah, souvent décrite comme dérangée en raison d’un autisme léger, est une femme « intelligente » avec laquelle il a eu plaisir à travailler. Dans une entrevue à la télévision anglaise, l’actrice américaine expliquera de son côté s’être facilement habituée à la prothèse nasale de Steve Martin. Au point qu’il était devenu « bizarre de le voir sans ». Elle l’aurait d’ailleurs accidentellement décollée lors d’une scène en lui assénant une gifle.</p>
<p><strong>Que sont-ils devenus ?</strong></p>
<p>Elle est la sirène de « Splash » (1984), l’androïde sexy dans le film culte de Ridley Scott « Blade Runner » et la tueuse psychopathe sifflante du premier volet de « Kill Bill ». Révélée en 1978 dans « Fury » de Brian de Palma, la « créature » Daryl Hannah, est de nouveau attendue dans le personnage borgne, en blouse, dans le volume 3 de « Kill Bill » dont la sortie est prévue en 2014. À 50 ans, la grande blonde fait beaucoup parler d’elle pour son mode de vie écolo. En faveur de la suppression de la cigarette dans les films, elle porte des colliers recyclés en boyau, adopte des animaux abandonnés, élève des abeilles, cultive sa propre nourriture, utilise des biocarburants et n’hésite pas à s’enchaîner pour la bonne cause.</p>
<p>Récemment, Steve Martin a publié deux romans, coécrit et joué dans « La Panthère Rose » 1 et 2, exposé sa collection d’art privée, écrit des pièces de théâtre, enregistré un album de banjo, publié des articles dans le New Yorker et présenté la cérémonie des Oscars avec Alec Baldwin. À la fin d’une longue période de « stand-up », Steve Martin remplissait dans les années 1980 aux États-Unis des salles de 20 000 personnes qui mémorisaient soigneusement ses gags. On l’a vu en imbécile dans « Un Vrai Schnock » (« The Jerk », 1979), ou en dentiste barbare et chantant dans « La Petite Boutique Des Horreurs » en 1986. Longtemps vilipendé pour son humour potache, l’acteur est aujourd’hui comparé à Fred Astaire et Buster Keaton. Steve Martin s’est au fil d’une longue carrière imposé comme un doyen respecté de la comédie américaine sur grand écran, admiré de cinéastes avant-gardistes comme Stanley Kubrick et David Lynch.</p>
<p><strong>La critique</strong></p>
<p>Terre-à-terre et romantique, « Roxanne » cultive comme bon nombre de films de Steve Martin un esprit loufoque et guimauve attachant. Comédie familiale sucrée et intemporelle, le film d’une durée d’1 h 50 peine franchement à décoller sans pour autant provoquer l’ennui. La version des années 1980 de Cyrano de Bergerac a perdu l’essence dramatique de l’original et repose presque exclusivement sur la légèreté des pitreries en cascade de Steve Martin qui parviennent aisément à nous arracher quelques éclats de rire.■</p>
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		<title>Cavalia ou le galop esthétique</title>
		<link>http://www.lexpress.org/culture/cavalia-ou-le-galop-esthetique/</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Apr 2011 16:30:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>editeur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme un rêve habité par la beauté majestueuse du cheval, Cavalia entraîne les spectateurs dans une expérience unique. Du 22 mars au 10 avril, 49 chevaux, de dix races différentes, prennent d’assaut la scène construite sous un immense chapiteau au Village olympique de Vancouver, pour donner vie à un spectacle où bêtes et acrobates font corps.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comme un rêve habité par la beauté majestueuse du cheval, Cavalia entraîne les spectateurs dans une expérience unique. Du 22 mars au 10 avril, 49 chevaux, de dix races différentes, prennent d’assaut la scène construite sous un immense chapiteau au Village olympique de Vancouver, pour donner vie à un spectacle où bêtes et acrobates font corps.</strong></p>
<p>Ils sont le cœur du spectacle.Néanmoins, les chevaux sont accompagnés de plus de 30 artistes (acrobates, danseurs, cavaliers et un groupe de musiciens et chanteur).</p>
<p>Le créateur de Cavalia, Normand Latourelle, avoue que lorsque l’idée lui est venue, il ne savait rien de ces bêtes. Il a créé un spectacle en 1998 à Drummondville qui s’appelait : « Les légendes fantastiques ». Normand Latourelle avait besoin d’un cheval, tout simplement pour traverser la scène. « Je me suis rendu compte dès le premier soir que le public ne regardait pas les comédiens, mais le cheval. Et là, ça a attiré mon attention, » explique-t-il.</p>
<p>Au fil des spectacles,  Normand Latourelle, s’est mis à ajouter des chevaux, et de ce fai<a href="http://www.lexpress.org/wp-content/uploads/2011/03/chevaux.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-8363" title="chevaux" src="http://www.lexpress.org/wp-content/uploads/2011/03/chevaux-93x125.jpg" alt="" width="93" height="125" /></a>t, à en acquérir de nouveaux. « J’ai réalisé qu’il n’y avait pas au Québec de chevaux de spectacle. » Du coup, il est devenu un propriétaire de chevaux et à force de les voir évoluer, le déclic s’est fait : « J’ai réalisé que les chevaux étaient vraiment des bêtes de scènes, pas besoin de costumes ou de maquillage, il suffit de les laisser aller, et la magie opère. »</p>
<p>Normand Latourelle, malgré sa méconnaissance du monde du cheval, a l’expérience des spectacles qui étonnent et qui plaisent. C’est un des cofondateurs du Cirque du Soleil, dont le succès planétaire est retentissant.</p>
<p>Lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure de Cavalia, dont la première a eu lieu en 2003 au Québec, il avait encore envie de faire des tournées comme avec le Cirque mais il a tout de suite voulu se démarquer. Il décide alors d’associer des animaux, le cheval en l’occurrence, alors que le Cirque du Soleil se différencie des autres cirques, entre autres car il n’y a pas d’animaux dans les spectacles.</p>
<p>Mais attention là encore, Normand Latourelle tient à son concept : le cheval au cœur du spectacle. « La différence entre le cirque avec des animaux et Cavalia, c’est que dans un cirque, c’est le dresseur qui est mis en valeur », précise-t-il. « Dans Cavalia, ce qui importe c’est la mise en valeur du cheval : de ce qu’il est, de sa personnalité. »</p>
<p>Et ça change toute la dynamique créatrice. Quand il engage un artiste que ce soit un acrobate, un entraîneur ou un cavalier, il lui dit : « Il faut que tu sois là pour servir le cheval. Si le public voit que tu sers le cheval alors il aime. S’il voit que tu cherches à dominer le cheval, il ne va pas t’aimer. »</p>
<p>Sylvia Zerbini qui présente le numéro « Grande  Liberté » dans Cavalia, développe pour sa part une relation très spéciale avec l’animal qui lui permet de faire intervenir neuf chevaux à la fois sur scène sans jamais les diriger physiquement. Ils obéissent simplement au son de sa voix et à ses gestes. Une prouesse qui a nécessité de longues années de pratique. L’artiste a commencé à entraîner son premier pur-sang arabe à l’âge de 15 ans. Et un an plus tard, tous deux présentaient leur premier numéro ensemble.<br />
 Née de parents français &#8211; un père cavalier et une mère trapéziste -, Sylvia est venue au monde aux États-Unis. Elle s’est installée au Québec par la suite. « J’aime la langue française pour dresser les chevaux. C’est une langue plus calme. Les mots sont plus doux à prononcer qu’en anglais, les tons sont moins hauts et c’est important pour communiquer avec eux », explique-t-elle.</p>
<p>Sylvia Zerbini met son cœur et son âme dans sa relation avec les chevaux et pour elle, ils lui donnent la même chose en retour. « Je sais qu’ils peuvent ressentir quand tu es passionnée par ce que tu fais », confie-t-elle.<br />
 Pour cette artiste dévouée aux chevaux, un spectacle comme Cavalia, c’est l’occasion d’éduquer le public, de lui montrer que les chevaux sont comme des personnes. « Ils sont sensibles, intelligents et ils veulent nous faire plaisir si l’on sait comment les approcher », conclut Sylvia.■</p>
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